Une vie chinoise, tome 1

UNE VIE CHINOISE, tome 1 : LE TEMPS DU PÈRE, par Li Kunwu et Philippe Ôtié (Kana, coll. Made In, 2009)

https://i2.wp.com/media.leslibraires.fr/media/attachments/large/0/1/7/000628017.jpgRécit de la vie de Xiao Li, né en 1955. Son père est un membre du parti communiste, en mission dans la campagne du sud de la Chine. Il y a rencontré sa mère, jeune paysanne, lors d’une de ses tournées. Xiao Li est un témoin de l’histoire de la Chine de la seconde moitié du XXème siècle : le grand bond en avant des années 1950, et la cruelle famine qui s’en suivit dans les campagnes et les villes, la révolution culturelle à partir de 1966, les emprisonnements des opposants, l’apparition du petit livre rouge et les fameuses phrases de Mao… Son père, autrefois cadre pour le parti, est d’ailleurs fait prisonnier dans un camp de travail. Xiao Li entre alors en apprentissage chez un peintre du parti, puis devient soldat et participe à l’effort du pays, jusqu’à ce jour de septembre 1976 où il apprend le décès du Grand Timonier…

Voici le premier tome d’une série de trois albums autobiographiques. « Le temps du père » commence par une longue préface qui, en guise d’introduction, permet de replacer le récit dans le contexte de l’époque. Les dessins ne sont pas très expressifs, ressemblant parfois à de la calligraphie, et quelques angles de vue sont quelquefois un peu bizarres (des plongées ou contre-plongées inappropriées d’après moi), mais l’histoire est très intéressante. Elle montre l’absurdité de certains choix politiques du parti (lors du grand bond en avant des années 1950-60 par exemple), et l’ignorance et l’embrigadement de la population qui suit aveuglément la ligne du parti, plus encore avec le petit livre rouge.

On a devant nous tout un pan de l’histoire contemporaine, expliquée de l’intérieur, avec la dictature du régime, le contrôle des opinions, de la vie privée et publique des citoyens… Le tout donne un témoignage très intéressant, qui est parfois critique envers les actions menées (par exemple lorsque des objets anciens, transmis de générations en générations, ont été brûlés au nom du rejet des traditions)… Il y a aussi en plus des interludes en couleur, des morceaux d’époque avec des vieilles photos, et qui servent pour le chapitrage de l’album (avec en texte par exemple la chanson des élèves en primaire, à la gloire du parti et contre les américains et le capitalisme). Bref, à ne pas manquer pour qui veut en savoir plus sur l’histoire chinoise.

A partir de 13 ans selon l@BD, et 16 ans selon Manga-news.

On en parle sur les blogs : Les BoggansMon petit ailleurs chinois (par Faguoren), Vues de Chine et d’ailleurs (par Ye Lili).

Quelques pages de l’album à lire sur Manga-news.

Quelques sites sur l’histoire de la Chine à partir de 1949 : Université Laval (Québec)L’internaute.

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