Ma mère était une très belle femme

MA MÈRE ÉTAIT UNE TRÈS BELLE FEMME, par Karlien De Villiers (Çà et Là, 2007)

https://i1.wp.com/media.leslibraires.fr/media/attachments/large/1/7/9/000743179.jpgKarlien revient en 2000 en Afrique du Sud, après 2 ans passés à Londres. C’est l’occasion pour elle de se remémorer son histoire et de tenter de renouer le dialogue avec son père. Née en 1975, elle a vécu heureuse au Cap avec sa soeur et ses parents jusqu’à la séparation de ces derniers. Vivant ensuite avec sa mère, elle décrit dans cet album la vie quotidienne dans une Afrique du Sud où l’apartheid est présent (mais elle ne connaît pas pour autant les townships des banlieues de sa ville) et où la politique et la religion prennent beaucoup de place parmi les citoyens, avec en toile la fond l’effondrement de l’apartheid. Afrikaners, ses parents font partie de la communauté blanche, où politique et religion se mêlent parfois et influencent la vie des habitants. Le cancer de sa mère va bouleverser la vie de la jeune Karlien et sa soeur, dont la nouvelle belle-mère les rejette totalement…

Voici le récit autobiographique de la vie de la jeune Karlien (« Karla ») en Afrique du Sud. Entre situation familiale compliquée et situation politique sud-africaine difficile elle aussi, c’est un récit de l’intérieur de l’apartheid, vu par une afrikaner. Racisme, tensions familiales, poids des institutions, Karlien de Villiers traduit en images et en textes cette société des années 1980 qui est proche de l’éclatement. Le dessin qu’elle utilise est assez naïf, assez simple, et en même temps réaliste. Cela permet de concentrer le lecteur plus sur le récit. Les couleurs sont simples elles aussi : des aplats, pas de nuances, des couleurs assez claires le plus souvent, ce qui en fait un objet agréable à parcourir. Ce qui m’a un peu fait bizarre au début, c’est le fait qu’il y ait très peu de bulles, mais un texte placé en haut de la case, comme une voix-off. Cela m’a fait penser à un livre illustré, où l’image sert à illustrer le texte. Sur la suite de l’histoire, cela s’atténue, et on arrive plus à une « vraie » BD.

J’ai bien aimé cette lecture, qui aborde l’apartheid, sujet rare en BD. La façon d’aborder cela à travers les yeux d’une jeune fille blanche, protégée par son cocon familial, est intéressante, et on peut aussi remarquer un parallèle entre l’effrondrement de la société sud-africaine et celui de la famille de Karlien, toutes deux déchirées par la violence et les différences.

Pour autant, ce n’est pas une lecture indispensable, mais ça reste intéressant tout de même…

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : La Vita Nuda, Couleurs métisses, Ces petits riens parisiens. Voir aussi sur Télérama.

Biographie de l’auteur sur le blog de l’éditeur Çà et Là. Une planche sur le site Bulle d’air.

Lire un article d’Evène qui permet d’en savoir plus sur la BD sud-africaine, avec une production de plus en plus étoffée (avec aussi une sélection d’ouvrages).

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