BD fait de société

Tout seul

TOUT SEUL, par Christophe Chabouté (Vents d’Ouest, 2008)

https://i2.wp.com/media.leslibraires.fr/media/attachments/large/7/5/2/000472752.jpgToutes les semaines, un bateau vient livrer deux cartons à un phare. Le marin du Dahlia, qui vient d’embaucher sur le navire, se pose des questions : qu’y a-t-il dans ces caisses ? Est-ce de la contrebande, du trafic ? Finalement, il n’en est rien, son patron lui apprend qu’il livre en denrées alimentaires un homme qui a toujours vécu dans ce phare, et qui est désormais seul depuis le décès de ses parents. Cet homme que personne n’aurait jamais vu serait un monstre, un Quasimodo des temps modernes, retiré du monde, et surnommé « Tout seul ». Le marin est intrigué par cet homme, dont il aperçoit parfois la silhouette. Comment va-t-il tenter de prendre contact avec lui ? L’homme quant à lui passe ses journées à lire les définitions du dictionnaire, à pêcher et à se promener dans le phare. Son contact avec le monde extérieur est plus que limité, mais il s’intéresse à ce qui se passe hors de cette prison des mers…

Voici mon deuxième album de Chabouté, après le déroutant Construire un feu, qui m’avait bien plu. Là encore, peu de textes, et beaucoup de dessins travaillés. C’est un album qui respire l’air marin, avec les nombreuses cases de vagues s’échouant sur les rochers, les mouettes qui semblent prêtes à sortir des pages, un phare représenté sous tous ses angles ou presque… Un bon air de vacances en ce mois de septembre ! Au début j’étais un peu effrayée par la longueur de l’album (376 pages), mais finalement cela se lit vite, et malgré le fait qu’il y ait peu de texte, on passe beaucoup de temps sur les images. L’histoire alterne les moments assez tristes (l’homme qui ne voit jamais personne dans son phare) et ceux drôles : en effet, « Tout seul » lit les définitions du dictionnaire, et s’imagine les situations décrites. Certaines sont réellement bien trouvées par Chabouté, et cela démontre que finalement on ne comprend les définitions que par rapport à ce qu’on connaît : par exemple les confettis sont définies comme des « rondelles de papier coloré qu’on se lance pendant les fêtes », et là Tout seul imagine des gens qui se lancent de grands cercles de papier, comme des grandes crêpes. J’ai aussi beaucoup aimé l’interprétation de la définition du hautbois (instrument de musique à trous et à clefs), où il imagine un instrument de la forme d’un violon, avec des trous dedans, comme des serrures dans lesquelles sont placées des clés que le musicien tourne… C’est très drôle, je trouve ! Parfois des définitions vont beaucoup moins du côté humoristique, car l’homme se rend compte de sa situation, avec les mots solitude, monstre… C’est d’ailleurs souvent lorsqu’il est confronté à un tel mot, ou alors à un mot qu’il ne comprend pas du tout, qu’il abandonne son dictionnaire et part pêcher au bord du phare. Le dessin est particulièrement réussi aussi, avec un trait n’utilisant que le noir et le blanc, et même pas le gris. C’est très réaliste, et très agréable à regarder. Bref, cet album a vraiment tout pour plaire !

Mon coup de coeur du moment, qui fait partie du top bd des blogueurs (je comprends désormais pourquoi il est si haut dans le classement) !

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Yaneck/Chroniques de l’invisible, les fanas de livres, Chaplum, Mot à mot.

4 réflexions au sujet de “Tout seul”

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