Spirou, journal d’un ingénu

SPIROU, JOURNAL D’UN INGÉNU, par Emile Bravo (Dupuis, 2008)

https://i2.wp.com/media.leslibraires.fr/media/attachments/large/1/7/8/000629178.jpgJeune orphelin, Spirou est groom dans un grand hôtel de Bruxelles, le Moustic Hôtel. On est en 1939 et il se passe des choses importantes dans ce lieu où se rencontrent diplomates polonais et allemands. Au fil de ses rencontres, Spirou va se retrouver au cœur de l’action politique, rencontrer l’amour à travers une jeune employée de l’hôtel, mais aussi faire la connaissance du facétieux journaliste Fantasio qui tente de lui soutirer des informations sur la guerre qui se profile à l’horizon… Spirou pourra-t-il arrêter cela ?

Et bien, pour tout dire, ça change des aventures habituelles de Spirou ! Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas retrouvé le petit groom, je lisais ses aventures il y a bien longtemps alors que je pensais que toutes les BD faisaient 48 ou 52 pages et étaient forcément en grand format. [Depuis, je peux dire que j’en ai fait du chemin en tant que lectrice de BD !] Et bien là, cette série (car il s’agit du tome 4, mais à chaque fois avec des auteurs différents) revisite les aventures de Spirou et Fantasio. Emile Bravo fait le choix de s’intéresser aux débuts du héros, et à la manière dont il va devenir aventurier. C’est un aspect intéressant, qui est bien complété par l’approche historique et politique de l’avant-guerre. Quand la petite histoire se mêle à la grande… J’ai bien apprécié ce parti pris, qui nécessite tout de même quelques connaissances historiques (sur Dantzig et l’enjeu de la Pologne pour les soviétiques et les nazis par exemple). Cela ne fait pas de cet album un album tout public, car les plus jeunes ne comprendront pas tout, et ne verront pas toutes les nuances insérées par l’auteur (par exemple les réflexions sur l’identité nationale ou le patriotisme belge). D’ailleurs c’est une fois la lecture terminée que j’ai remarqué que sur la couverture, on trouvait des croix gammées à gauche et des marteaux et des faucilles entrecroisés à droite… Tout cela pour dire que l’album regorge d’allusions plus ou moins marquées, et nécessite donc une concentration assez inattendue au premier abord !

Le dessin est intéressant, avec un personnage central graphiquement réinterprété. Au départ j’ai eu un peu de mal, mais finalement je m’y suis faite, j’avais déjà pu voir ce trait dans Ma maman est en Amérique elle a rencontré Buffalo Bill. Les couleurs ne sont pas vives, et correspondent tout à fait à l’image qu’on se fait de la fin des années 1930. Cet album, qui revisite un personnage classique de la BD, est donc sur tous les plans à ne pas manquer ! Une belle découverte !

A partir de 10 ans selon le site BD du CDNP, personnellement je l’aurais mis à partir de 13 ans au moins.

On en parle sur les blogs : Les choix de Mokona, Cupcakes, baston et talons hauts, BrusselsBoy

Quelques cases de l’album dans cette vidéo :

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