BD adaptation, BD humour

Le magasin des suicides

LE MAGASIN DES SUICIDES, par Domitille Collardey et Olivier Ka, d’après le roman de Jean Teulé (Delcourt, 2012)

Dans la famille Tuvache, on tient un magasin bien spécial depuis dix générations. On vend tout ce qui permet de mettre fin à sa vie : cordes avec noeuds coulants, poisons divers et variés, parpaings pour défenestrations, poignards pour se faire hara-kiri… Dans la famille, tout le monde est déprimé, tous sauf Alan, le petit dernier, qui est toujours de bon humeur, et toujours poli et souriant. Mais Alan n’est pas bon pour le commerce de ses parents, il sème la zizanie avec ses chansons joyeuses. A force de persuasion, le petit dernier va redonner le goût de vivre (et des couleurs) à sa grande soeur et à son grand frère, puis à ses parents… Le commerce morbide des Tuvache va-t-il être remis en cause ?

Voici un album adapté du roman (du même titre) de Jean Teulé, sorti en 2008 (mais que je n’ai pas lu). J’ai aimé lire cet album à l’esprit décalé, et aux interprétations graphiques originales. C’est cynique, tordu parfois (dans les moyens pour se donner la mort), mais qu’est-ce que c’est drôle ! Ce n’est jamais vraiment pessimiste, car Alan est toujours là avec sa touche joyeuse et drôle. J’ai beaucoup aimé le traitement des couleurs, même si je ne m’en suis pas rendue compte dès le départ. En fait, dès que quelqu’un a un peu de joie de vivre, est un peu de bonne humeur, son personnage est plus coloré. Et quand il ne va pas bien, il est gris, tout terne. Autant dire qu’au départ, tout ou presque est gris, et au fil de l’album, Alan va répandre la joie parmi ses proches. La fin de l’histoire est un pied-de-nez à toute la famille, c’est assez surprenant mais en y réfléchissant après coup c’est une fin très bien trouvée.

Le dessin est quant à lui tout aussi agréable, réaliste. Il n’y a pas toujours de cases à l’album, mais une action découpée en plusieurs scènes imbriquées les unes dans les autres. Je veux dire par là qu’il y a un seul décor sur une page ou une double page, et que les personnages sont dupliqués dans ce décor pour signifier l’avancée de la scène. C’est au départ déroutant, et puis finalement on se fait à cette narration particulière, tout comme aux plans parfois originaux (la façade du magasin est parfois effacée pour qu’on puisse voir ce qui se passe sur deux ou trois étages de l’immeuble). J’ai beaucoup aimé ces choix graphiques qui changent de ce que je peux connaître et donnent aussi un certain dynamisme à l’histoire. Bref, cet album ne broie pas du noir contrairement à ce qu’on pourrait croire, mais si vous n’êtes pas amateur d’humour noir, passez votre chemin !

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Le comptoir de la BD, Au milieu des livres, Doucettement, Edea75

Une adaptation en dessin animé a aussi été réalisée par Patrice Leconte. Voir ci-dessous la bande-annonce : 

1 réflexion au sujet de “Le magasin des suicides”

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