Tônoharu

TÔNOHARU, par Lars Martinson (Le lézard noir, 2011)

TônoharuDaniel est un américain de 25 ans qui vient de terminer ses études et commence son premier emploi en tant qu’assistant scolaire dans un établissement à Tônoharu, une petite ville dans la campagne japonaise. Arrivé sur place, il rencontre d’abord Wendell, son prédécesseur qui lui paraît un peu déprimé et content de rentrer au pays. Il rencontre aussi Constance, une américaine qui va avoir le même poste que lui, mais à deux heures de train. Maîtrisant peu le japonais, son intégration est difficile dans son établissement et au dehors. De plus, il a peu de contacts avec l’extérieur et sa vie personnelle n’est vraiment pas palpitante. Les quelques expatriés qu’il rencontre sont étranges, les enseignants d’anglais avec lesquels il travaille ne sont pas forcément tous enclins à travailler avec lui… Le Japon vécu par le jeune homme n’est pas forcément celui dont il avait rêvé, sa solitude lui pèse de plus en plus…

Voici un roman graphique de 272 pages acheté à Angoulême en janvier dernier. Je l’ai lu pendant les surveillances du bac (chut, il ne faut pas le dire !), et s’il n’avait pas fallu surveiller les élèves (ben oui quand même !), je l’aurais lu d’une traite tellement il est entraînant ! Ce journal semi-autobiographique est très intéressant et casse avec l’image rêvée du Japon. Il montre des japonais dont les habitudes sont très éloignées des notres, et donc le contact social est très difficile. L’intégration dans une société étrangère n’est pas si aisé qu’on pourrait le penser. La désillusion de Daniel est forte, et on le comprend ! Les japonais n’ont pas une image flatteuse dans ce roman graphique, ils se montrent peu (voire pas) intéressés par l’autre, soucieux de leur image (les traditions exercant une forte pression), avec des préjugés également. La situation du jeune américain fait  presquepitié, car finalement il est seul presque tout au long de l’histoire, et Constance, l’autre assistante américaine ne fait rien ou presque pour l’aider, c’est déroutant. Bref, Tônoharu a un scénario inattendu qui casse les clichés sur le pays du soleil levant. Concernant le dessin, il est simple, assez rond mais efficace. L’auteur utilise un gaufrier de quatre cases fixes, il aime aussi faire les décors sous forme de lignes rapprochées. Il y a pas mal de détails, comme par exemple sur la couverture, où au premier coup d’oeil, on ne remarque pas le héros tout au milieu, dans un cercle blanc. J’ai apprécié de lire en fin de livre les explications de Lars Martinson quant à ses choix de dessin, de couleur, d’écriture et de mise en page. Un ouvrage déroutant sur un sujet intéressant, pour avoir un autre point de vue sur le pays du cosplay et du manga (et oui, ça fait cliché !!), car au Japon, il n’y a pas que Tokyo…

Par contre déception en fin d’ouvrage, il ne s’agit que du premier volume de l’histoire (qui regroupe déjà les deux premiers tomes parus en anglais)… et rien n’est sorti depuis… On va devoir donc attendre la suite… mais jusqu’à quand ?

Non répertorié par l@BD.

On en parle sur les blogs : Aaablog, Lecture sans frontières, Une autre histoire, Roman graphique etc.

Voir le site (en anglais) de Lars Martinson.

Feuilleter les premières pages (en français).

Ci-dessous la bande-annonce du roman graphique : 

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