Atar Gull, ou le destin d’un esclave modèle

ATAR GULL OU LE DESTIN D’UN ESCLAVE MODÈLE, par Fabien Nury (scénario) et Brüno (dessin) (Dargaud, 2011, coll. long courrier), d’après une nouvelle d’Eugène Sue.

Atar Gull est le fils du chef de la tribu des Petits Namaquas. Capturé par la tribu ennemie et vendu à un négociant nantais avec les autres membres de la tribu, le jeune homme marqué sur les joues du signe du chef est emmené en bateau en Jamaïque. Mais le voyage ne va pas se dérouler comme prévu. Le brick du capitaine Benoît est attaqué par un navire pirate. A sa tête, un homme odieux, Brulart, qui s’empare de la précieuse cargaison, et la revend en Jamaïque, après avoir livré les marins français à la tribu (anthropophage) d’Atar Gull. Arrivé de l’autre côté de l’Atlantique, Atar Gull est acheté par Tom Will, un riche exploitant, qui va vite faire confiance à son esclave, alors que celui-ci nourrit pourtant une haine féroce mais invisible aux blancs. Atar Gull construit sa vie, a un fils, mais lorsqu’il découvre que son père, chef de la tribu en Afrique, a été pendu par son maître Will parce qu’il ne lui était plus d’aucune utilité, l’esclave modèle met en oeuvre son plan machiavélique, pour tout détruire autour de Tom Will : sa famille, ses biens, son histoire…

Voici un album que j’ai emprunté pour son scénariste. Je n’étais pas fan du tout du dessin, et une fois la lecture terminée, je ne suis toujours pas convaincue par ce trait simple, presque naïf et enfantin. J’ai trouvé qu’il n’allait pas trop avec le propos grave et sérieux de l’album. Les couleurs ne sont pas spécialement agréables, je les ai trouvées très artificielles. La lecture de l’album n’a pas été laborieuse, mais je n’ai pas eu d’affinité spéciale avec le dessin. Bref, passons au scénario. Il est dommage de ne pas savoir dès la couverture qu’il s’agit d’une adaptation d’un roman d’Eugène Sue, écrivain français du XIXème siècle. On ne le sait qu’en ouvrant l’album, lors de la page de titre. Sinon l’histoire se lit assez bien, mais il est vrai qu’elle part tout de même dans pas mal de sens différents, sans forcément creuser. Le personnage du capitaine Benoît n’apporte pas grand chose à l’histoire si ce n’est que ça présente le commerce triangulaire, celui de sa femme (présente sur une page) encore moins… J’aurais voulu en savoir plus, que la thématique de la traite négrière soit plus développée. Dans la seconde partie, les personnages sont presque tous des monstres, le côté obscur de l’homme est très présent, et finalement je n’ai pas pu avoir de pitié ni pour Atar Gull arraché à sa terre d’origine, ni pour Tom Will déchu de toute humanité. C’est affreux de monstruosité, d’un côté comme de l’autre, même si l’un s’en rend compte et l’autre non, du moins au départ. Cet album demeure cependant un album fort mais avec un goût de trop peu, tellement les pistes sont nombreuses à ne pas avoir été assez explorées à mon goût…Peut-être que les auteurs de l’album ont été limités en terme de nombre de pages, et donc qu’ils n’ont pu aller au bout de leurs idées… C’est bien dommage… On pourra au moins se replier sur la version originale, datant de 1831 et ayant fait scandale lors de sa parution (à télécharger à partir du lien à la fin de l’article).

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Le grenier à livres de Choco, D’une berge à l’autre, le blog BD de Madmoizelle, Liratouva, Croq’livres

Extrait à lire sur Izneo.

Voir le site du dessinateur Bruno.

Le roman original d’Eugène Sue (1831) est à télécharger gratuitement en PDF sur le site ebooksgratuits.

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6 réflexions sur “Atar Gull, ou le destin d’un esclave modèle

  1. yaneckchareyre 12 septembre 2013 / 06:51

    Intéressant point de vue, ça n’a pas été mon ressenti, mais ce que tu dis se défend.

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    • caro 12 septembre 2013 / 14:25

      Après ma lecture, j’avais un avis globalement positif, mais j’en ai parlé avec mon homme qui l’a lu lui aussi et qui a eu un avis bien plus sévère que le mien. Ses arguments se défendaient et finalement ça a fait un peu pencher la balance, d’où cet avis finalement assez mitigé, même si je reconnais que c’est tout de même un bon album…

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      • yaneckchareyre 12 septembre 2013 / 20:24

        Ah mais on est d’accord, c’est argumenté, y’a pas de soucis ^^ On est là aussi dans la part de subjectivité.

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