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Pain d’alouette, deuxième époque

PAIN D’ALOUETTE, DEUXIÈME EPOQUE, par Christian Lax (Futuropolis, 2011)

Suite du tome 1. Années 1920, la petite Reine vient d’être recueillie par Camille Peyroulet, un ami de son père Amédée Fario, un ancien champion cycliste mort en 1917. Avec son épouse Clémence, il l’arrache à l’orphelinat et ses mauvaises conditions de vie. En Haute-Garonne, choyée, la petite va d’abord réapprendre à vivre normalement, puis aller à l’école. Elle va en apprendre plus sur ses parents, et surtout sur les exploits sportifs de son père. Elle va devenir bachelière, s’entraîner sur un vélo, puis entrer à l’école de journalisme de Lille et même participer à une course réservée aux hommes. Au même moment, Elie Ternois vit dans le nord de la France. Mineur comme son père, l’adolescent aime suivre son oncle Quentin, ancien coureur cycliste avant la guerre, sur le Paris-Roubaix. Malgré le refus de son père, il décide de ne pas suivre la voie paternelle et de devenir coureur cycliste, pour échapper à la dure vie de la mine et à ses accidents à répétition. Dans le nord, Elie et Reine se rencontrent…

Voici la fin d’un diptyque que j’avais lu il y a longtemps, qui est lui-même la suite de l’album « L’aigle sans orteils« . J’ai eu l’occasion de relire les deux tomes d’un coup, et comme il y a deux ans, j’ai passé un très bon moment en compagnie de Reine, la petite fille perturbée par son enfance difficile qui va s’épanouir grâce à ses capacités physiques et intellectuelles, qui va se battre pour exister dans un monde d’hommes. Le récit de Christian Lax (qui signe le scénario, le dessin et les couleurs) est dense et très riche. On comprend bien que les principaux protagonistes Elie et Reine vont se rencontrer à un moment dans l’histoire, sans trop savoir comment au départ. Il y a donc des récits de vie, mais aussi des récits de courses cyclistes. Lax les restitue de manière très réaliste, avec le suspense qui va avec. Il ne cherche pas à idéaliser les situations qu’il dépeint, mais montre tout le courage des personnages, qu’ils soient dans une mine de charbon, sur un vélo ou parmi des hommes qui n’acceptent pas une femme parmi eux. Les personnages secondaires ont aussi leur importance : l’ancien directeur d’orphelinat tyrannique devenu commissaire de course, le contremaître de la mine qui veut se reconvertir dans le cyclisme, Camille Peyroulet toujours bienveillant envers sa « petite Reine »… 

Le dessin est très joli, complètement dans la ligne des albums Futuropolis comme je les aime : réaliste, recherché, fouillé…Les couleurs rendent une ambiance très années 20 et 30, dans les tons ocres. L’enfer de la mine est bien rendu avec les tons très foncés, tout comme « l’enfer du nord ». C’est une lecture pour laquelle il faut être un minimum concentré pour suivre le fil parfois sinueux de l’histoire, mais on ne peut qu’être touché par la situation de ces deux jeunes gens nés dans des milieux difficiles et qui, à force de volonté, parviennent chacun à atteindre leur rêve. Bref, une très bonne lecture, qui ne peut que donner envie de lire d’autres productions de Christian Lax…

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Nanook-world, Miss Alfie croqueuse de livres, Les chroniques de Madoka, Le blog d’Aurélie

3 réflexions au sujet de “Pain d’alouette, deuxième époque”

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