Le convoi, première partie

LE CONVOI, PREMIERE PARTIE,par Eduard Torrents et Denis Lapière (Dupuis, 2013)

En novembre 1975, Angelita est une jeune femme mariée, qui vit à Montpellier. Un matin, elle reçoit un coup de son beau-père : sa mère qu’elle croyait en Auvergne, vient de faire une crise cardiaque à Barcelone. Angelita et René son beau-père prennent le train en direction de la capitale de la Catalogne, et c’est en retournant dans son pays d’origine qu’Angelita se remémore ses souvenirs : son exode avec ses parents, pendant la guerre d’Espagne, leur traversée des Pyrénées par le col du Perthus, l’arrivée dans un camp près d’Argelès, les conditions de vie très difficiles, la séparation d’avec son père amer de quitter son pays sans combattre, l’annonce de la mort de son père par l’administration française après la guerre… Arrivés à l’hôpital à Barcelone, Angelita se demande alors ce que vient faire sa mère en Espagne, elle qui s’était promis de ne pas y retourner tant que le dictateur y régnerait. Elle sait bien que Franco est en train de mourir, mais elle ne comprend pas bien la raison de la présence de sa mère en Espagne…

Voici encore un diptyque, mais les deux tomes sont cette fois parus à deux semaines d’écart, ce qui fait qu’il est facile de les lire à la suite. Le convoi est une très belle histoire sur un pan méconnu de l’histoire européenne. La guerre d’Espagne (1936-1939) a été quelque peu éclipsée par la seconde guerre mondiale qui l’a suivie. A l’école, on ne l’étudie pas, si ce n’est l’épisode du bombardement de Guernica, avec la célèbre peinture de Picasso. Bref, je suis contente d’avoir pu en savoir un peu plus sur cette période tourmentée du 20ème siècle. Dans ce tome, on a le point de vue d’une petite fille de 8 ans, qui voit ses parents soudés pour quitter l’Espagne, où les prisons de Franco tournent à plein régime. Elle relate des épisodes que bon nombre d’espagnols exilés ont dû vivre : l’histoire est basée sur l’histoire familiale du dessinateur. L’image donnée des Français n’est pas flatteuse, bien au contraire : l’accueil n’a pas du tout été satisfaisant, les conditions de vie et d’hygiène étaient catastrophiques, et les autorités françaises dénigraient totalement les exilés. C’est donc un album très intéressant du point de vue historique. Dès le début de la lecture, je me suis demandée pourquoi on passait autant de temps en 1975, avec Angelita adulte, avec son mari, son fils, son collègue… C’était une de mes questions à la lecture de ce premier volume, mais après avoir lu le tome 2, tout s’éclaire, et devient bien plus clair et compréhensible. A propos du dessin, j’ai eu quelques difficultés au départ : je trouvais le trait trop gras, pas assez fin à mon goût, mais finalement, il est très approprié aux propos, et on rentre totalement dans le récit après quelques pages de lecture tellement il est réaliste et juste. Les couleurs sont magnifiques et adaptées pour une atmosphère peu réjouissante d’exil. 

A partir de 13 ans selon l@BD, 16 ans selon l’éditeur.

On en parle sur le Net : Chroniques de l’imaginaire, Auracan, Le blog BD de Nice matin, Causeur

Le blog d’Eduard Torrens, en catalan.

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2 réflexions sur “Le convoi, première partie

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