Le montreur d’histoires

LE MONTREUR D’HISTOIRES, par Zidrou (scénario) et Raphaël Beuchot (dessin) (Le Lombard, 2011)

« Il était une fois » est un conteur et marionnettiste africain, qui voyage avec sa roulotte et son petit singe blanc à travers la campagne. Il était une fois n’a plus ses mains, et lorsqu’un enfant lui demande s’il a la lèpre, il l’assure que non, sans pour autant lui dire ce qui lui est arrivé. Le conteur raconte de jolies histoires traditionnelles et il est très apprécié des spectateurs, car ses mensonges sont beaux. Tout pourrait continuer comme cela, sauf que l’homme décide de retourner dans le village où il a perdu ses mains. Dans cette région où les policiers font régner la terreur et la violence, où ils détruisent tout ce qui pourrait faire penser les habitants par eux-mêmes, ils ont même interdit le fait de raconter des histoires. Alors on comprend mieux ce qui est arrivé au jeune homme, et on ne peut qu’assister avec effroi à la violence qui s’acharne sur lui. Tout le monde sait très bien ce qui va se passer s’il continue à se produire avec ses marionnettes, et tous craignent le pire… Seul un enfant assiste à tous les spectacles d’Il était une fois, et est toujours fasciné par ses histoires…

Chouette, un nouveau Zidrou ! Avant de trouver ce titre sur un catalogue en ligne, je n’en avais jamais entendu parler. Alors sans attendre, j’ai demandé l’emprunt à ma sœur dans sa bibliothèque universitaire (et oui, pas facile de trouver cet album dans nos bibliothèques à la campagne…). Déjà avec ce scénariste, mes attentes sont grandes maintenant. Et bien, là encore, Zidrou réussit son pari haut la main, servi par le magistral dessin de Raphaël Beuchot que je découvre. Son trait est très expressif, il a le chic pour représenter des personnages écorchés, blessés par la vie. Parfois les couleurs sont un peu trop foncées (trop d’ombres), j’ai eu du mal à voir les détails, mais c’est surtout au début de l’histoire que j’ai remarqué cela. Sinon les cases sont magnifiques, très colorées et parviennent à nous transmettre ce parfum si particulier d’Afrique. Le conte commence de façon classique, joyeuse presque, avec l’histoire de l’homme marionnettiste qui se produit un peu partout et semble très apprécié de ses spectateurs. Altruiste et philosophe, il se promène tout de même avec une certaine mélancolie. On se doute qu’il cache quelque chose. Au départ, l’histoire peut parfaitement être lue par de jeunes lecteurs. Mais par la suite, le conte devient cruel, lorsque le héros décide de retourner dans sa région d’origine, là où il va retrouver la femme qu’il a aimée, mais aussi les geôliers qui l’ont amputé de ses mains… La fin joue dans le registre fantastique, et on ne sait plus trop bien où se situer, mais on est totalement embarqué dans cette histoire qui nous invite au final à vivre pleinement nos passions, quels que soient les interdits. Bref, malgré certains passages tragiques qui vraiment font froid dans le dos, c’est un superbe album auquel on ne peut pas rester insensible. A découvrir si ce n’est pas déjà fait !

A partir de 13 ans selon l@BD, 16 ans selon l’éditeur.

On en parle sur les blogs : Les 8 plumes, Liratouva (Mango), La bibliothèque de Noukette, La ronde des post-it

Visiter le blog de Raphaël Beuchot.

Les premières planches à lire sur le site de l’éditeur.

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