L’envolée sauvage, cycle 2, tome 4 : La boîte aux souvenirs

L’ENVOLÉE SAUVAGE (cycle 2), tome 4 : LA BOÎTE AUX SOUVENIRS, par Laurent Galandon et Hamo (Bamboo, 2012, coll. Grand Angle)

Suite du tome 3. Deux petites filles juives Ada et Lucja sont obligées de fuir encore et toujours. Elles ont quitté Berthe chez qui elles vivaient pour être envoyées en train vers la zone libre, dans une colonie d’enfants juifs dirigée par monsieur et madame Zilbermann. La vie se déroule paisiblement, Ada raconte des histoires aux plus petits, mais nous sommes en 1942 et l’armée allemande envahit alors aussi la zone libre. L’arrestation des adultes et des enfants ne va être que la première étape pour les deux fillettes : aidée de Gabor, le cuisinier d’origine rom, elles vont tenter de s’échapper vers la Suisse avec un groupe d’enfants. Rattrapée peu avant la frontière par l’ennemi, Ada va être déportée à Auschwitz, découvrir que de nombreux juifs y sont assassinés, retrouver pendant un temps madame Zilbermann, et revenir affaiblie mais vivante des camps de la mort… Elle ne désespère pas de retrouver sa jeune sœur, mais cela lui semble bien compliqué…

Avec ce tome, c’est la fin d’un second cycle sur les déportations d’enfants juifs pendant la seconde guerre mondiale. Les héroïnes sont Ada et Lucja mais c’est aussi l’occasion de rencontrer nombre d’enfants juifs séparés eux aussi de leurs familles. Le tome est riche et dense : il se passe plein de choses dans cet album, et tout n’est pas forcément expliqué clairement. Le scénario n’est pas assez fouillé à mon goût, beaucoup d’événements sont simplement évoqués sans pouvoir expliciter, et c’est bien dommage. Je ne suis pas certaine que les plus jeunes lecteurs comprennent lorsqu’Ada est déportée à Auschwitz (on le reconnaît avec la porte du camp, surmontée de la phrase « Arbeit macht frei ») et tout ce qu’elle vit là-bas (le tatouage de son numéro, son travail sur les lieux de stockage des objets des déportés…). Mais comme la narration se fait sur un temps extrêmement long (entre 1942 et la libération), il est donc difficile de développer tout cela sur 48 pages. C’est en tout cas une histoire très touchante et qui plaira sans nul doute aux jeunes lecteurs. Personnellement, j’ai beaucoup aimé les passages où Ada raconte des histoires : le dessin est sans couleurs, sorte de crayonné pas terminé mais magnifique, et sous couvert de fiction, Ada dit aux enfants juifs qu’il ne leur faut pas oublier leurs racines, leur histoire. C’est une évocation touchante et émouvante de ce qu’ont pu vivre des enfants pendant et après la guerre. Malgré quelques passages trop légers à mon goût, l’album se lit très bien : dessins et scénario sont compréhensibles et réalistes, les couleurs sont elles aussi travaillées pour reproduire l’ambiance de l’époque. A noter enfin que ce cycle se relie au premier (dont le héros était Simon) sur la fin de l’histoire. Vraiment, c’est une série de qualité à faire lire aux collégiens !

A partir de 10 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Vive les bêtises, A propos de livres, Delcyfaro, BDaBD

Premières planches à lire sur le site de l’éditeur.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s