Mon grand petit frère

MON GRAND PETIT FRÈRE, par Brigitte Peskine (Bayard jeunesse, 2001, coll. Les romans de je bouquine)

Vincent a douze ans, et son frère Xavier treize. Tous deux s’entendent bien, mais Vincent est toujours considéré comme le petit. Leur mère est institutrice et leur père informaticien. La famille part camper tous ensemble pendant les vacances d’avril en Ardèche, et Xavier tombe malade alors qu’ils ont planté leur tente sur l’île du lac noir, sans aucun moyen de joindre les secours. Après une nuit difficile lors de laquelle Xavier est tombé dans le coma suite à la méningite, toute la famille est rapatriée sur la terre ferme, et Xavier hospitalisé d’urgence. La méningite se confirme, elle a endommagé son cerveau et elle aura des conséquences : le jeune garçon devient handicapé mental, il va devoir tout réapprendre, comme un jeune enfant. Alors que son frère est toujours à l’hôpital à Lyon, Vincent est envoyé chez sa grand-mère à Paris et ne comprend pas qu’il soit écarté de la situation, surtout qu’il n’a pas grand-chose à partager avec sa grand-mère qu’il fréquente peu. Mais celle-ci va s’avérer compréhensive, et venir s’installer avec eux, une fois Xavier rentré à la maison. Mais les tensions se multiplient : le père fuit dès qu’il le peut à son travail, la mère a pris un congé pour s’occuper de Xavier et s’en veut d’avoir emmené sa famille camper loin de tout, Vincent a l’impression d’être oublié de tous et ne veut surtout pas que la situation de son frère soit connue au collège… Il en arrive même à se fâcher avec son meilleur ami pour ne plus qu’il vienne à la maison, il a tellement honte de la situation…

Voici un roman qui fait partie de la sélection du défi lecture (en interne) pour les 6èmes. Ma collègue l’avait lu, on l’avait placé dans la sélection, mais moi je ne l’avais pas encore lu (vu que je peux de moins en moins lire des livres qui me sont imposés, cela a traîné dans le temps). Et bien, j’ai bien accroché à ce petit roman de 100 pages, vite lu, dont le thème du handicap est central, mais qui aborde aussi le sujet des liens familiaux (entre la mère et la grand-mère par exemple, ou entre Xavier et Vincent). Des sujets toujours d’actualité dans ce roman, malgré quelques petites choses un peu dépassées (on y parle du minitel par exemple). Le narrateur est Vincent, mais il utilise parfois du vocabulaire qui n’est pas de son âge (le mot « pérégrinations » est même expliqué en note de bas de page), et du passé simple qu’on n’entend pas dans les cours de récré… Mis à part ce bémol dans la rédaction, je trouve que l’auteur a su décrire, avec l’œil d’un ado, la situation bouleversée de la famille, qui aurait plus tendance à se dissoudre qu’à se souder dans les moments difficiles, et la nouvelle place que Vincent doit trouver, en tant que grand frère dorénavant. Ce roman plaît pas mal aux élèves qui l’ont lu : je me souviens d’un élève qui a dit devant ses camarades qu’il avait beaucoup aimé ce livre, car il l’avait fait réfléchir sur sa relation avec son frère, car même s’ils se disputaient, il ne saurait pas quoi faire s’il n’était pas là. J’ai trouvé ça très touchant que ce roman l’ait fait réfléchir sur sa propre vie. Bref, un roman jeunesse sans prétention mais intéressant.

A partir de 10 ans selon Ricochet.

On en parle sur les blogs : Envolire, Petites lectures, Cervelinette

C’est un roman qui a dû fonctionner, car il a été réédité depuis (en 2009 et 2010) avec des couvertures différentes.

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