Max Winson, tome 1

MAX WINSON, tome 1 : LA TYRANNIE, par Jérémie Moreau (Delcourt, 2014, coll. Encrages)

Max Winson est un joueur de tennis adulé par le public. A 23 ans, cela fait 7 ans qu’il fréquente les plus grands tournois de la planète, sans jamais perdre. Il est numéro un mondial, et distance très largement ses adversaires, en leur infligeant des scores sans appel. Entraîné par son père, qui vit, dort et mange tennis tout comme lui, le jeune homme ne vit que pour gagner. Son père connaissant de gros problèmes de santé, il doit arrêter de l’entraîner, et le jeune homme doit recruter un nouvel entraîneur, épaulé M. Tyle, le responsable de la compagnie Max Winson. De nombreux prétendants au poste se présentent, mais Max choisit de travailler avec Andy Madison, un jeune inconnu qui va lui faire suivre un programme d’entraînement inédit et pour le moins original… Il va préparer le champion à un match hors du commun, contre un joueur d’un pays dictatorial menacé de mort s’il perd contre Max… Entre temps, Max rencontre en interview une jeune journaliste qui va à contre courant, en l’accusant d’être un bourreau pour les autres joueurs et cela va le faire réfléchir un peu sur son statut hors du commun…

Voici un album choisi pour son auteur, déjà dessinateur du Singe de Hartlepool. La couverture indique qu’il s’agit d’un tome 1, et comme souvent ce premier volume pose les bases de l’histoire et laisse des questions en suspens pour donner envie de lire le tome suivant. Le scénario est intelligemment construit, il prend le temps de s’installer, nous délivre juste assez d’infos pour continuer la lecture, mais sans trop en dire. D’ailleurs, le titre de ce premier volume ne se comprend pas dès le début. Les personnages autour de Max Winson sont exubérants, un peu trop enthousiastes à mon goût, mais cela est sûrement fait pour mettre en avant le caractère extrêmement calme et posé du jeune champion (comme on peut le voir sur la couverture). De plus, leur comportement est complètement irréaliste (La scène entre employés au bureau par exemple, lorsque l’un d’entre eux propose au patron : « On pourrait même tous travailler ce week-end, profitons de l’émulation du match pour tripler le rendement ! » et que ce dernier accepte et qu’ils reprennent tous en choeur ‘ »allez, tous au boulot dimanche ! »), et cette motivation sans limite liée aux succès de Max qui est drôle. Il y a vraiment des petits moments savoureux dans cet album, car les personnages autour du champion sont hauts en couleur. Des éléments sur la vie de Max sont distillés au fur et à mesure, et on se demande qui est vraiment ce jeune homme, à la limite de l’humain parfois… Le trait de Jérémie Moreau est simple et différent de celui du Singe. C’est assez déconcertant au départ, surtout que l’auteur n’utilise absolument pas la couleur dans l’album, mais que du noir, du blanc et différentes teintes de gris. Les personnages sont bien représentés, sous des angles différents. On les distingue sans problème, surtout Max et sa coiffure en étoile, dont le sujet constitue le début de l’album. J’ai aussi aimé le découpage des cases, qui est original : à un endroit de l’histoire, on a des cases qui diminuent au fur et à mesure. Les matchs de tennis ne constituent pas la majeure partie de l’album, l’auteur ne s’adresse pas qu’aux férus de ce sport, mais on sent qu’il se fait plaisir sur les dessins de échanges de balles. C’est un trait semi-réaliste, assez proche du manga, mais au final ce ne sont pas ces échanges qui sont le plus important, mais vraiment ce qui se passe au fil du temps dans la tête du jeune champion élevé dans la culture de la victoire. Finalement, cet album ne parle pas que de sport, mais aussi interroge sur ceux qui nous entourent, sur ce qu’on veut vraiment. A lire même si on n’aime pas spécialement le tennis, car on ne peut qu’être touché par l’histoire de ce jeune homme solitaire et aux sentiments dissimulés… En tout cas, moi, j’irai lire la suite !

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : La ribambulle, Biblioman(u), Strip by strip, Sans connivence, Sin City

Premières planches à voir sur Izneo.

Aller voir du côté du blog de l’auteur. Son interview à l’occasion de la sortie de cet album est à lire sur le site 9ème art.

Chronique radio sur cet album à écouter sur France Inter.

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8 réflexions sur “Max Winson, tome 1

  1. yaneckchareyre 18 février 2015 / 11:00

    Ah il semble que la dimension symbolique du récit t’ait échappée, chère amie ^^

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    • caro 18 février 2015 / 23:58

      Oui c’est fort possible, c’était une lecture d’été…^^ C’était quoi la symbolique dans cet album d’après toi ?

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      • yaneckchareyre 19 février 2015 / 10:18

        Celle que je décris dans ma chronique: la métaphore du sport contemporain, du jusqu’auboutisme de ces pères entraîneurs désireux de créer des champions sans se soucier de la personnalité de leur enfant, tout ça… C’est ça, à mon sens, la vrai force de ce livre.

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        • caro 20 février 2015 / 11:47

          Je l’ai peut-être pas mis dans ma chronique, mais ça m’a fait penser à André Agassi, Rafael Nadal ou les sœurs Williams, élevés depuis leur enfance pour la compétition par des membres de leur famille…

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