Coeur tam-tam

COEUR TAM-TAM, par Tonino Benacquista (scénario) et Olivier Berlion (dessin) (Dargaud, 2003, coll. Long courrier)

Eugène Rabier est un homme qui a vécu une bonne partie de sa vie en Afrique, au Congo belge, au début des années 1960. Là-bas, il avait fait prospérer une palmeraie et était reconnu. Mais en France, dans son village à la campagne, il passe pour un vieux râleur, surtout depuis qu’il refuse de vendre son terrain à la mairie pour que celle-ci puisse construire une usine flambant neuve, qui engendrerait du travail pour la communauté mais aussi de la pollution… Alors sur son terrain, Eugène tente de faire pousser un palmier comme en Afrique, mais le climat n’est pas le même sous ces latitudes, et surtout des habitants lui en veulent. Une nuit, Eugène est attaqué par un groupe armé, et croit au départ à un canular, une intimidation de la part des habitants du village, mais il se rend vite compte qu’il n’en est rien, et que les cambrioleurs s’intéressent à quelque chose qu’il avait oublié et qui s’était passé en Afrique : un livre désormais introuvable, mais qui pourrait bien révéler l’emplacement d’un trésor de diamants…

Encore un album choisi au hasard à la bibliothèque, pour sa couverture lumineuse et son palmier central, majestueux. Cet album de la très bonne collection « Long courrier » se lit facilement, malgré un premier abord difficile avec le dessin que je trouvais au départ assez grossier. Le trait est épais et pas forcément engageant, mais ceci n’est au final valable que pour certaines cases (alors que d’autres sont bien plus soignées selon moi), et il y a de grandes cases qui valent vraiment le détour. Les couleurs sont aussi lumineuses à l’intérieur de l’album, c’est vraiment un point positif qui m’a fait passer un agréable moment en compagnie du héros solitaire, qui vit dans le souvenir de l’Afrique, là où il a réussi avec sa palmeraie. L’histoire est quant à elle assez simple, et mêle l’Europe et l’Afrique à travers le héros. Il y a quelques ellipses temporelles, pour nous faire voyager dans le temps, en arrière lorsque Eugène était en Afrique, ou pour sauter quelques passages : ainsi on a Eugène en Europe qui apprend pour les diamants qui seraient cachés dans la palmeraie, puis la page suivante, Eugène se retrouve au Congo dans la palmeraie, son voyage est donc éclipsé pour un récit plus fluide. J’ai beaucoup aimé le scénario qui nous fait voyager et sentir l’ambiance de l’Afrique, pas forcément celle à laquelle on s’attendrait puisqu’il est question de dictature, de vol, d’assassinat, mais aussi de souvenirs et de nostalgie, ainsi que de retrouvailles… C’est un peu facile et ça peut faire parfois un peu « monde des Bisounours », mais ça fait aussi parfois du bien des histoires comme ça. Bref, un album riche et intéressant, qui change un peu de mes lectures habituelles. Un album avec un héros au caractère déterminé auquel on s’attache forcément…

A noter enfin que cet album est l’adaptation d’une nouvelle intitulée « La culture de l’Elaeis au Congo belge », tirée du recueil « La machine à broyer les petites filles ».

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : BDblog, Doucettement, Lecture Café du web, Les coups de coeur de Géraldine

Consulter le blog du dessinateur consacré à cet album ainsi que son blog classique.

Les premières planches sont à voir sur Izneo.

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