Moderne Olympia

MODERNE OLYMPIA, par Catherine Meurisse (Futuropolis / Musée d’Orsay, 2014)

Olympia fait partie des « refusés » ; modèle et actrice, elle tourne dans des toiles connues, comme « l’origine du monde ». Mais ce qu’elle aimerait jouer comme rôle, c’est celui de Juliette, que Vénus occupe pour l’instant. Vénus, c’est une « officielle », la star absolue, celle qui est demandée pour toutes les toiles… alors qu’Olympia ne fait que dans la figuration et dans la doublure. Alors quand elle tombe amoureuse de Romain, un officiel convoité par Vénus, c’est le début de la guerre ouverte entre les deux femmes…

Voici un album complètement déjanté, qui place comme héroïne Olympia, figure d’un tableau éponyme de Manet, et utilise également près d’une cinquantaine d’œuvres du musée d’Orsay. Comme cela existe déjà pour le musée du Louvre, il s’agit là d’une publication conjointe entre Futuropolis et le musée d’Orsay. Dans cet album, il règne une ambiance de folie douce, qui parvient à combiner du Van Gogh, du Manet, du Courbet, du Bouguereau, du Gérôme… dans un scénario qui tient la route, si on accepte bien sûr de rentrer dans cet univers complètement loufoque et fantastique, qui joue aussi sur les mots, entre « toile de maître » et « toile de cinéma » par exemple, et qui cite du Shakespeare ! Je n’aime pas trop le trait de Catherine Meurisse, trop caricatural à mon goût, mais on reconnaît tout de même bien les œuvres qui sont souvent de grands classiques, je suis contente car j’ai réussi à dépasser mon appréhension première à ce propos. Et si bien même on ne reconnaîtrait pas les tableaux (parfois réinterprétés ou recadrés), on a la liste des principaux représentés (avec l’oeuvre « en vrai ») sur une double page, ainsi que la liste complète des œuvres et leurs auteurs sur la double page suivante. Très pratique, d’autant plus que les numéros de pages sont ajoutées aux œuvres. Dernière bonne surprise enfin, un QR code renvoie à une page dédiée sur le site du musée d’Orsay qui permet d’accéder à l’intégralité des œuvres de l’album. C’est vraiment très instructif, j’ai adoré cette promenade dans le monde de l’art du XIXème siècle ! J’ai aimé essayer retrouver les tableaux, dans les dessins de Catherine Meurisse qui réinterprète les œuvres originales pour son histoire. Il y a une foule de clins d’œil, de références historiques sur les impressionnistes, d’anachronismes dans cet album, tellement que je ne pense pas les avoir tous trouvés, mais c’est tout de même un moment bien réjouissant passé en compagnie de l’héroïne de Manet et des autres personnages. Bon, à partir d’un moment, le scénario part en vrille, avec des retournements de situation vraiment incongrus, mais dans la folie ambiante de l’histoire, cela ne m’a pas dérangé (ce qui n’a pas été le cas de mon chéri qui l’a lu aussi, et qui n’a pas du tout aimé certains passages qui n’avaient ni queue ni tête selon lui). Vous l’aurez compris, cet album est particulier, un peu spécial, et l’adhésion du lecteur n’est donc pas si simple que ça… Perso, j’ai bien aimé, alors qu’au départ j’accrochais moyennement, mon chéri a beaucoup aimé le début et beaucoup moins la fin, alors je vous laisse vous faire votre propre avis…

Non mentionné sur l@BD, je dirais à partir de 13 ans.

On en parle sur les blogs : Li-An, Miss Bouquin AixLiratouva2, Sans connivence, Une autre histoire

Premières planches à voir sur Izneo.

Publicités

Une réflexion sur “Moderne Olympia

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s