Le temps perdu

LE TEMPS PERDU, par Rodolphe (scénario) et Vink (dessin) (Galerie Daniel Maghen, 2014)

Guillaume Romain est un auteur de bandes dessinées. De retour d’un festival, il s’arrête dans un hôtel au bord de la route pour y passer la nuit. Dans sa chambre, il observe la gravure accrochée au mur, jusqu’à rentrer dans le tableau et à y rencontrer le bûcheron qui y était représenté. Guillaume parvient à sortir de la gravure et raconte son aventure à l’hôtelière qui lui explique l’origine de ces tableaux : ils sont issus d’un portfolio trouvé dans le grenier lorsqu’elle a acheté l’hôtel il y a une dizaine d’années avec son mari aujourd’hui décédé… Pour autant, Guillaume a le sentiment étrange de connaître déjà les lieux, mais il ne saurait dire pourquoi… Il va donc revenir plusieurs fois à l’hôtel du temps perdu, pour tenter de comprendre. Ses allées et venues dans les gravures des différentes chambres vont lui permettre de trouver les réponses à ses questions, tandis qu’il va se lier avec l’hôtelière veuve…

Voici encore un album qui m’attendait à la maison, album acheté sur les conseils d’un libraire. Pour une fois, je ne l’ai pas laissé traîner longtemps avant de le lire et de le chroniquer. Je trouvais la couverture particulièrement jolie et poétique. Je n’ai pas été déçue par cette histoire que je pensais au départ assez banale, mais qui s’avère plus complexe et fantastique qu’il n’y paraît. L’histoire d’amour contemporaine se mêle aux souvenirs familiaux de l’enfance du héros, et le monde des gravures est complètement fantastique et onirique, avec des soldats qui poussent comme des champignons, un chanteur qui a un monstre en lui qui produit un son monstrueux… C’est vraiment un univers très particulier, avec un mode de fonctionnement insolite et bizarre… Au départ, c’est assez déroutant, puis finalement ça passe assez bien, et on se prend au jeu, alors que pourtant je ne suis pas du tout fan de ce genre d’univers. Il faut dire que le scénario bien mené est soutenu par de magnifiques planches à l’aquarelle. Le dessin est parfois malhabile dans certains profils de personnages, mais les couleurs utilisées magnifiquement rattrapent ce léger défaut. Je découvre le style de Vink, et j’admire son travail, qui contribue grandement à l’ambiance toute particulière de l’histoire. C’est vraiment une sorte de rêve : difficile de lâcher l’album avant de savoir pourquoi Guillaume n’est pas si perdu que ça dans cet hôtel… L’histoire d’amour avec l’hôtelière est peut-être superflue, mais elle lui permet aussi de répondre à quelques questions sur la bâtisse. Je me suis surtout dit que l’hôtelière n’était pas farouche du tout, mais sinon, l’histoire entre eux me paraissait crédible. Le temps perdu est donc un bien joli album porté par une histoire poétique et sensible qui permet de passer un bon moment de lecture. A découvrir si cela n’est pas déjà fait !

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Livresse des mots, Papier bulles, Blog BD Sud-Ouest, Les petits Miquets,

Plusieurs planches à voir sur le site de l’éditeur, qui est aussi une galerie parisienne d’exposition-vente de planches de BD.

Visiter le blog du scénariste Rodolphe.

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3 réflexions sur “Le temps perdu

    • caro 30 novembre 2014 / 22:19

      La lecture de cet album constitue une jolie parenthèse enchantée… 🙂

      J'aime

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