Un été en apnée

UN ÉTÉ EN APNÉE, par Max de Radiguès (Sarbacane, 2014)

C’est l’été et Louise, en vacances à Montpellier, vient de rompre avec son petit ami Simon. Enfin c’est plutôt sa cousine Manon qui lui a changé son statut Facebook de « en couple » à « célibataire »… Manon l’entraîne alors à la chasse aux garçons. Par hasard, les deux ados croisent la route de Quentin et Luca, et les couples se forment, entre soirée au cinéma, cabane dans les arbres et baignade. Mais Louise n’est pas vraiment amoureuse de Quentin et ne se laisse pas faire quand celui-ci est un peu trop entreprenant ou l’appelle « bébé ». D’autant plus qu’Arthur, un ami des deux garçons et qui traîne avec eux, est souvent déconsidéré par Quentin. Louise supportant de moins en moins la situation précipite Quentin dans un bassin d’eau. Elle va sortir grandie de cette expérience estivale…

Voici l’album miroir de 520 kms. Cette fois, on a la vision de Louise, et je dois dire que cela change totalement mon opinion sur cette fille qui passait vraiment pour la méchante dans le premier tome. Là, elle est plutôt une ado influencée par sa cousine, et qui hésite dans ses décisions amoureuses : parfois elle regrette Simon, parfois non et se sent bien avec Quentin. Ce sont les premières amours adolescentes et Max de Radiguès a su mettre en scène une histoire aux apparences légères mais qui cache aussi un vrai fond : sont abordés les sujets de l’abus, de l’homosexualité, des familles recomposées… C’est donc aussi un album pour faire réfléchir, ce qui n’est pas toujours le cas dans les BD estampillées jeunesse. A noter aussi un passage très actuel, lorsque Luca parle des « Zanonimous » qui ont manifesté contre la crise, j’ai trouvé cette référence sympa, car elle ancre encore un peu plus l’histoire dans la réalité. Justement, en parlant de réalité, j’ai trouvé que cette histoire sonnait très juste, et que les hésitations de Louise paraissaient vraiment réalistes. Elle est particulièrement mature (bien plus que sa cousine Manon), mais en même temps, c’est une ado comme les autres, qui se pose de nombreuses questions de son âge. Max de Radiguès a réussi à capter et retranscrire avec tendresse et justesse les premiers émois adolescents. Son trait est toujours aussi reconnaissable et lisible. Les couleurs particulièrement claires donnent un album très agréable, qui sent le soleil et les vacances. Il est plus facile de comprendre l’histoire en ayant lu d’abord 520 kms : par exemple on repère facilement Simon dans la cabine téléphonique, alors que si on n’a pas lu le premier volume, on aurait plus tendance à se demander qui est ce personnage… Mais je pense aussi que cet album peut se lire de façon indépendante. C’est donc une très bonne surprise que cet album, qui apporte une vision toute autre que celle à laquelle je m’attendais. Je ne doute pas que les collégiens vont se ruer sur cet album dès qu’il sera sur le présentoir des nouveautés !!

Non mentionné sur l@BD, mais à partir de 10 ans je pense.

On en parle sur les blogs : La courte échelle, Chez Canel, Une autre histoire, La bibliothèque de Noukette, Comme dans un livre

Quelques planches sur le site de l’éditeur.

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