Sémaphore

SÉMAPHORE, par Sandrine Bon et Christophe Bon (Paquet, 2005, coll. Blandice)

Jean, le père de Serge, vient de mourir. Il a laissé à son fils une vieille boîte en fer, avec à l’intérieur des photos jaunies et des lettres provenant d’une certaine Héloïse qui vivait en région parisienne. Les courriers font toujours référence à l’année 1964, et Serge sent que quelque chose n’est pas évoqué clairement. A la recherche d’indices, il retourne donc avec la boîte dans son village natal, au bord de la mer, quelque part en Charente Maritime, où il retrouve Alphonse, un ami de longue date de son père. Sur place, il y rencontre aussi Mathilde, fille de la fameuse Héloïse, qu’il a retrouvée après une longue enquête. Celle-ci est internée dans un institut pour une maladie mentale inconnue. Quelle serait donc la raison de ce comportement ? Aidé de l’étrange Mathilde, Serge enquête…

J’ai lu il y a peu de temps Les mauvais coups, que j’avais assez aimé, et j’ai repéré que la bibliothèque avait un autre livre de ces deux auteurs, leur première publication. Ce livre, le voici, avec sa jolie couverture estivale. Je ne savais pas à quoi m’attendre, mais dès le départ, j’ai été mal à l’aise avec l’histoire, qui a trop de facilités. Serge et Mathilde ne se connaissent pas plus que ça, mais font les magasins ensemble, vont à la plage ensemble comme de vieux amis. Les dialogues entre les deux personnages ne sonnent pas globalement plausibles, pour deux personnes qui ne se connaissaient pas auparavant. De plus le scénario est déséquilibré, par exemple lorsque Mathilde et Serge voient Alphonse à l’institut mais que celui-ci ne les voit pas, cela paraît trop gros pour sonner vrai. J’ajouterais également lorsqu’Alphonse donne les clés de réponse à Serge, cela paraît également trop facile et tout est dévoilé en même temps, ce qui gâche un peu le dénouement. A propos de ce dernier justement, j’ai trouvé que c’était de la surenchère dans la violence, et qu’au final ce pessimisme ambiant n’apporte pas grand-chose à l’histoire. Le dernier tiers de l’histoire est vraiment très violente, avec la mort à chaque case ou presque. Ce déchaînement de violence met le lecteur mal à l’aise, et j’ai eu du mal à comprendre les réactions vraiment disproportionnées et irréfléchies des protagonistes. Le dessin ne m’a pas beaucoup plus plu : en effet, j’ai eu parfois l’impression que les planches avaient été faites en petit format qui avait été ensuite agrandi, car les traits sont vraiment parfois très gros, trop épais pour faire réels. Par exemple, les photos en noir et blanc reviennent plusieurs fois dans le récit, mais elles ne sont pas redessinées, mais simplement agrandies, ce qui a accentué mon sentiment négatif sur le dessin. Certains portraits sont assez inexpressifs, surtout pour Mathilde, mais on sent que l’auteur s’est fait plaisir à dessiner sa plastique… Par contre, j’ai aimé les découpages originaux et les cases qui se superposent, mais pas certaines cases au dessin trop peu détaillé à mon goût (il y a par exemple trop peu de décors lorsque les personnages sont en plan rapproché). Sémaphore est une lecture coup de poing, dont je suis ressortie un peu sonnée par un tel déchaînement de violence. J’ai un sentiment très mitigé sur cet album, irréaliste, au point que je ne saurais le conseiller à d’autres lecteurs…

Album non mentionné sur l@BD, mais sur l’exemplaire de ma bibliothèque, il est mentionné « BD strictement réservée aux adultes »…

On en parle sur les blogs : Le blog de Véronique D., Calou l’ivre de lecture, Planète BD..

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