Juarez

JUAREZ, par Nathalie Sergeef (scénario) et Corentin Rouge (dessin et couleurs) (Glénat, 2012)

De nos jours, un jeune homme prénommé Gaël arrive à Ciudad Juarez, une ville mexicaine près de la frontière américaine. Il annonce être à la recherche de sa sœur Gabriela, qui a disparu depuis quelques mois déjà. Mais dans cette ville dominée par les cartels et la mafia, les disparitions et les meurtres de jeunes femmes sont monnaie courante. En 20 ans, près de 400 corps ont été retrouvés et plus de 2000 jeunes femmes sont portées disparues… La police ne mène parfois même plus d’enquête, elle classe les dossiers… Gaël va tout faire pour la retrouver, aidé d’Amalia la meilleure amie de sa sœur, en se faisant passer pour un ouvrier du père d’Amalia pour pouvoir accéder à certains cercles hauts-placés… Il va apprendre que Gabriela avait rejoint Esperanza, une association qui s’opposait aux trafiquants de drogue, aux policiers corrompus et complaisants… Cette recherche périlleuse va les mener vers des personnages peu fréquentables…

Voici un album dont le sujet ne m’était pas inconnu : j’ai déjà lu il y a quelques années Luchadoras, sur ce même thème mais avec un graphisme bien différent. La couverture de cet album me faisait penser à du Emmanuel Lepage, peut-être à cause de la mise en scène similaire avec Muchacho, mais en fait, le dessin à l’intérieur n’est pas le même. Le trait y est assez classique, marqué légèrement au crayon noir. Les couleurs sont assez classiques, mais il faut remarquer que le travail sur les ombres et les dégradés permet parfois de donner du relief à certaines cases. Le trait est assez sec, mais correspond à cette ambiance si particulière de mort dans cette ville mexicaine. Je ne dirais pas que j’ai adoré ce dessin, mais il ne m’a pas non plus rebutée. Il est agréable, voilà tout. Le scénario est quant à lui complexe de par son nombre de personnages : je dois avouer qu’au départ j’ai eu un peu de mal à situer tout le monde. Mais sinon, l’histoire est bien menée, avec quelques flashbacks facilement reconnaissables aux couleurs plus pâles, et on doute de plus en plus que Gaël retrouve sa sœur en vie, au vu des exactions qui se produisent dans la ville. La fin est surprenante et inattendue. La scénariste se base sur des faits réels pour écrire son histoire, et on ne peut qu’être effaré de la situation dans la ville, de la violence qui y règne et de l’inaction des autorités locales et nationales. Certaines images sont particulièrement difficiles à voir, la situation étant montrée telle qu’elle est par les auteurs. La BD est utilisée là comme un moyen de rappeler à nous lecteurs européens que dans certains pays comme le Mexique, la situation est vraiment mauvaise. On a là un album important pour ne pas oublier, et rappeler que les droits de l’homme (et de la femme) sont bafoués dans un certain nombre de pays.

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Bédépolar, SambaBD, Buzz du CDI du lycée Voltaire, Criticambullae, Chroniques d’Asteline

Premières planches à lire sur Digibidi.

Consulter le blog de la scénariste belge.

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