La patrouille des invisibles

LA PATROUILLE DES INVISIBLES, par Olivier Supiot (Glénat, 2014, coll. Mille feuilles)

1914. Hubert Lessac est un jeune homme de bonne famille, qui s’engage dans la guerre en tant qu’aviateur, contre l’avis de sa famille. Se formant au début du conflit, il passe ensuite en tant que chasseur, en poursuivant et abattant des avions ennemis. Sa fiancée lui annonce par courrier qu’elle rompt avec lui, ayant trop peur qu’il lui arrive malheur. Désespéré, le jeune homme veut voler une dernière fois et mourir à bord de son avion. Touché par l’ennemi, il tombe au beau milieu des tranchées, où il est recueilli par des poilus qui constituent un groupe original, formé entre autres d’anciens bagnards de Cayenne qui ont accepté de combattre pour quitter la Guyane. Hubert va découvrir la vie aux côtés de ces hommes dont l’un, répondant au surnom de Titan à cause de sa carrure, est une vraie brute avide de tuer et crainte par tous les ennemis. Il s’avère qu’un lourd secret est caché au sein de cette patrouille, et Hubert ne le découvrira que bien plus tard…

Je continue ma lecture d’albums sur la première guerre mondiale, car la production dans ce domaine a été nombreuse à l’occasion de la commémoration des 100 ans du début du conflit. La couverture, au début de ma lecture, m’a paru trompeuse, car il est question dès le début de l’histoire d’un aviateur qui s’engage dans le conflit, dans une escadrille d’aviateurs. On a le récit de plusieurs de ses combats, et de la rencontre avec d’autres aviateurs, c’est d’autant plus intéressant que l’armée de l’air n’en était qu’à ses débuts. Ce one-shot commençait fort avec l’aviateur et au final il change de registre, en revenant sur terre, avec une vue quotidienne des tranchées et des hommes engagés plus ou moins volontairement, surtout pour échapper au bagne. L’histoire est vraiment bien construite, et la fin tragique est surprenante, faisant référence à des faits d’avant-guerre. J’ai été surprise par cette fin à laquelle je ne m’attendais absolument pas. Bref, malgré ma réserve au départ de la lecture, j’ai adoré ce scénario fort bien construit sur 92 pages. Le dessin est particulier, mais dans le bon sens du terme, car il est très expressif. Souvent cela m’a fait penser à des peintures, surtout quand l’auteur dessine en pleine page. Olivier Supiot, auteur angevin, maîtrise complètement sa technique pour faire passer de sacrées émotions à travers son dessin. Le dessin est très joli et agréable à regarder, malgré le sujet dur. Il ne montre pas tout, mais représente très bien les horreurs de la guerre sans les dissimuler, en usant d’une large palette de couleurs, qui varient selon les pages : certaines ont des tons plus claires que d’autres, selon l’humeur de la scène. C’est vraiment du joli travail, qui m’incite à aller voir les autres productions de cet auteur. A noter enfin le cahier graphique qui conclut l’album, regroupant esquisses, croquis et autres recherches préparatoires. C’est très sympa de partager avec les lecteurs cette partie non-négligeable du travail de dessinateur. La patrouille des invisibles est une histoire que je conseillerais sans hésiter sur la Première Guerre Mondiale, car j’ai eu un joli coup de cœur pour cet album !

Non mentionné sur l@BD.

On en parle sur les blogs : GBD la BD décryptée, Les Boggans, Une autre histoire, Les sentiers de l’imaginaireLalydo’s blog

Premières planches à lire sur Izneo.

Article sur la création de l’album à lire sur AngersMag.

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7 réflexions sur “La patrouille des invisibles

  1. Eric the Tiger 14 décembre 2014 / 08:17

    C’est un album qui pourrait plaire à ma sœur qui a toujours été sensible à tout ce qui concerne les soldats de la première guerre mondiale. Au plaisir de te relire…

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    • caro 14 décembre 2014 / 17:01

      Ta sœur a de la chance, car beaucoup d’albums sont sortis cette année sur le sujet, et ça risque de n’être que le début… Mais cet album-là est en plus graphiquement magnifique, ce qui ne gâche pas le plaisir de lecture…!

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  2. lalydo 21 décembre 2014 / 17:39

    Merci pour le lien! Je partage ton coup de coeur, c’est une BD magnifique!

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    • caro 21 décembre 2014 / 23:46

      Merci de ton passage par ici !
      Perso, j’ai été éblouie par le graphisme et les couleurs de cet album, c’est vraiment de la belle BD !

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