La mort de Staline

LA MORT DE STALINE, par Fabien Nury (scénario) et Thierry Robin (dessin et couleurs) (Dargaud, 2014)

Joseph Staline meurt le 5 mars 1953, après avoir fait un malaisedans la nuit du 28 février au 1er mars. Le comité central du PCUS, qui dirige l’URSS, s’est réuni pour savoir quoi faire, alors que le petit père des peuples n’était pas mort mais dans un état plus que critique. Personne n’avait prévu quoi faire sans Staline, et tout le monde se méfiant de tout le monde, il fallait que le comité soit réuni entièrement pour décider de quel médecin faire venir au chevet du leader communiste, ainsi que de la suite des événements. La situation est donc dans le flou pendant quelques heures, et l’annonce officielle de la mort du dictateur ravive et exacerbe les tensions : Beria, ministre de l’intérieur, aimerait remplacer Staline, et s’arrange pour contrôler les décisions qui vont être prises… Mais les autres membres du comité central ne sont pas tous du même avis…

Cet album est en réalité une intégrale qui regroupe les deux tomes parus initialement séparés à presque deux ans d’écart, en 2010 et 2012. Je suis contente d’avoir pu lire les deux tomes à la suite, je crois que séparés, je n’aurais pas aimé l’histoire, je n’aurais pas pu en apprécier tous les rebondissements. Je ne peux pas dire que j’ai aimé cet album, car l’histoire est réellement glauque et sinistre : les coups bas sont fréquents, la volonté de prendre le pouvoir tout en détruisant les autres est plus ou moins clairement affichée, l’honnêteté n’étant pas dans les mœurs de ces hommes politiques avides de pouvoir. Les complots et autres trahisons sont nombreux, complexifiant le propos et ne tardant pas à perdre en route un lecteur un peu distrait. Heureusement que lors de chaque première apparition d’un personnage ‘historique’ (les membres du bureau politique, comme Molotov, Malenkov, Krouchtchev, Beria…), on a une courte biographie qui permet de resituer le personnage. Il n’empêche que je me suis parfois emmêlé les pinceaux entre tous ces personnages, sauf Beria et Krouchtchev bien reconnaissables. Violence, paranoïa et terreur sont partout dans cette histoire qui s’est inspirée des faits réels sans pour autant vouloir retracer l’histoire exactement (on se doute bien qu’il n’y a pas de trace de ce qui a pu être dit dans les hautes sphères soviétiques ces jours de mars 1953…), mais l’atmosphère est vraiment pesante et glauque. Le scénariste dépeint un monde réellement noir, qui fait froid dans le dos : arrestations arbitraires, condamnations sans raison… et on sent la marque de Staline, même mort. Son fils est méprisable à souhait, et ce n’est pas le seul personnage pour lequel on n’a aucune empathie ! Le dessin est comme l’ambiance : froid, et cela est sans nul doute dû aux couleurs sombres utilisées. Ce genre de trait-là correspond tout à fait à ce type d’histoires, même si Staline n’est pas parfaitement ressemblant (je ne connaissais pas la tête des autres personnages avant ma lecture). La mort de Staline est un album intéressant, mais qui donne froid dans le dos : j’en garde une impression mitigée, à cause de l’ambiance affreuse qui règne. Par contre, les auteurs sont tout de même parvenus à m’intéresser, alors que le sujet est loin d’être attractif. Un album à essayer pour se forger son propre avis.

A partir de 13 ans selon l@BD.

On parle de l’intégrale ou des tomes séparés sur les blogs : Liratouva, Un amour de BDCoquelicots coquillages et belles pages, SambaBD, Le suricate

Premières planches du tome 1 et du tome 2 à lire sur Izneo.

Le tome 2 a reçu le prix de la BD historique lors des rendez-vous de l’histoire à Blois en 2012.

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2 réflexions sur “La mort de Staline

  1. Eric the Tiger 30 décembre 2014 / 09:26

    Contrairement à toi, l’atmosphère affreuse que tu évoques a sublimé ma lecture. Je trouve que Nury arrive à développer une trame dense dans une ambiance oppressante à souhait. J’avais découvert cette série lors de sa première sortie. J’ai donc lu les deux parties à deux ans d’intervalle. Cela ne m’avait pas gêné pour savourer l’histoire et le destin de ses protagonistes. Au plaisir de te relire…

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    • caro 30 décembre 2014 / 15:42

      C’est certain que la trame est dense et l’atmosphère oppressante. L’histoire n’est pas inintéressante, loin de là, c’est juste que ce n’est pas un coup de cœur pour moi…
      Bonne fin d’année à toi et merci de ton passage ici !

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