Fatale

FATALE, par Doug Headline (scénario) et Max Cabanes (dessin) (Dupuis, 2014, coll. Aire libre), d’après le roman de Jean-Patrick Manchette.

Une jeune femme veuve qui se fait appeler Aimée Joubert arrive à Bléville, petite ville portuaire sans histoire. Elle vient de quitter une autre ville, où elle portait un autre patronyme, et dans laquelle elle a tué de sang-froid un chasseur. A Bléville, seule, elle vit dans son appartement, et au fil du temps, parvient à s’insérer dans la bonne société des notables de la ville. Elle observe les faits et gestes de chacun, prend des notes et attend le moment où la crise va éclater parmi cette micro-société. Elle pourra alors en profiter pour les faire chanter et leur extorquer leur argent, surtout qu’elle est prête à tout pour atteindre son objectif…

Fatale, album noir, adapté d’un roman des années 1970 que je ne connais pas, est une bande dessinée épaisse de la bonne collection « Aire libre » : 136 pages sur une femme qui cherche à profiter de la situation. Je dois avouer que s’il n’avait pas fait partie de la prochaine sélection polar à Angoulême, je ne l’aurais pas emprunté, la couverture trop noire ne m’aurait pas donné envie. Je n’ai pas été spécialement emballée par cette histoire qui démarre lentement : on suit la jeune femme qui se fait appeler Aimée Joubert, sans qu’on en sache trop sur sa vie et les raisons de sa venue dans la ville. C’est une situation assez intrigante, qui au départ a fait que j’avais envie de savoir, et donc de continuer à lire cet album. Mais une fois cette question posée, l’intrigue n’avance pas assez. Le rythme de l’histoire est lent, il n’y a vraiment que sur la fin que cela s’accélère vraiment. Cette fin d’ailleurs est troublante, avec les retournements de situation, le carnage et la violence présente à chaque page. Le dessin est agréable, un peu classique mais pas trop : j’aime bien les portraits des personnages, avec des traits souvent secs, qui donnent du caractère aux personnages. Les couleurs sont un élément de plus pour mettre une ambiance particulière, tendue, dans cette histoire, mais cela n’est pas parvenu à combler les aspects désagréables. En effet, une chose m’a fortement perturbée dans ma lecture : ce sont les cartouches descriptifs qui font redondance avec le dessin. Peut-être que cela est dû au fait que c’est une adaptation d’un roman, mais j’ai trouvé ça particulièrement désagréable. Pour moi, cela est inutile, n’apportant rien de plus à l’histoire. Fatale est clairement un album noir qui me laisse une drôle d’impression : je ne le décrirais pas comme inintéressant, mais pour autant ce n’est pas le meilleur polar que j’ai pu lire, même si ce n’est pas mon genre de prédilection…

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Du noir du polar, Un polar-collectif, Marie rameau, Bédépolar, Quand le tigre lit

Premières planches à lire sur Digibidi.

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