A la dérive

À LA DÉRIVE, par Xavier Coste (Casterman, 2015)

1910, Paris est totalement inondée. Un jeune couple d’Américains, Eddie et Agatha, est criblé de dettes de jeu, suite aux addictions du jeune homme. Le délai pour rembourser est court : la jeune femme se prostitue mais cela n’est pas du goût d’Eddie, qui projette alors de profiter de la situation exceptionnelle de chaos dans laquelle est plongée la capitale française pour cambrioler les coffres d’une banque, l’American Express… Il recrute alors une petite équipe spécialisée, mais précipité, le braquage ne va pas se passer comme prévu et le couple fuit vers la Grande-Bretagne, avant qu’Eddie ne soit repéré et jugé avec ses comparses…

Encore un album emprunté au hasard à la bibliothèque parmi les nouveautés. Je ne pense pas être une lectrice compliquée, mais pour ce coup-là, je n’ai pas spécialement aimé cet album, car à mon goût, l’auteur passe trop vite sur les événements, et il effleure bien trop les situations pour que je me sois sentie impliquée dans la lecture. Les personnages ne sont pas assez creusés pour qu’on s’attache à eux. La seconde partie consacrée à Eddie est encore plus légère, un peu engluée dans le romantisme : Eddie se languit de sa belle et n’aspire qu’à s’évader pour la rejoindre, et il est arrêté net par un courrier d’Agatha qui semble refaire sa vie sans lui. La fin de l’album est très ouverte et offrirait la possibilité d’une suite alors qu’il n’est pas fait mention dans l’album qu’il s’agirait d’un tome 1. De plus, je n’ai pas aimé savoir (après la lecture) que l’auteur s’était basé sur certains faits réels qu’il a replacés dans une chronologie différente pour que ça colle avec son scénario : en effet, il s’est inspiré d’un couple d’Irlandais qui a bien cambriolé l’American Express, mais en 1903. Ce mélange de deux faits réels alors qu’ils ne sont pas proches historiquement m’a dérangée, il aurait mieux fallu à mon sens utiliser le contexte de l’inondation, mais calquer dessus une histoire complètement fictionnelle. Bref, j’ai des regrets sur le scénario, trop léger et superficiel pour vraiment m’intéresser. Par contre le dessin lui est très agréable, même si je n’avais pas reconnu le trait de l’auteur d’Egon Schiele. Sur certaines doubles pages, les cases disparaissent au profit de peintures particulièrement jolies, faites en peinture, parfois avec des découpages façon art déco très adéquat avec l’ambiance de l’album. Certaines planches sont construites de façon originale, et j’ai bien aimé cette construction, ainsi que le choix des couleurs souvent claires et pas uniformes, travaillées. Alors certes A la dérive est un album graphiquement joli, mais cela s’arrête là pour moi. Dommage…

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Biblio du dolmen, Blog BD Sud-Ouest, Le calamar noir, Une case en moins, u lost control, Les belles histoires de l’oncle Hermès, Samba BD

Premières planches sur Izneo.

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2 réflexions sur “A la dérive

  1. jerome 1 février 2016 / 12:12

    C’est l’auteur qui a fait un album sur Rimbaud, non ? Je l’avais vu à St Malo, il est très, très jeune !

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    • caro 1 février 2016 / 19:59

      Oui, Rimbaud c’est lui aussi, mais je ne l’ai pas lu, j’ai lu sa biographie d’Egon Schiele. Je ne savais pas qu’il était si jeune, j’ai cherché l’info en voyant ton commentaire, et il est né en 1989…!

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