Au nom du fils

AU NOM DU FILS, par Serge Perrotin (scénario) et Clément Belin (dessin) (Futuropolis, 2016)

au-nom-du-fils

Michel est ouvrier métallurgiste sur les chantiers de Saint Nazaire. Avec Marie son épouse, il a un fils unique, Etienne. A 23 ans, reçu à son diplôme d’ingénieur, ce dernier décide de partir passer une année sabbatique en Amérique du Sud. Lui qui n’avait jamais pris l’avion est fasciné par le voyage, depuis qu’enfant il lisait et relisait les aventures de Tintin, et tout particulièrement celui sur le temple du soleil. Ses parents, spécialement son père, ne sont pas très chauds à cette idée de voyage, alors que leur fils aurait un poste tout trouvé aux chantiers. Mais ils le laissent tout de même partir. Etienne se rend en Amérique du sud, voyage beaucoup et donne peu de nouvelles à ses parents restés en France. C’est alors qu’un jour aux informations, on apprend qu’un groupe d’étrangers a été enlevé en Colombie par un groupe encore indéterminé, Farc ou ELN. Etienne fait partie de ces otages, et le ministère des affaires étrangères appelle les parents du jeune homme. Sur un coup de tête, Michel, qui n’a jamais quitté la France, décide de se rendre sur place pour retrouver Etienne. Il découvre alors la vie colombienne, et de fil en aiguille trace le portrait d’un fils qu’il ne connaît pas, en rencontrant des jeunes gens, voyageurs-baroudeurs pour la plupart, qui ont côtoyé son fils. Il rencontre même la petite amie de son fils. Mais il va lui falloir patience, détermination, et chance, pour retrouver son Etienne, alors que tout le monde lui conseille de rentrer au pays et d’attendre…

Voici un album regroupant en une seule intégrale deux albums parus en 2010 et 2012. Je ne le savais pas avant d’écrire cet article, et je n’ai pas senti de coupure dans l’histoire, mais je suis bien contente d’avoir lu cette histoire en une seule fois. J’ai trouvé l’approche intéressante, le sujet d’actualité, mais je suis bien moins fan du dessin : le trait est vraiment particulier, les personnages ont souvent le même visage, et les traits noirs qui entourent le dessin l’assombrissent inutilement. Les couleurs sont fades, délavées, souvent dans les tons marron, vert. Pour bon nombre de scènes qui se passent en forêt, cela se comprend, mais pour les scènes qui se déroulent à Bogota ou à St Nazaire, cela n’est à mon avis pas justifié.

L’histoire est assez longue, certains passages auraient pu être raccourcis, car il y a pas mal d’explications à certains moments, par exemple sur le peuple vivant dans la forêt loin du contact des autres hommes. Les passages sur les Farc et l’ELN permettent de comprendre la situation plus que complexe dans lequel est plongé le pays. C’est une situation qu’ont dû connaître les otages et leurs familles. J’ai aimé la voix off du récit, Michel qui raconte (sur un carnet ou seulement par la pensée ?) à son épouse Marie restée en France ce qu’il vit ou pense au fil de son périple. C’est une sorte de carnet intime, qui permet de se mettre la place du père de famille désemparé sans son fils. Jusqu’à la fin de l’histoire, on ne sait pas si Etienne est en vie ou non, on doute avec le père, on perd ou on reprend confiance avec lui. C’est un angle de vue intéressant qui m’a bien plu et m’a permis aussi de lire cet album jusqu’à la fin, en passant outre les quelques longueurs scénaristiques.

Au nom du fils offre un point de vue original sur une situation qui ne devrait plus se passer normalement, la paix ayant été signée entre les Farc et le gouvernement colombien (même si cela a été rejeté depuis par la population). Ce n’est pas un album indispensable selon moi, mais il se laisse quand même lire…

A partir de 13 ans selon l@BD.

* On en parle sur les blogs : Lectures de Marguerite, Les pages de lecture de Sandrine, Le port de l’encreuse, La bibliothèque de Noukette, Bar à BD

* Premières planches à lire sur Digibidi.

* Aller voir le blog du scénariste.

* Cet album participe à , cette semaine chez Moka.

Publicités

20 réflexions sur “Au nom du fils

  1. Mo' 2 novembre 2016 / 07:31

    Je le rappelle d’une nostalgie, d’un homme (le père) qui se découvre en même temps qu’il découvre qui est son fils. D’une quête. J’avais bien aimé, je garde quelques images en tête et notamment le fait que, dans mes souvenirs, les couleurs étaient plus chaleureuses que ce que tu décris. Comme quoi, la mémoire n’en fait qu’à sa tête 🙂

    J'aime

    • caro 5 novembre 2016 / 16:16

      On ne garde pas tous les mêmes souvenirs d’un album : scénario, dessin, couleurs… Là, je crois que je me souviendrai plus du scénario que du reste.

      J'aime

  2. sabariscon 2 novembre 2016 / 08:57

    je n’en fais pas une priorité, mais je le lirai volontiers si je tombe dessus.

    J'aime

  3. Stephie 2 novembre 2016 / 08:58

    J’adore ce genre de BD, je note !

    J'aime

    • caro 5 novembre 2016 / 16:37

      Tu adores les histoires de famille ou les histoires en Amérique du Sud ? En tout cas, cet album mérite tout de même qu’on s’y arrête.

      J'aime

      • Stephie 5 novembre 2016 / 20:43

        Les BD qui touchent l’histoire et nous en font découvrir un pan

        Aimé par 1 personne

  4. Leiloona 2 novembre 2016 / 10:04

    J’aime bien le fond, ce père à la recherche de son fils. Je note, même si le trait ne m’attire pas plus que ça de prime abord !

    J'aime

    • caro 5 novembre 2016 / 16:37

      C’est vraiment le trait qui m’a refroidie, car globalement le scénario est pas mal du tout…

      J'aime

  5. noukette 2 novembre 2016 / 10:18

    Mais oui, j’avais beaucoup aimé le premier tome, il faudrait absolument que je lise la conclusion de cette histoire !

    J'aime

    • caro 5 novembre 2016 / 16:38

      Ah oui, c’est bien dommage de n’avoir lu que le début ! 😉 C’est aussi pour éviter ça que je suis contente d’avoir lu cette intégrale !

      J'aime

  6. Jerome 2 novembre 2016 / 15:02

    Jamais entendu parler mais maintenant que l’intégrale est sortie j’ai envie de dire banco !

    J'aime

    • caro 5 novembre 2016 / 16:39

      C’est moins frustrant en effet de lire une intégrale que de devoir attendre quelques mois (ou années) pour lire la suite !

      J'aime

  7. Mylene 2 novembre 2016 / 18:56

    je note aussi, ça a l’air bien sympathique 🙂 Merci !!

    J'aime

    • caro 5 novembre 2016 / 16:41

      Tu peux le noter, oui ! Et j’espère que tu le trouveras, en librairie ou en bibli !

      J'aime

    • caro 5 novembre 2016 / 16:44

      J’ai tendance à emprunter pas mal d’albums, car il y a moins de « risques » d’être déçue (et puis acheter tout ce qui me tente serait un sacré budget !). Là, pour cet album, je n’aurais pas osé l’acheter, mais malgré les quelques réserves, je suis quand même contente de l’avoir découvert !

      Aimé par 1 personne

  8. Marguerite 16 novembre 2016 / 17:27

    Ils ont eu une bonne idée en réunissant les deux tomes. Il me semble que le premier terminait abruptement. J’avais bien aimé cette histoire.

    Aimé par 1 personne

    • caro 16 novembre 2016 / 21:35

      Je ne savais même pas qu’il y avait 2 tomes avant d’écrire l’article. En tout cas, je n’ai pas senti de fracture en plein milieu de l’histoire…

      J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s