La maison

LA MAISON, par Paco Roca (Delcourt, 2016, coll. Mirages)

la maison

Des enfants se retrouvent dans la maison de leur père décédé un an plus tôt. Que doivent-ils faire ? La vendre ? L’occuper ? Cette cohabitation forcée le temps de quelques jours va raviver des souvenirs enfouis depuis des années, tandis que les différences entre les membres de la fratrie ne s’effacent pas…

Je continue ma découverte des albums de Paco Roca, après le très bon La tête en l’air, qui m’avait laissé un très bon souvenir. Cet album-là paru l’an dernier est en fait un petit format à l’italienne, je m’attendais à un album plus grand. Cela n’empêche que l’histoire se lit bien, mais je crois que j’en attendais plus, peut-être parce que j’avais lus des avis élogieux. L’idée de départ est pourtant très bonne, et est un cas vécu par bon nombre de famille après la disparition de la génération des parents. Ce qui m’a un peu mise mal à l’aise, ce sont ces retrouvailles entre des frères et sœurs qui ne se côtoient plus, qui ont des rancœurs enfouies et des vies diamétralement opposées. Bref, on sent cette forte tension entre eux, et on se doute que cela va mal finir, même si chacun veut se préserver de l’orage qui gronde sans véritablement éclater…

Le dessinateur et scénariste espagnol construit donc des personnages avec une certaine épaisseur, et nous fait aussi naviguer entre le présent et le passé, avec des transitions très bien faites, presque transparentes. Il s’amuse aussi avec le lecteur, en changeant le sens de lecture, avec parfois du vertical qui se mêle à l’horizontal, pour faire le lien entre le récit du présent qui raconte le passé. C’est un peu compliqué à expliquer, mais c’est une façon très intelligente pour renouveler la lecture et proposer une expérience de lecture différente. Ainsi, on en apprend plus sur les débuts de la maison, de sa construction jusqu’au veuvage du père. Le scénariste n’use pas la corde sensible jusqu’au bout, il produit des scènes qui sont touchantes sans pour autant être larmoyantes. Il y a un côté très nostalgique dans cet album, une tristesse que l’on ressent à chaque page ou presque. Par moments, j’avais l’impression d’entendre la chanson de Bénabar, « quatre murs et un toit », qui correspondait bien à certains passages. Par contre, je regrette la fin un peu précipitée à mon goût : vend-on ? ne vend-on plus ? C’est un peu flou. La maison est cependant un album de plus de 120 planches de qualité, très intéressant, très bien fait mais qui personnellement (et je ne saurais dire pourquoi) me marquera certainement moins que La tête en l’air.

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Chroniques de l’invisible, D’une berge à l’autre, Doucettement, Le blog de Krol, Sans connivence, Au milieu des livresUn amour de BD

Quelques planches à voir sur le site de l’éditeur.

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8 réflexions sur “La maison

  1. krolfranca 1 avril 2017 / 09:16

    Moi aussi j’ai préféré Rides (premier titre de la BD que tu nommes la tête en l’air), ca a d’ailleurs été ma première BD… et depuis j’en lis pas mal ! et j’aime !

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    • caro 2 avril 2017 / 14:42

      Effectivement, j’ai oublié de mettre le double titre de cet album, car j’ai lu « La tête en l’air » sans savoir le premier titre…
      Il y a tellement de bons titres BD à découvrir, c’est clair ! 🙂

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  2. Mokamilla 1 avril 2017 / 19:38

    J’ai adoré cet album. Vraiment. (Merci pour le lien d’ailleurs.)
    Je vais lire celui qui t’a plu puisqu’il t’a marquée !

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    • caro 2 avril 2017 / 14:45

      La tête en l’air (ou Rides dans la première édition) est très bon aussi, avec un sujet différent mais qui touche aussi beaucoup de monde. J’espèère lire ta chronique bientôt ! (et de rien pour le lien 😉 )

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  3. noukette 4 avril 2017 / 10:20

    Une lecture qui m’avait marquée… et qui reste ! J’ai adoré !

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    • caro 4 avril 2017 / 20:34

      Je n’ai pas eu ce coup de cœur, même si je reconnais que c’est un album de qualité…

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  4. Laeti 5 avril 2017 / 09:24

    Je retiens ce titre, pour le sujet ! Sur le même thème, j’ai adoré « Quatre murs » de Kéthévane Davriwechy! Très sensible!

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    • caro 5 avril 2017 / 13:43

      Je connais l’auteur, mais pas ce titre, merci de l’info, je vais aller voir en bibliothèque !

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