Des cailloux à ma fenêtre [roman]

DES CAILLOUX À MA FENÊTRE, par Jessie Magana (Talents hauts, 2016, coll. Les héroïques)

cailloux fenetre

Marie est une adolescente qui vit sur l’île de Sein. En juin 1940, le général De Gaulle lance son fameux appel depuis Londres, et 128 hommes de l’île partent en Angleterre le rejoindre. Marie reste sur l’île avec sa mère, son frère aîné étant prisonnier sur le continent. Les hommes sont presque tous partis, il ne reste plus que les femmes, les enfants et les vieillards. Marie n’en peut plus d’attendre. Avec son amie Yvette, elle va accepter de mener des missions pour la résistance sur le continent. Au départ, les risques sont infimes, mais au fil du danger, les dangers encourus sont de plus en plus grands… Mais c’est aussi la rencontre avec Paul, breton originaire du Conquet et qui fait partie du même réseau de résistants… Pendant ce temps-là, Jean, un jeune Sénan qui fait partie du groupe d’hommes partis, attend à Londres d’être envoyé sur un bateau chasseur de sous-marins…

Encore une lecture d’été, qui faisait partie de la dernière commande de l’année pour le CDI… Ce roman relate un acte de résistance invisible, la participation d’une « petite main » à combattre l’occupant pendant la seconde guerre mondiale. Le cadre géographique est original : une île du bout du monde, dans l’Atlantique, où il ne se passe pas grand-chose, où les informations mettent du temps à parvenir, où les pouvoirs du maire et du curé sont très influents sur la population. L’auteure se sert d’un contexte historique bien réel (les nombreux hommes partis à Londres dès juin 1940, l’occupation des allemands, l’incendie du phare…), pour y insérer une héroïne qui veut participer elle aussi à ce mouvement de résistance à l’occupant. On a donc le récit de Marie, entrecoupé du récit de Jean, un des hommes partis à Londres. On a ainsi deux points de vue sur les événements. Il n’est pas toujours facile de distinguer le narrateur, puisque le prénom n’est pas mentionné (ce sont juste des astérisques qui séparent les paragraphes), et parfois prise dans la lecture, je ne voyais pas ces démarcations… Ce double récit, qui se chevauche rarement sur les faits, est intéressant et permet de varier le point de vue sur les 5 années que dure le récit, même si celui de Marie est bien plus long que celui de Paul. J’ai beaucoup aimé suivre Marie, qui ne veut pas se résoudre à une vie tranquille sur l’île de son enfance, et découvre en même temps l’éveil des sentiments amoureux. C’est raconté avec délicatesse et une grande justesse. La fin du récit est particulièrement forte. J’ai beaucoup aimé le style d’écriture de Jessie Magana que je découvre avec ce titre.

J’ai globalement apprécié cette lecture, qui n’enjolive pas les faits, et suggère de nombreuses choses sans clairement les décrire (je trouve que c’est une belle façon de ne pas infantiliser les lecteurs). Par contre, ce sont quelques petites fautes (des mots mal coupés en fin de ligne, où une lettre remplace le « – » sans aucun sens) qui m’ont fait tiquer… C’est vraiment dommage, mais je conseillerai tout de même ce roman aux collégiens à partir de la rentrée (en ayant pris soin de corriger les fautes avant !).

A partir de 13 ans selon Ricochet

On en parle sur les blogs : Mademoiselle Bouquine, Histoire d’en lire, Steven’s books, Lectures échappées, Entre les pages

Plus d’infos sur l’île de Sein pendant la guerre sur le site du musée de l’ordre de la libération.

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