S’enfuir. Récit d’un otage

S’ENFUIR. RÉCIT  D’UN OTAGE, par Guy Delisle (Dargaud, 2016)

Juillet 1997, Christophe André, travaillant pour une ONG humanitaire dans le Caucase, en Ingouchie, tout près de la Tchétchénie, est kidnappé en pleine nuit par des hommes, sans qu’il en sache la raison : est-ce parce que le coffre est plein de billets ? parce qu’il est occidental ?… Commence alors pour lui une longue détention, attaché le plus souvent à un radiateur par des menottes, sans rien à faire, avec pour seul « confort » un matelas posé à même le sol. Les conditions de détention sont plus que sommaires et l’homme doit lutter pour ne pas sombrer psychologiquement…

Quel pavé que ce dernier Guy Delisle ! Plus de 400 pages relatant une détention dont on connaît la fin heureuse (l’introduction consiste à la rencontre entre le dessinateur québécois et l’ex-otage), mais on ne sait pas combien de temps il est resté otage, comment s’est passée sa détention, ni comment il a été libéré… La 4e de couverture n’indique rien, et tant mieux ! On est à côté du héros de l’histoire, à se demander combien de temps cela va encore durer, mais aussi quelle était la raison de l’enlèvement… Guy Delisle nous propose là un très bon album, en plaçant le lecteur en spectateur impuissant… Le temps s’écoule lentement, mais le récit tient la route. On ne s’ennuie pas une seconde tout au long des 420 planches, aux couleurs ternes comme le quotidien de Christophe André qui n’a aucune information ni aucun contact oral avec ses ravisseurs. En tant que lecteur, on suit son parcours psychologique, ses multiples interrogations, le peu de contacts avec ses ravisseurs, leur absence de langue en commun… Ce témoignage est très intéressant, pour avoir un point de vue « de l’intérieur », et se poursuit par un épilogue où on en apprend un peu plus sur le protagoniste de l’histoire, et ce qu’il est devenu.

Le dessin est reconnaissable, typique de Guy Delisle, mais là pour le coup ce n’est pas ce que j’ai particulièrement regardé. J’ai eu l’impression que Delisle a évité l’écueil de réutiliser des dessins, alors qu’il se passe bien peu de choses dans les journées du héros. Mais pour moi dans cet album, le dessin est passé en second plan. J’ai beaucoup aimé cet album, dans lequel le dessinateur réussit le tour de force de raconter une détention où il se passe peu de choses chaque jour, en en faisant plus de 420 planches sans que l’on s’ennuie… C’est vraiment du très bon !

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Vu de mes lunettes, Lis moi si tu veux, De ma plume à vos oreilles, Mes échappées livresques

Premières planches à lire sur Izneo.

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4 réflexions sur “S’enfuir. Récit d’un otage

    • caro 28 août 2017 / 12:04

      C’est fou comme il arrive à maintenir un suspense alors qu’il ne se passe pas grand-chose et qu’on connaît la fin depuis le debut de l’histoire… je suis contente d’avoir lu cet album en tout cas !
      Merci de ton passage par ici !

      Aimé par 1 personne

    • caro 28 août 2017 / 12:03

      Tu n’as jamais rien lu de lui ? Tu as le choix parmi les titres, même si certains sont un peu en dessous…

      J'aime

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