À un cheveu [roman]

À UN CHEVEU, par Lise Syven (Castelmore, 2018, coll. Romans 15+)

cheveuMatthéo est en terminale dans un lycée parisien. De nature discret, tout se passait bien pour lui, jusqu’à ce qu’il soit touché par une calvitie précoce. Son père, atteint par le même phénomène, et sa famille également tentent de le réconforter, mais à son jeune âge, Matthéo a vraiment du mal à supporter ce changement physique. D’autant plus qu’il est devenu la tête de turc d’un groupe mené par un grand blond costaud prénommé Jasper. Il a abandonné tout espoir de séduire la belle Suraya, et n’espère qu’une chose : terminer son année pour pouvoir aller dans une école supérieure en province, et pouvoir ainsi échapper à sa réputation lycéenne…

Un jour, sa cousine l’emmène par surprise chez la coiffeuse qui lui propose un postiche. Au départ réfractaire à l’idée, Mathéo se fait à sa « touffe » et la porte en dehors des heures de cours. Avec cet élément, il est différent et prend confiance en lui. Mais cela ne dure que le week-end. Sauf qu’un jour à la bibliothèque, il tombe sur Suraya et ses amies, dont Léane qui ne semble pas insensible au charme du ‘chevelu’ qui se fait appeler Paul…

Voici un roman lu en numérique, grande nouveauté pour moi. J’ai mis un peu de temps à régler ma tablette pour pouvoir être à l’aise et au final, ce premier essai s’est assez bien passé. J’avais demandé ce roman car le sujet me paraissait intéressant, même si je ne sais pas si cette calvitie précoce est vraiment réaliste. Plus largement, ce roman permet d’aborder le fait de s’accepter à l’adolescence, période qui n’est certainement pas la plus facile.

Au départ, le sujet du harcèlement est bien abordé, avec des adultes qui ne voient pas le calvaire que subit Matthéo de la part des autres élèves. Le jeune homme se réfugie le plus souvent dans sa chambre, et joue aux jeux vidéo en réseau. C’est cette partie-là que je n’ai pas aimée, car les jeux de science-fiction ne me parlent pas du tout : il y avait une histoire de vaisseau, d’une équipe virtuelle, et d’attaques d’autres vaisseaux… J’ai eu tendance à survoler ces paragraphes, parce que je ne voyais pas bien ce que cela venait faire dans le récit. Que Matthéo passe du temps à jouer à la maison, oui je comprends bien, mais avoir en détail ce qu’il fait, je n’ai pas trouvé cela toujours pertinent. A la fin du récit, l’auteure remercie ceux qui l’ont soutenu et s’adresse à ses lecteurs en faisant référence aux passages sur les jeux vidéo, on comprend alors que la science-fiction est un genre qu’elle affectionne et que ce doit être un thème dans ses romans précédents. Moi je la découvre avec ce titre, et donc je n’ai peut-être pas saisi toutes les références dans les descriptions du jeu vidéo, et je dois avouer que cela ne m’intéressait pas. En terme d’écriture enfin, je n’ai pas toujours aimé le vocabulaire utilisé (un certain nombre de grossièretés dans les premières pages m’ont un peu freiné). Parfois il y a quelques facilités (il est aisé de trouver des jeux de mots capillaires (le héros-narrateur en use aussi !), mais ils sont parfois un peu trop nombreux à mon goût), mais globalement ce n’est pas un style littéraire bien soutenu. Cela se lit sans problème, voilà tout.

Dans la « vraie » vie du roman (hors du jeu vidéo), les personnages sont assez intéressants et développés : la cousine Andréa, qui habite provisoirement dans la famille, a du caractère et est la grande sœur que Matthéo n’a pas (elle le bouscule quand il le faut par exemple), la petite sœur surnommée « Poukito » est du genre embêtante mais aussi assez indépendante, pas toujours collée à ses baskets. Le père et la mère ont du mal à communiquer avec leur fils et ne lui proposent pas de solution ou d’alternative au fait qu’il vive très mal son année de terminale. Les filles du lycée, Suraya et compagnie, paraissent superficielles au premier abord, et se révèlent différentes selon la personne en face, Matthéo ou Paul. Le harceleur Jasper est très cliché, concentrant tous les défauts, mais en même temps bien réaliste, au point qu’on se l’imagine facilement.

Ce roman est en conclusion une bonne découverte, pas un incontournable, mais il aborde de façon globalement justes des thèmes peu abordés en littérature adolescente. Cela devrait plaire à de grands ados !

Ce livre était ma première lecture en numérique grâce à NetGalley et l’éditeur Castelmore. Merci à eux.

On en parle sur les blogs : BettieRose books, Les petites addictions de Cranberries, Geek test, Lire une passion

Visiter le site de l’auteure française.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s