Samedi 14 novembre [roman]

SAMEDI 14 NOVEMBRE, par Vincent Villeminot (Sarbacane, 2016, coll. eXprim’)

samedi

B. est avec son frère Pierre à la terrasse du C., quelques jours avant son vingtième anniversaire, ce vendredi soir du 13 novembre 2015. Les terroristes arrivent en voiture, tirent sur les clients à l’extérieur du bar, et repartent après avoir semé la mort… Pierre meurt sous les balles terroristes, et B., blessé, est soigné par une infirmière, mais totalement perdu, quitte l’hôpital au petit matin. C’est dans le métro qu’il croise différentes personnes, certaines revenant de soirées, d’autres sonnées tout comme lui, ainsi qu’un homme qu’il reconnaît comme celui qui était assis à l’arrière de la voiture des tueurs la veille au soir… Sur un coup de tête, sans réfléchir, il décide de le suivre, et quitte Paris direction le nord de la France. Là-bas, il découvre que l’assassin se rend chez sa sœur. Il parvient à entrer dans l’appartement. Commence alors de longues heures, entre haine, insultes, questions… B. devient bourreau à son tour…

J’ai réservé ce roman il y a quelques semaines à la bibliothèque, et j’ai attendu longtemps avant de le lire. Le sujet, dont on commémorait les 3 ans il y a quelques temps, m’a un peu rebuté, mais après avoir lu le magnifique « Paris est tout petit » ou encore « Maman aime danser« , j’étais tout de même curieuse de voir comment le sujet pouvait être une nouvelle fois traité.

Une fois entrée dans ce texte, j’ai vraiment eu du mal à le lâcher. Le roman est assez court (environ 210 pages), et a été lu bien rapidement, car l’histoire est vraiment bien écrite et maintient le suspense jusqu’au bout, traitant de l’horreur de manière brute, mais dans l’état d’esprit de 2015. L’écriture de Vincent Villeminot, auteur que je découvre, est très hachée, très brève, presque écrite en un souffle. Je ne suis pas habituée à cela, mais cela va véritablement bien avec le style du roman et bien sûr, le contexte… Au départ également un peu désarçonnée par l’initiale utilisée pour nommer le héros, j’ai finalement appris comment il s’appelait, ce qui donne un peu plus d’humanité à ce jeune homme qui vient de perdre son frère, et le rend plus humain également.

La narration se fait par l’intermédiaire d’une voix off, donc on est spectateur de la scène, comme une caméra posée à côté, ce qui donne même par moment un côté un peu voyeur et dérangeant… On ne suit que B., on ne sait pas comment cela se passe à Paris, sa famille, sa petite amie… C’est parfois brut, violent, dérangeant,  malsain… Bref, ça gratte là où ça fait mal, et ça n’élude aucun questionnement… Un roman d’actualité qui fait encore écho aujourd’hui. Heureusement qu’il y a quelques entractes, qui permettent de sortir du huis-clos de l’appartement, lieu principal de ce récit, et font comme des respirations dans ce beau (mais dur) texte.

Malgré le fait que le sujet soit ultra-connu, et que de nombreux romans l’abordent, il faut noter que l’angle d’attaque choisi par l’auteur dans ce roman est tout à fait original. L’histoire se passe uniquement sur la journée du 14. Il y a très peu d’infos sur le 13 au soir, en tout cas, elles ne sont pas toujours claires, et il faut chercher un peu pour se rappeler quel est le nom du C., ou encore le périple morbide entrepris par les tueurs ce soir-là. Par contre, certaines descriptions peuvent choquer les plus jeunes lecteurs, donc je conseillerais plutôt ce texte pour des lycéens.

Samedi 14 novembre n’est pas une lecture facile mais c’est une bien belle découverte tout de même, même si le thème, trois ans après, fait toujours horreur, d’autant plus quand un attentat se produit une fois de plus sur le sol français, à Strasbourg cette fois…

A partir de 15 ans selon Ricochet, 14 ans selon l’éditeur.

On en parle sur les blogs : Les jardins d’Hélène, Lirado, Calypso, Bob et Jean-Michel, Allez vous faire lire, Ma malle aux livres

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2 réflexions sur “Samedi 14 novembre [roman]

  1. saxaoul 18 décembre 2018 / 13:48

    Je ne me vois effectivement pas proposer un tel roman à mes collégiens. La plupart des titres de cette collection sont destinés aux lycéens.

    Aimé par 1 personne

    • caro 19 décembre 2018 / 19:11

      J’en ai quelques uns de cette collection au collège, mais ici c’est clairement un texte à réserver aux lycéens (ou alors il faudrait être un collégien sacrément mature, mais ce n’est pas la majorité, loin de là… 😉 )

      Aimé par 1 personne

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