La fille d’avril [roman]

LA FILLE D’AVRIL, par Annelise Heurtier (Casterman, 2018)

fille

Catherine est une adolescente des années 1960. Son père et son frère travaillent à l’usine. Son avenir à elle est tout tracé : se marier, avoir des enfants et s’en occuper. Mais Catherine est douée à l’école, et bénéficie d’une bourse pour continuer ses études : elle est envoyée dans un collège de filles, en ville. Un jour, elle se met à courir et découvre un sentiment inconnu pour elle jusque-là : la liberté. Mais courir est impensable pour une fille… Catherine peut-elle rêver d’une vie différente de celle à laquelle elle est destinée ? Son caractère va lui permettre de s’affirmer, dans une société patriarcale qui laisse bien peu de place aux jeunes filles.

Voici un roman lu au CDI, sur le seul nom de l’autrice, dont j’ai apprécié les écrits (Refuges, Le carnet rouge, Envole-moi, Le complexe du papillon…). Et bien là aussi, ce fut une bonne pioche, même si j’ai trouvé ce roman plus pédagogique que les autres. En fait, j’ai appris plein de choses sur la vie des années 1960, car ce texte mêle la fiction de Catherine avec la grande histoire, Lucien Neuwirth, l’émancipation des femmes, l’apparition de l’électroménager, le téléphone, la télévision dans les foyers… Bref, j’ai eu l’impression par moment de retrouver un livre lu à la fac sur l’aspect sociétal (Les trente glorieuses, de Jean Fourastié, qui se lisait très bien). J’ai aussi découvert ce qu’on racontait aux filles pour les empêcher de courir (leur utérus tomberait…) ou comment on ne leur expliquait absolument pas le fonctionnement de leur corps… Cette méconnaissance complète permettait de garder les filles sous la coupe de leur père, puis de leur mari… C’est assez impressionnant tout de même !

Ce texte permet, en tant que simple lectrice, de se rendre compte de l’évolution qu’il y a eu en 60 ans, même si l’égalité n’est toujours pas de mise. Les avancées sociétales liées à 1968 sont bien décrites, en lien avec la narration (surtout que c’est la Catherine de maintenant qui raconte son adolescence à sa petite fille), sans pour autant faire trop pédagogique. Toujours est-il que je vais conseiller ce titre à une collègue d’histoire lectrice de littérature jeunesse, pour le chapitre de 3e « femmes et hommes dans la société des années 1950 aux années 1980 ».

Même si on n’est pas féru d’histoire, ce roman se lit tout de même très bien, comme l’histoire d’une fille qui ne veut pas entrer dans la voie qu’on lui a tracée et qu’elle n’a pas choisie. L’idéal « crois en tes rêves » s’applique ici, et de jeunes lectrices pourront aussi certainement y trouver leur compte.

Je conseillerais à partir de 13 ans.

On en parle sur les blogs : BlogONoisettes, Hashtag Céline, Entre les pages, La littérature jeunesse de Judith et Sophie

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