Le fils de l’Ursari

LE FILS DE L’URSARI, par Isabelle Merlet (scénario) et Cyrille Pomès (dessin) (Rue de Sèvres, 2019), d’après un roman de Xavier-Laurent Petit à L’école des Loisirs.

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Ciprian est rom, et fils d’un montreur d’ours (ou Ursari). En Roumanie où la famille vit, la famille est rejetée dès qu’elle s’installe à un endroit. Leur voiture les lâche une fois sur la route, et ils doivent rester près d’une ville où un boucher et sa bande menacent de les tuer. C’est alors que deux hommes en berline leur proposent un contrat. Ils les envoient à Paris, en échange d’un remboursement rapide du coût de leur trajet. Mais la somme est tellement énorme qu’ils ne vont pas pouvoir rembourser et vont se retrouver pris au piège, dans une capitale qui ne s’avère pas être la ville-Lumière tant espérée. Chacun tente de réunir une part de l’argent, en mendiant, volant des portefeuilles ou du métal, mais cela n’est pas suffisant… Ciprian, au détour de ses promenades quotidiennes, atterrit un jour aux jardins du Luxembourg où il découvre deux grosses personnes en train de jouer à un mystérieux jeu, qui même s’il n’en saisit pas toutes les règles, le fascine…

En ce moment, ma bibliothèque est mon meilleur fournisseur, car j’y emprunte à tour de bras, et pour le plus souvent de bonnes découvertes. Ici, j’ai emprunté au hasard, parce que c’était Rue de Sèvres. Le titre ne me disait rien, je ne savais pas qu’il s’agissait d’une adaptation avant d’avoir vu le nom de Xavier-Laurent Petit, mais ce titre ne me disait rien. C’est une fois que j’ai eu l’album en main que j’ai appris qu’il avait reçu le prix ACBD jeunesse 2019.

Une fois cet album terminé (je l’ai lu d’une traite tellement il était prenant), je trouve qu’il mérite largement ce prix. Il aborde en effet un sujet qui nous est assez inconnu quand on vit à la campagne loin d’une grande ville… J’ai trouvé ce récit très instructif, dénonçant la situation dramatique des Roms. Les personnages de Ciprian et sa famille sont attachants, toujours soudés malgré les épreuves, ne se plaignant pas, subissant les pressions de Karoly et de ses successeurs, mafia qui profite de la situation pour s’enrichir et faire régner la peur. On suit principalement Ciprian qui est le narrateur, et ses rêveries au « Lusquembour ». Les deux Français qui l’initient au monde des échecs, Martha et Sigismond, sont touchants, parce qu’ils ne voient pas le jeune garçon comme un voleur ou un idiot mais comme un garçon avide de comprendre. 

Le dessin est à première vue étrange, avec un angle grossissant parfois. C’est original, et si au début on est surpris, au final on s’habitue. Cela donne des cases assez inhabituelles, avec un prisme vraiment étonnant. Cela contribue aussi à en faire une fable contemporaine dynamique, car le trait n’est pas fixe, on a presque l’impression de voir les cases bouger…

J’ai aimé le chapitrage avec les mots (et la prononciation) de Ciprian, qui parle bien peu au départ, ne maîtrisant pas la langue du pays où il a atterri. Cela donnait un peu de légèreté au propos qui était loin d’être drôle, et remettait le propos à hauteur d’enfant.

Les couleurs sont travaillées, et aident à traduire la saleté du bidonville où la famille de Ciprian vit, ainsi que la galère qu’ils connaissent quotidiennement. Elles montrent aussi les bons moments, même s’ils sont rares.

Le fils de l’Ursari est donc un bien bel album que je suis contente d’avoir découvert !

A partir de 10 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Les lectures de MylèneMes échappées livresquesSambaBD, Stemilou books, Sophie lit.ca

Premières planches à voir sur Izneo.

Cet album participe à labd bleu, et cette semaine c’est chez Noukette, dans sa bibliothèque, que les bulleurs se sont donnés rendez-vous…

33 réflexions sur “Le fils de l’Ursari

  1. noukette 22 janvier 2020 / 08:37

    Curieuse de la découvrir aussi même si je n’ai pas lu le roman à l’origine de cette adaptation ! A commander pour mes collégiens je pense !

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    • caro 22 janvier 2020 / 14:57

      Je pense que je vais le commander, même si on est bien loin de la ville et qu’un tel contexte leur paraîtra peu commun…

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    • caro 22 janvier 2020 / 14:57

      De rien, c’est l’objectif de ces mercredis BD 😉

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  2. Soukee 22 janvier 2020 / 11:46

    J’avais été titillée par le roman que je n’ai finalement pas lu mais tu me fais regretter ! 😉

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    • caro 22 janvier 2020 / 14:58

      Je n’ai pas lu le roman, mais la BD est très bonne aussi ! Tu as le choix dorénavant !

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  3. Jerome 22 janvier 2020 / 14:52

    J’aime tellement Xavier-Laurent Petit que me laisserais bien tenter par cette adaptation.

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    • caro 22 janvier 2020 / 14:59

      C’est un auteur que je n’ai jamais lu, enfin je crois… Je l’ai découvert avec cette adaptation.

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  4. Hilde 22 janvier 2020 / 18:35

    La couverture et l’histoire m’attirent! Je l’ajoute à ma longue liste de repérages! 🙂

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  5. Mo' 23 janvier 2020 / 06:01

    Il me tente beaucoup cet album. Il faut dire que j’ai aimé le travail de Cyrille Pomès sur d’autres titres et que j’apprécie à chaque fois de retrouver son trait. Je le lirai à n’en pas douter 🙂

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    • caro 28 janvier 2020 / 21:04

      Je crois que je ne connaissais pas cet auteur avant cet album, je vais regarder ce qu’il a fait auparavant…

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    • caro 28 janvier 2020 / 21:03

      Perso, j’ai souvent du mal à lire le roman après avoir lu l’adaptation…

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  6. Mokamilla 23 janvier 2020 / 19:52

    Je veux à tout prix lire le roman avant et cette BD sera la suite logique de cette découverte qui promet d’être belle.

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  7. sylire 23 janvier 2020 / 20:17

    La couverture ne n’aurait pas attirée de prime abord mais après avoir lu ton billet pourquoi pas.
    C’est vrai que c’est intéressant d’emprunter des BD à la bibliothèque.C’est tellement vite lu qu’on hésite à en acheter. Et quand on passe le pas, il faut que ce soit un coup de coeur !

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    • caro 28 janvier 2020 / 21:03

      Ma bibliothèque est bien fournie, donc je profite facilement de leurs nouveautés. J’en achète aussi, mais bien moins, pour l’aspect financier, mais surtout à cause du manque de place qui devient de plus en plus flagrant !!

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  8. Sabine Faulmeyer 26 janvier 2020 / 13:56

    la couv ne m’attire pas donc à voir si je la feuillette pour l’histoire.

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    • caro 28 janvier 2020 / 21:01

      Les angles de vue sont assez étranges parfois, comme sur la couverture. A toi de voir l’intérieur pour te faire ton avis !

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    • caro 28 janvier 2020 / 21:00

      J’étais tout pareil avant d’ouvrir cet album !

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  9. Karine:) 29 janvier 2020 / 01:50

    Pas lu le roman… mais je me questionne sur le graphisme, qui semble correspondre juste so-so au sujet…

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  10. Stephie 29 janvier 2020 / 14:55

    Le roman, lui, est sur ma PAL depuis des lustres…

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  11. Alice 4 février 2020 / 16:43

    Il paraît que le roman est déjà très très bien. Du coup, je ne sais pas où commencer XD 😉

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