Romans jeunesse

La dictature nous avait jetés là [roman]

LA DICTATURE NOUS AVAIT JETÉS LÀ, par Maria Poblete (Actes sud junior, 2018)

Septembre 1973, le général Pinochet prend le pouvoir au Chili, en renversant le président élu trois ans auparavant Salvador Allende. Pour Maria, 9 ans, qui vit dans un paisible quartier de Santiago avec ses parents, ses deux soeurs et sa grand-mère Yayita, ce changement de pouvoir est rapidement visible : les militaires ont envahi les rues, avec leurs habits vert kaki, leurs crocs, leurs baïonnettes et leurs mitraillettes. Issue d’un milieu intellectuel et cultivé (sa mère est une journaliste connue et est amie avec l’écrivaine Isabel Allende), Maria et sa famille vont parvenir à fuir le régime de la junte militaire, en se cachant, les enfants à la campagne, les parents dans une ambassade, avant de prendre l’avion pour la France. Là, il s’agit de refaire sa vie sans oublier ses racines. La jeune Maria tente de s’intégrer au mieux…

La dictature nous avait jetés là est un texte autobiographique sur une période qui n’est pas forcément très connue de nos jours, en tout cas chez les lecteurs à qui est destiné ce texte d’environ 120 pages. Chaque chapitre est titré sous forme d’une date, et cela permet de mieux situer les passages, surtout qu’il y a des allers-retours dans la chronologie. Maria nous raconte ses souvenirs, à hauteur de ses yeux d’enfants : les méchants militaires qui prennent le pouvoir, les discussions qu’elles écoutent aux portes sur les amis ou les membres de la famille qui sont arrêtés ou qui disparaissent, l’espion qui vient dans la famille installé en France déguisé en réfugié, la sensation permanente et inconfortable de dépaysement, mais aussi l’amitié en France avec Farida. Heureusement qu’il y a quelques éléments qui adoucissent le récit : l’amour pour sa tante et marraine Anita, quelques souvenirs d’enfance, avec un amoureux ou ses soeurs, l’amitié avec Farida d’origine algérienne… En effet, le récit est fort et comporte surtout des souvenirs tristes : la vie sous la junte, l’emprisonnement de membres de la famille, l’exil avec un seul sac par personne et sans pouvoir se retourner, l’espionnage même à des milliers de kilomètres du Chili… Pour autant, il y a aussi de la nostalgie de ce pays qu’elle a assez peu connu : nostalgie culinaire, nostalgie de la langue… et la culture chilienne continue de vivre même une fois que la famille est en France, et même si le père quitte la famille. Le texte se termine comme il a commencé, en 1980, avec le retour au pays d’une Maria adolescente.

Cette autobiographie d’environ 120 pages, récit de souvenirs datés d’il y a plus de 40 ans se lit facilement, car les chapitres sont courts, tout comme les phrases. J’ai apprécié qu’un épilogue explique le fin mot de l’histoire (la petite et la grande) et ce que sont devenues l’autrice et sa famille. Au niveau du style, pas grand-chose à dire, si ce n’est parfois des phrases presque trop simples et le fait qu’il y ait quand même des références culturelles qui me sont inconnues.

Je trouve ce roman intéressant pour des 3e, en lien avec leur thème de français l’autobiographie, mais il leur faudrait d’abord des connaissances sur ce pays d’Amérique du sud. A voir donc quel sera leur accueil de ce texte…

Non mentionné sur Ricochet, l’éditeur conseille à partir de 12 ans.

On en parle (peu) sur les blogs : Stef au pays des livres, S’amuser ensemble

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