La mort n’est qu’un début [roman]

LA MORT N’EST QU’UN DÉBUT, par Ambelin et Ezekiel Kwaymullina (Rageot, 2020)

mortBeth, australienne d’ascendance aborigène, est morte à quinze ans dans un accident de voiture. Son père, policier, a beaucoup de mal à supporter sa disparition, mais parvient toujours à voir le fantôme de sa fille qui n’est pas passé « de l’autre côté ». Beth aide son père à mener ses enquêtes. Les voilà dans une petite ville où un foyer d’accueil a brûlé, laissant un cadavre non-identifié. Il va s’agir de découvrir ce qui se cachait dans ce foyer financé par un certain Alexander Sholt… Mais ce dernier est introuvable et l’inspecteur de police de la ville, Derek Bell, semble très préoccupé… Beth et so père mènent l’enquête, aidés d’Isobel Capture, elle aussi descendante d’aborigènes et qui apporte son témoignage sur ce qui se passe au foyer et les rencontres étranges qu’elle a pu faire avec le Dévoreur et les Happeurs…

Voici un roman acheté pour le CDI du collège, parce que sa couverture était juste magnifique avec son papillon et ses oiseaux, et parce que le résumé était intriguant. L’histoire est découpée en parties portant le nom de la narratrice : Beth ou Isobel (plutôt nommée « Capture » d’ailleurs). Les chapitres d’Isobel sont assez étranges, avec des phrases très courtes, voire même des phrases nominales. Dans ces chapitres, il y a un côté poétique que je n’ai pas toujours saisi… C’est désarçonnant, mais aussi cela donne de l’épaisseur au récit, puisqu’on ne sait pas si ce que décrit Isobel est vrai ou non, ou s’il s’agit simplement de métaphores ou de mythomanie… Jusqu’à la fin ou presque, on ne sait pas trop quoi penser de ses récits et c’est justement ce qui permet d’aller au bout de cette histoire originale… Les deux thèmes du deuil et du racisme sont présents tout au long de l’histoire, et abordés de façon très délicate : le racisme de certains blancs envers les aborigènes (enquêtes étouffées, déportation d’enfants au siècle dernier…), et le deuil d’un père qui se retrouve tout seul et n’arrivant pas à « remonter la pente », se plonge dans son seul refuge qu’est son travail…

Les auteurs de ces 240 pages sont deux frères et soeurs australiens, d’origine aborigène (indiqués dans la postface), et cela se ressent dans le texte : il y a pas mal de détails sur cette culture, les croyances… Pas facile à suivre pour nous européens, d’autant plus quand on n’y connaît rien à ce sujet. L’enquête a été quand même pour moi le moment le plus agréable à lire, puisque le père est aidé par sa fille, et qu’il faut qu’il trouve des stratagèmes pour lui parler (il n’y a que lui qui la voit) sans passer pour un fou… On avance petit à petit sur ce qui se passait dans ce foyer, et les cadavres supplémentaires qui apparaissent dans l’histoire complexifient encore un peu le récit.

Finalement, j’ai passé un moment sympa, mais sans être non plus pleinement convaincue par le récit et les histoires très imagées d’Isobel, mais j’ai aimé le contexte original (aborigènes, fantôme qui n’est visible que par une seule personne…), et il fut admettre aussi de ne pas tout comprendre au récit. L’écriture est parfois particulière, et je ne sais pas comment de grands collégiens (4e/3e) accueilleront un tel récit… A voir…

A partir de 13 ans selon Ricochet.

On en parle sur les blogs : Les lectures de Mylène, La pomme qui fait du rock, Le coin d’Audrey, Le goût du risque, Les lectures d’Hatchi

Extrait à lire depuis le site de l’éditeur.

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