BD, BD fait de société

Petite maman

PETITE MAMAN, par Halim (Dargaud, 2017)

Brenda est née sans papa, sa mère était encore une adolescente. Elle a grandi seule, sans aide, avec les grands-parents pas loin. Sa mère ne se comporte pas comme telle : elle lui parle mal, va même jusqu’à l’insulter et elle la punit sans raison. Pourtant Brenda n’est pas rancunière, et aime sa mère et passer de bons moments avec. Parfois le lien mère-fille est inversée, c’est Brenda qui s’occupe de sa mère. Et quand celle-ci rencontre Vincent et qu’elle tombe folle amoureuse de lui, Brenda va subir les foudres de cet homme violent qui va détruire leurs vies.

Cet album a été présenté sur des blogs lors de mercredis BD dans l’année, et je ne l’avais pas forcément remarqué. Je suis tombée dessus à la bibliothèque, sans me douter que derrière la jolie couverture poétique se cachait une histoire très forte. Cette histoire de violences familiales, dans un milieu social défavorisé est en effet marquante, et tout s’enchaîne : l’adolescente qui devient mère très (trop) jeune, qui se met en couple avec un homme violent, retombe enceinte, puis la famille s’isole. Le comportement change, devenant de plus en plus ignoble : coups, pincements, insultes, privation de nourriture, humiliations… Toute l’enfance et l’adolescence de Brenda sont marquées par ces violences physiques et psychologiques, au point qu’elle est suivie par un psy, même devenue adulte. Le cercle infernal semble ne jamais devoir s’arrêter, c’est un récit qui est difficile à lire, tellement les situations semblent pires les unes aux autres. Les adultes ne jouent pas leur rôle d’adulte de protéger les enfants, Brenda étant parfois une Cendrillon des temps modernes (sans le bal et la rencontre avec le prince). Son petit frère subit les maltraitances même si ce n’est pas au même niveau que Brenda, qui tente de faire bonne figure quand elle est questionnée à ce propos par l’assistante sociale ou par les adultes au collège. C’est vraiment un milieu très défavorisé, où la violence l’emporte sur les mots et sur l’action, le père de famille n’ayant pas de travail stable et passant son irritation sur les membres de la famille, les uns après les autres.

Graphiquement, le dessin, utilisant seulement le noir et blanc agrémenté de teintes verdâtre claire, jouant aussi parfois sur la couleur de fond du gaufrier (noir ou – plus souvent- blanc), donne une ambiance parfois glauque à cette histoire qui se révèle bien plus profonde que son titre, ne laissant pas forcément transparaître le sujet de cet album de près de 190 planches. J’ai aimé cet aspect graphique un peu particulier, qui nous plonge sans fard dans cette histoire franchement triste, qui doit exister dans certaines familles. Le dessin est vif, les cadrages différents. On a presque l’impression de suivre une histoire filmée. Heureusement que la fin est beaucoup plus joyeuse et se termine sur une note d’espoir, la jeune Brenda étant devenue adulte. Enfin, l’album est d’un format facile à prendre en main, pas trop petit, ni trop grand.

Petite maman est un très bel album, marquant, mais au sujet si douloureux… Pas une lecture à emmener dans ses valises cet été, ni un album à lire dans les moments où on ne va pas bien… Mais une lecture à conseiller tout de même !

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Les fanas de livres, Au milieu des livres, Mes échappées livresques, Bar à BD, Domi C Lire

Premières planches à lire depuis Izneo.

Cet album est présenté dans le cadre de , et en ce dernier mercredi de l’année avant les congés d’été, c’est chez Noukette qu’on se retrouve pour découvrir les trouvailles des différents bulleurs !

Quant à moi, mes publications ne s’arrêteront pas cet été, car je compte bien continuer de publier mes billets sur les romans et bandes dessinées que je vais lire au soleil (ou que je viens juste de lire !)…

24 réflexions au sujet de “Petite maman”

    1. C’est certain que cela ne se lit pas comme ça, sur un transat au bord de la piscine… Mais c’est intéressant que la BD aborde ce genre de sujets.

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