BD fait de société, BD fantastique

L’éveil

L’ÉVEIL, par Vincent Zabus (scénario) et Thomas Campi (scénario) (Delcourt, 2020)

l'éveilArthur, jeune homme très stressé et angoissé, vit à Bruxelles en cette fin 2016. Un jour, par hasard, il se retrouve dans l’improbable projet d’une jeune femme déterminée prénommée Sandrine. Les deux n’ont rien en commun, la jeune femme est un artiste de rue (street artist) qui veut que ses concitoyens ouvrent les yeux sur ce qui les entourent. Arthur aimerait bien, au moins au départ, qu’il y ait plus avec Sandrine, mais au final, la jeune femme va entraîner Arthur dans ses péripéties nocturnes, et cela va le libérer de ses angoisses qui le torturent…

J’ai choisi cet album au seul nom de ses auteurs, que j’avais déjà lus et appréciés avec Macaroni ou Les petites gens… Ici, j’ai trouvé que la couverture était déjà très étrange, pas très lisible, avec ce titre suspendu tel une oeuvre d’art… Au final, dans l’histoire on comprend vite que ce procédé est réutilisé à chaque nouveau chapitre, avec les lettres qui s’insèrent dans le paysage. C’est assez bizarre et inhabituel comme procédé, mais on s’y fait vite, tout comme on comprend rapidement que le jeune garçon qui parle avec Arthur n’est autre que lui-même quand il était petit. On sent un Arthur névrosé, inquiet à la moindre difficulté, incapable de prendre des décisions et c’est Sandrine qui va l’amener, au départ, en le bousculant, à quitter ses psychoses… Ses passages à l’hôpital en tant que visiteur de malade font office de séances psy, et n’apportent pas véritablement grand-chose, si ce n’est montrer son incapacité à faire des choix, à s’affirmer La fin est inattendue, soudaine, mais au final loin d’être mauvaise. Elle permet de s’interroger sur le moment présent, le temps qui passe et ce qu’on veut faire de sa vie…

Graphiquement, j’aime beaucoup le trait de Thomas Campi, assez en longueur, très posé et calme. Il y a quelques cases qui lorgnent du côté du fantastique, lorsque par exemple les bras d’Arthur lui tombent véritablement (ou c’est plutôt les mains), et c’est son « lui » jeune qui va l’aider à remonter la pente… J’ai beaucoup aimé les cases où le jeune Arthur s’adresse à nous autres lecteurs en disant qu’ils ont besoin d’être seuls, et lorsque la porte de l’appartement se ferme, car on se croirait presque au théâtre, et cela inclut vraiment le lecteur dans le récit…

Voici donc un album désarçonnant, original, mais qui peut ne pas plaire si on n’embarque pas dans la folie du scénario… C’est assez « barré », mais ça m’a globalement plu. Pas certaine par contre que ça me marque longtemps, mais bon, cela aura été quand même un bon moment de lecture !

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Mes échappées livresques, La bibliothèque de Noukette, A voir à lire, Papier bulles

Extrait à lire sur Izneo.

Cet album participe à labd bleu, aujourd’hui chez Noukette !

23 réflexions au sujet de “L’éveil”

  1. Je suis d’accord avec toi, je comprends qu’on puisse passer à côté, ce fut le cas de Moka d’ailleurs. Si ce n’est pas ma préférée du duo (il me reste encore à lire Macaroni par contre !), j’ai moi aussi passé un bon moment !

    Aimé par 1 personne

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