Romans jeunesse

Falalalala [roman]

FALALALALA, par Emilie Chazerand (Sarbacane, 2019, coll. Xprim)

falalalalaChez les Tannenbaum, on est différent de mère en fille : on est atteint d’achondroplasie, autrement dit de nanisme. Richard, le seul homme de la famille, n’est pas atteint de la même maladie que sa mère, sa tante, sa grand-tante, sa grand-mère et ses cousines. Les 7 femmes Tannenbaum mènent leur commerce à Tannenland, et tout va pour le mieux sous la direction de la grand-mère Bettina, jusqu’au jour où Ludovika envoie son cousin dans un groupe de parole pour aidants et qu’elle-même, suite à une opération cardiaque, se décide à lister les 9 choses à faire avant sa mort…

 

J’ai emprunté ce roman dans ma bibliothèque habituelle, sur le seul nom de l’autrice dont j’avais beaucoup aimé La fourmi rouge. Là, je n’ai même pas lu le résumé pour savoir de quoi il s’agissait. Dès le départ, j’ai été un peu intimidée par la taille de ce pavé de plus de 400 pages, mais je ne me suis pas laissée démonter. Et au final, ce fut une lecture en demi-teinte… Cette impression n’est pas liée à l’histoire qui est originale, légèrement folle et avec des personnages globalement attachants. J’ai aimé tous les mots inventés par l’autrice qui met en verbe des noms communs, qui fait de jolies références culturelles aussi. L’humour est très présent dans le style employé.

Mais le vrai bémol a été pour moi les digressions très nombreuses et longues qui ont véritablement alourdi ma lecture, au point que j’ai mis presque 3 semaines pour lire (difficilement, avouons-le) ce texte qui ne m’a pas embarquée comme je l’aurais voulu. Plutôt que le récit qui avance, on a le droit à des souvenirs, des réflexions plus ou moins liées de Richard ou de sa cousine Lulu… Cela a été vraiment perturbant pour moi, parce que cela ne fait pas avancer le récit principal et que parfois il m’a fallu retourner en arrière pour savoir là où on en était…

C’est surtout sur la fin que ça se précipite, que tout se relie. Mais pendant les 100 ou 150 premières pages, j’ai failli abandonner plusieurs fois, ne comprenant pas où l’autrice voulait mener son lecteur. C’était vraiment trop fouillis pour moi. Cela partait dans tous les sens, l’autrice donnant en plus des noms à des objets (la boîte à oeufs pour le fourgon familial, Quentin pour le coeur artificiel de la cousine…), alors cela donne encore plus de « personnages », et parfois les allusions sont assez tordues.

Chose réjouissante par contre, il y a des références nombreuses à l’Alsace et à la ville de Strasbourg, avec ses rues, ses magasins et librairies, ses arrêts de tram… Je n’ai passé qu’une semaine là-bas (je suis de l’autre côté de la France), mais j’ai reconnu des lieux fréquentés pendant un mois d’août il y a quelques années. J’ai découvert les bredele, imaginé les odeurs et les goûts de ces gâteaux, ainsi que des expressions typiquement alsaciennes que l’autrice semble prendre un malin plaisir à insérer dans son récit, en note de bas de page.

Falalalala est un roman original, qui part parfois souvent dans tous les sens, mais qui se révèle aussi profondément humain sur les rapports d’une famille pour le moins hors-du-commun. On rit (souvent), on pleure (un peu) et on est émus par les failles de chacun… Un texte que je suis contente d’avoir lu, même si cela a été bien compliqué (j’ai souvent pesté contre les digressions, pour rire deux minutes après sur le vocabulaire employé ou le rebondissement inattendu…)

A partir de 16 ans selon Ricochet, 13 ans selon l’éditeur (un peu jeune selon moi, car il y a quand même un certain nombre de références sexuelles…).

On en parle (beaucoup) sur les blogs : Les lectures de Marinette, La tête en claire, Lire sous le tilleul, Hashtag Céline, La licorne à lunettes, journal d’un éternel ado, Les pages qui tournent

2 réflexions au sujet de “Falalalala [roman]”

  1. Je suis d’accord sur le fait que 13 ans est trop tôt pour ce roman…. Et je suis rassurée de voir que, même si tu as apprécié, le début fut autant difficile pour moi que pour toi… C’est effectivement trop fouillis ! Dommage, car cela a fait perdre pas mal de lecteurs… Bref, une critique intéressante et bien nuancée ! Merci pour le lien. 😉

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