Romans jeunesse

Elles [roman]

ELLES, par Sophie Rigal-Goulard (Rageot, 2019)

ellesMarina a 13 ans et vient de déménager après la séparation de ses parents. La voici dans une nouvelle ville avec sa mère et son petit frère, Vania. Elle a laissé sa meilleure amie Cam, qui ne l’oublie pas en lui envoyant des messages. Elle n’a pas envie de se faire repérer dans son collège, et ment dès qu’il s’agit de mentionner sa mère… Marina a honte de sa situation familiale et ne se lie à personne. Sa mère rencontre de graves problèmes et elle n’a personne à qui en parler…

J’aime bien ce qu’écrit Sophie Rigal-Goulard, qui aborde des sujets graves dans ses romans pour ados (par exemple l’enfance maltraitée dans le combat de Rudy). Ici, le sujet reste sociétal, avec l’alcoolisme d’un membre de la famille, et les enfants qui doivent taire la situation, de peur d’être repérée par l’assistante sociale et d’être enlevés à leur mère. Le texte est bien écrit, dans le sens où on ne découvre pas dès le début le fléau qui mine la famille. C’est juste sous-entendu au départ, on comprend très vite qu’il y a un problème, mais ce n’est pas clairement dit, et au fil des pages, tout se dévoile…

Il y a aussi un parallèle avec une adulte prénommée Justine, la nouvelle prof-doc du collège (la belle erreur de la page 20 n’a pas été repérée malgré les relectures, m’a indiqué l’autrice lors d’une rencontre au printemps dernier… espérons que ce soit corrigé en cas de réimpression) qui a aussi connu des problèmes et commence à reprendre confiance en elle… J’ai trouvé le parallèle intéressant, entre l’ado mal dans sa peau, et l’adulte qui commence à reprendre sa vie en main après des problèmes à l’adolescence (et des relations familiales très compliquées, à cause de l’alcoolisme paternel), mais c’est vraiment Marina qui est le centre de cette histoire psychologique. Je n’ai pas spécialement accroché avec Justine, que j’ai trouvée froide et peu avenante, mais cela contrebalance l’histoire de Marina, et lui montre, en filigrane qu’on peut se sortir de situations que l’on pense inextricable. J’ai trouvé le texte facile à lire, avec l’alternance de la voix dans les courts chapitres, mais j’ai juste eu un peu de mal au départ avec l’usage du Elle et du Lui pour désigner la mère de famille qui rencontre une mauvaise passe, ainsi que le père qui a refait sa vie après la séparation. On a au fur et à mesure des pages des détails sur le gouffre dans lequel s’enfonce la mère de famille, qui noie son désespoir dans l’alcoo

Un peu moins de 200 pages qui se lisent facilement, et un texte fort et plein d’espoir sur un sujet peu abordé en littérature jeunesse contemporaine…

A partir de 12 ans selon Ricochet.

On en parle sur les blogs : Sophie lit.ca, Lirado

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