BD engagée, BD fait de société, BD historique

Alice Guy

ALICE GUY, par Catel et Bocquet (Casterman, 2021, coll. Ecritures)

aliceBiographie dessinée de la première femme qui a réalisé des films, après avoir côtoyé Léon Gaumont, les frères Lumière, Georges Méliès et autres pionniers du cinéma. Née dans une famille française qui avait émigré en Amérique du Sud pour les activités du père, Alice a vécu trois ans auprès de sa grand-mère avant de rejoindre le reste de sa famille au Chili, avant d’être envoyée dans un pensionnat en Suisse puis en France. Déjà toute petite, Alice se révèle pleine de ressources. Et quand elle est embauchée comme secrétaire par monsieur Gaumont pour la société Richard, elle va prendre de plus en plus d’assurance, allant même jusqu’à proposer de réaliser son propre film, alors que le cinéma n’en est qu’à ses balbutiements… Alice devient la première femme à réaliser un très court film, nommé « la fée aux choux »… C’est le début de sa carrière cinématographique, qui va se poursuivre ensuite aux Etats-Unis avec son mari, rencontré à Paris…

Voici une biographie qui a fait parler d’elle lors de sa sortie à l’automne dernier. C’est l’occasion de mettre en lumière une femme dont le parcours exceptionnel a été oublié. A vrai dire avant de lire cet album, je n’avais jamais entendu parler d’Alice Guy, comme beaucoup certainement…

J’ai retrouvé le style des auteurs, déjà lus avec Josephine Baker ou Kiki de Montparnasse, et connus aussi pour Olympe de Gouges. Comme à chaque fois, le chapitrage est chronologique, avec à chaque fois une date et un lieu, pour situer l’action. Ici, j’ai plus apprécié la première partie sur son enfance, entre le Chili et l’Europe, et même si j’ai trouvé la suite sur ses aventures cinématographiques très riche, ce ne fut pas forcément toujours clair quand on n’y connaît rien ou pas grand-chose. Il y a des références historiques, des personnages célèbres (Gaumont, Lumière, Chaplin, Keaton…), on sent qu’elle a côtoyé tout ce monde, participants d’une époque de pionniers du cinéma, qui a pourtant totalement ignoré son nom pour l’histoire…

Graphiquement, le style de Catel, avec un trait clair en noir et blanc, s’adapte tout à fait au personnage, avec les grandes robes, les chignons. On imagine facilement la femme assez chic, naviguant dans un milieu masculin pas franchement favorable à l’arrivée d’une femme parmi eux. Le gaufrier que la dessinatrice utilise est varié, mêlant les petites vignettes à celles plus grandes allant jusqu’à la page entière. C’est plaisant à parcourir, sans redondance.

Comme les albums précédents, en fin d’album, il y a des biographies très complètes (écrites en tout petit par contre) sur la plupart des personnages rencontrés au cours de sa vie. On sent que les auteurs se sont impliqués dedans aussi, pour être le plus complet et précis possible, tout en actualisant également avec les descendants de la cinéaste. Ce n’est pas du tout inintéressant, mais c’est très dense à lire. Au total, cet album d’environ 320 planches suivies d’une soixantaine de pages d’annexes (biographie et chronologie), est intéressant pour découvrir la vie et l’œuvre d’une femme hors du commun dont le parcours et le nom n’étaient pas arrivés jusqu’à nous. Voilà une erreur réparée avec cet album globalement intéressant, mais surtout destinés aux fans de cinéma.

A partir de 13 ans selon l@BD.

Premières planches à voir sur Izneo.

On en parle sur les blogs : Le jardin de Natiora, Délivrer des livres, Vivrelivre, Au milieu des livres, Des livres des livres

Cet album participe à bd, cette semaine chez Stephie qui regroupe les publications des participants !

6 réflexions au sujet de “Alice Guy”

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s