Romans adulte

Pourquoi pas la vie [roman]

POURQUOI PAS LA VIE, par Coline Pierré (Editions L’Iconoclaste, 2022)

pourquoi pas1963, 11 février, il fait affreusement froid à Londres, et Sylvia Plath, connue sous le nom de Mrs Ted Hughes, poète, décide de mettre fin à ses jours d’une manière assez radicale, en s’intoxicant au gaz. Elle a minutieusement préparé son objectif, en veillant à ce que ses deux jeunes enfants, Nicholas et Frieda, 1 et 3 ans, n’accomplissent pas avec elle son funeste destin…

Et si cette tentative avait échoué ? Que serait devenue cette poétesse qui commençait à se faire un nom ?

Voici un roman adulte d’une autrice déjà lue sur ce blog (Ma fugue chez moi, Introverti.e.s mode d’emploi), que j’avais repéré sur les réseaux sociaux à sa sortie au tout début du printemps, puis acheté pour une collègue qui changeait d’établissement à la fin de l’année scolaire dernière.

J’ai presque tout de suite accroché à ce texte qui démarre par le suicide de Sylvia Plath, poétesse que je découvre à l’occasion de cette lecture. C’était vraisemblablement une femme dépressive qui avait décidé de mettre fin à ses jours alors que ses deux jeunes enfants dormaient dans la pièce d’à côté, quelques temps après que son mari, poète reconnu, ait décidé de les abandonner pour aller vivre une histoire avec une autre femme.

L’intérêt de ce roman, c’est que Coline Pierré imagine ce qui se serait passé si le suicide n’avait pas eu lieu, si le gaz du four dans lequel elle avait mis la tête n’avait pas réussi à l’emporter à l’âge de 30 ans, si sa fille de trois ans l’avait empêché d’exécuter son plan… L’autrice fait référence à des textes de la poétesse, qui ont été publiés depuis, retravaillés par son ex-mari. Elle imagine leur divorce, l’émancipation de Sylvia qui va essayer de se lancer dans l’adaptation de son roman en comédie musicale, qui va aussi se rendre à un concert des Beatles, se faire une amie..

Le récit est vivant, de plus en plus vivant même, Sylvia abandonnant ses tendances suicidaires pour profiter de la vie, s’émanciper de sa vie d’épouse et de mère, pour vivre pour elle, s’accomplir en tant que femme et poétesse. Il y a plein de belles phrases dans ce texte, des phrases qui résonnent sur l’égalité entre les sexes, la dépendance des uns envers les autres, les attentes et les souhaits de chacun.

J’ai dévoré le texte en quelques jours, happée par le destin imaginaire de cette femme, qui côtoie peu de monde, hormis ses enfants, sa jeune fille au pair d’origine française, son meilleur ami Al, son éditeur, Greta sa collaboratrice et amie lesbienne… On en vient presque à oublier que dans la réalité, l’héroïne est décédée, tellement l’écriture de l’autrice est fluide et entraînante…

Une bien belle découverte, qui est à faire lire aux jeunes femmes et à tout lecteur qui s’intéresse à un drôle de destin. Pour terminer, j’ai aimé à la fin que l’autrice explique ce qui s’est vraiment passé, qui a vraiment existé et qui est sorti de son imagination, ce que sont devenus chacun des protagonistes que Sylvia a croisés de son vivant…

Un véritable plaisir de lecture !

Pour les adultes.

On en parle sur les blogs : Pages versicolores, Blog-o-noisettes, The unamed bookshelf, Lili au fil des pages, Christlbouquine

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