BD fait de société, BD fantastique

La dame blanche

LA DAME BLANCHE, par Quentin Zuttion (Le Lombard, 2022)

zuttionEstelle est une jeune femme qui travaille dans un établissement pour personnes âgées. Elle s’attache beaucoup aux résidents, qu’elle aide dans les tâches de la vie quotidienne. Elle s’y attache un peu trop, au point qu’elle garde un souvenir de chacun d’entre eux, une fois que celui-ci est décédé : un objet ou un bijou de pacotille qui lui rappelle le défunt… Personne n’est au courant de cette boîte aux trésors, sauf son petit-ami qui la découvre par inadvertance. Plus le temps passe, plus c’est difficile pour Estelle de supporter que les personnes qu’elle accompagne la quittent… Il n’y a que les soirées avec son amie et collègue qui lui permettent de se sentir bien, mais c’est un effet instantané qui ne dure pas, et le retour au travail est toujours compliqué… Comment Estelle va-t-elle réussir à gérer la situation ?

Ce n’est pas la première fois que je lis un album de Quentin Zuttion, jeune auteur qui s’était fait repérer avec Appelez-moi Nathan sur un ado qui changeait de sexe ou encore Touchées sur les violences faites aux femmes. La thématique est encore différente ici, avec la vie d’une infirmière ou aide-soignante qui s’attache trop aux patients dont elle a la charge… Elle n’arrive pas à accepter que ce soit la fin de la vie de ces personnes et vit de plus en plus mal les décès.

Graphiquement c’est agréable : le trait est assez simple, sans trop de détails, un peu flou même par moments. L’auteur joue parfois sur le côté fantastique, par exemple avec la dame qui perd la tête et croit qu’elle est jeune avec une de ses amies qu’incarnerait Estelle. C’est bien fait, en utilisant le miroir (on comprend vite la double situation). On a des tranches de vie, des retours dans le passé des résidents, quelques rencontres avec leurs familles, les temps des repas…

Au niveau des couleurs, l’album est totalement dans les tons bleus et l’auteur parsème de touches de couleur (à l’aquarelle ?) lorsqu’il y a des moments joyeux ou plus doux. Ce bleu donne un ton austère à la situation (en même temps en maison de retraite, la vie n’est pas franchement réjouissante), c’est bien trouvé et ces couleurs nous plongent bien dans l’ambiance. Il y a aussi des touches de marron pour les tâches de vieillesse, comme si l’auteur voulait accentuer sur l’âge des personnages, et nous montrer la vieillesse telle qu’elle est (et non pas édulcorée : d’ailleurs l’album commence avec une toilette mortuaire dans laquelle il ne cache pas grand-chose…). La fin est originale, et j’ai terminé avec un « whah » d’étonnement parce qu’elle m’a bien surprise. Je ne m’y attendais pas, mais en même temps, je ne voyais pas comment cela allait bien pouvoir se clôturer…

La dame blanche est une belle histoire bien menée, dans laquelle on s’attache aux personnages, que ce soit le personnel soignant ou les personnes âgées. J’ai rarement lu d’album sur la vieillesse et la fin de vie, cela ne m’a pas vraiment réconcilié avec l’idée de vieillir (pas envie de finir comme ça !), mais le trait doux de Quentin Zuttion passe très bien. Un beau moment de lecture !

A partir de 15 ans selon l@BD.

Premières planches à voir sur Izneo.

On en parle sur les blogs : Mes échappées livresques, Pages versicolores, Little pretty books, BD chroniques de Jacques Schraûwen, Madame point virgule, Au fil des livres

Cet album participe à bd et aujourd’hui c’est Noukette qui récapitule sur son blog les publications des autres lecteurs et lectrices de bulles…

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5 réflexions au sujet de “La dame blanche”

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