Albums jeunesse

Emma à New-York

EMMA A NEW-YORK, par Claire Frossard et Etienne Frossard (Belin jeunesse, 2013)

Emma est un petit moineau qui vit avec ses parents à Central Park, au coeur de New-York. Son oncle reçoit régulièrement des cartes d’une cousine qui vit à Paris, alors pour Emma, c’est décidé : elle veut elle aussi partir à l’aventure, et voir la Tour Eiffel ! Ses parents la laissent partir, mais Emma, une fois sortie de Central Park, décide de visiter la ville où elle est née : Broadway, Little Italy, le pont de Brooklyn, le Flatiron building…

Voici un bien joli album pour jeunes voyageurs. Il mêle les dessins et les vraies photos de New-York, c’est très agréable à lire et à parcourir. C’est un vrai carnet de voyage, qui donne envie (même aux plus grands des lecteurs !) de visiter cette ville qui ne dort jamais. L’histoire n’est pas spécialement rapide à démarrer : le petit moineau veut aller à Paris, mais avant de partir, prend le temps de visiter sa ville de naissance, en sortant de Central Park. Mais cela peut aussi vouloir dire qu’on ne fait jamais vraiment attention à ce qui nous entoure, et qu’on peut y découvrir des choses intéressantes sans forcément partir à des milliers de kilomètres… Cet album peut aussi être une très bonne introduction à un voyage, qu’il soit à New-York ou dans n’importe quelle autre ville. Le thème de la famille est abordé de façon très intéressante : les parents d’Emma ne l’empêchent pas de réaliser son rêve, et même s’ils ne l’aident pas concrètement, ils lui souhaitent le meilleur et ne tentent pas de la décourager. C’est donc un bel esprit qui entoure cet album, que j’ai beaucoup aimé. Il paraît même que la suite sur Paris est sortie… C’est dire s’il s’agit d’un album à suivre !

Non mentionné sur Ricochet, l’éditeur le classe dans la collection « albums 3-7 ans ».

On en parle sur les blogs : Sous le feuillage, L’ouvre-livres, Sur la route de Jostein, Thé lecture et macarons (Syl), She wore blue velvet

Quelques pages de l’album à lire sur le site de l’éditeur.

Le site de l’illustratrice Claire Frossard.

Chronique radio sur l’album à écouter sur France inter (émission du 19 mai 2013)

3/10

Albums jeunesse

Yeghvala la belle sorcière

YEGHVALA LA BELLE SORCIÈRE, par Catherine Gendrin et Nathalie Novi (Didier jeunesse, 2012, coll. grands contes)

Yeghvala est une tzigane née sorcière. La nuit suivant sa naissance, au milieu d’une forêt des Carpates, elle est intégrée au cercle des sorcières du monde, et chacune des sorcières fait un voeu : Yeghvala sera d’une beauté inégalée grâce à ses cheveux qu’elle ne coupera pas, elle aura un solide appétit, celui qui l’aime voudra la tuer, elle saura soigner par les plantes… Une fois grande, Yeghvala tombe amoureuse de Zlato le forgeron, qui n’est pas intéressé par elle. Avec ses potions et ses incantations de sorcière, elle parvient à ses fins et épouse le jeune homme. Plusieurs années passent, Yeghvala et Zlato ont cinq enfants et la jeune mère est toujours plus belle. Zlato s’interroge et va consulter Mara, une sorcière voyante, qui lui conseille de surveiller ce que fait sa femme les nuits de pleine lune et si c’est une sorcière toujours jeune et belle, lui indique de la brûler pour la sauver, elle et sa famille… Les présages des sorcières à la naissance de Yeghvala se mettent en oeuvre…

C’est un superbe album jeunesse sur le thème de l’amour qui peut durer quelles que soient les épreuves. J’ai beaucoup aimé les illustrations, avec des couleurs magnifiques, sur une page ou en double page. Il y a pas mal de texte, mais au niveau de la mise en page, il s’accorde complètement avec les illustrations : les portraits de Yeghvala et Zlato sont particulièrement réussis. On s’immerge complètement dans cette histoire qui comporte beaucoup de magie au départ (et un certain nombre de noms de sorcières des différentes régions du monde : les Erinyes, la Ghoule, les Ménades, les Moires…). L’histoire d’amour entre les jeunes gens est certes artificielle (c’est la jeune femme qui lance un sortilège pour que Zlato tombe amoureux d’elle) mais on n’a plus l’impression ensuite que le sort agit, et plus que Zlato aime sa femme de sa propre volonté. C’est donc un joli album, riche en textes et en illustrations, qui se lit avec plaisir. Quelques légers bémols cependant : dans le conte, on parle d’un vase en cristal dans lequel est placé la rose, mais l’illustration en face du texte montre une rose sous une cloche en verre. De plus, le comportement de Zlato envers sa femme est parfois sacrément violent : « il la prend fermement, lui ligote les poignets puis les jambes », et sur la fin « elle se débat, se tord, supplie ». C’est assez particulier comme relation à l’autre, n’est-ce pas ? Enfin, je trouve parfois Yeghvala égoïste : dans la seconde partie du livre, elle profite de la bonté et de l’argent du vieil homme qui l’épouse, et elle le vole sur la fin de l’histoire. Mais globalement, j’ai tout de même un avis positif sur cet album.

Non mentionné sur Ricochet, mais cet album fait partie de la sélection Education nationale – niveau collège, et de la sélection CM2/6ème du prix des incorruptibles.

On en parle sur les blogs : Capocapesdoc, Ma cabane à livres, Enna lit, Les lectures de Liyah

2/10

Albums jeunesse

Kongjwi, l’autre Cendrillon

KONGJWI, L’AUTRE CENDRILLON, par Lim Yeong-hee (texte) et Marie Caillou (illustrations) (Père Castor / Flammarion, 2013)

Réécriture du conte de Cendrillon, en version coréenne. Ainsi, il n’y a pas de marraine bonne fée, mais c’est une vache noire qui descend du ciel, par des éclairs ! Le conte de Cendrillon est facilement reconnaissable : l’horrible belle-mère et sa fille odieuse, la pauvre petite Kongjwi qui fait toutes les tâches de la maison, même les plus ingrates (en Corée, il s’agit de remplir une jarre à eau percée et décortiquer du riz étalé dans la cour). Ce n’est pas un prince mais un gouverneur qui organise une fête au village, ou dans son palais (on ne sait pas trop). Le conte coréen est par contre plus animalier que sa version occidentale : c’est également un gros crapaud qui vient pour aider Kongjwi à combler le trou de la jarre, et aussi des moineaux qui l’aident à décortiquer le riz. Bref, il y a une forte présence de la nature dans ce conte, dont on connaît tous la fin…

Kongjwi, l’autre Cendrillon est un album d’un très grand format (difficile à ranger, donc), avec une couverture très flashy. On ne peut pas manquer le rose fluo, et on s’attend à une explosion de couleurs dans cet album. Pas manqué, l’album utilise des couleurs très vives (et encore du rose fluo, un peu trop vif à mon goût), en alternant les pleines pages et les dessins plus petits complétant la page de texte. L’esprit asiatique de l’histoire est très marqué : les femmes portent les tenues traditionnelles (le hanbok, sorte de grande robe ample). J’ai aimé découvrir cette version étrangère originale, qui reflète une culture complètement différente de la notre. Les dessins sont magnifiques et les couleurs vives donnent un aspect joyeux à cette histoire : une fois le soulier enfilé, le hanbok quitte ses couleurs ternes et reprend ses couleurs d’origine, étincelantes… Même la fin est plus réjouissante que dans notre version de Cendrillon : la belle-mère et sa fille sont même invitées au mariage ! C’est donc un très joli album !

Non mentionné sur Ricochet.

On en parle sur les blogs : Blogonoisettes, Des livres etc, Le grenier à livres de Choco, Mya’s books

Consulter le site de l’illustratrice française Marie Caillou. Pour voir des extraits de l’album sur ce même site, suivez ce lien !

C’est ma première participation au challenge lancé par Hérisson !

1/10

Albums jeunesse

Le loup qui mangeait n’importe quoi

LE LOUP QUI MANGEAIT N’IMPORTE QUOI, par Christophe Donner et Manu Larcenet (Mango jeunesse, 2013)

En plein hiver, près du bois de Saint Cloud, un loup a très faim. Alors il est capable de dévorer n’importe quoi, quitte à manger les symptômes de ses victimes : une brebis qui a des problèmes de renvois gastriques, un cochon qui pète, un petit garçon qui mange ses crottes de nez, des jumelles qui se rongent les ongles et se tortillent les cheveux… Ce loup est vraiment trop gourmand ! Mais une fois qu’ils est atteint des maux de ses victimes et ne peut plus les supporter, il va chercher à se venger. Mais chez qui ?

Voici un album qui a fait du bruit à sa sortie en septembre dernier. En effet, ses auteurs sont connus : Christophe Donner le scénariste, a fait de nombreuses histoires à l’Ecole des Loisirs, et Manu Larcenet est un auteur de BD (re)connues, comme Le combat ordinaire, Blast, Le retour à la terre… Et donc sur la blogosphère, on en a pas mal parlé. Alors quand j’ai vu cet album en bibliothèque, ni une ni deux, il était dans mon sac !! Cet album est de très grand format (difficile à ranger dans une étagère), et fut une très bonne lecture pour moi, qui m’a fait passer un bon petit moment. Chose qui m’arrive très rarement : je l’ai lu à voix haute. En effet, il y a tout un jeu autour de la langue : des alexandrins et des rimes bien trouvées. L’histoire est assez classique avec son héros le loup, mais comporte une bonne dose d’humour. Les rencontres avec les victimes sont cocasses, car les victimes sont particulières avec leur caractéristique. J’ai aimé le texte empreint d’une certaine poésie, mais ai regretté qu’il y ait du vocabulaire compliqué (alors pour les jeunes lecteurs, ça doit être encore plus complexe à comprendre, je pense car je n’ai pas testé avec des enfants). Au niveau du dessin, on reconnaît sans peine le trait de Manu Larcenet. Comme d’habitude, il est agréable, et alterne les pleines pages et les dessins plus petits. Parfois avec la disposition, j’ai trouvé que ça ressemblait à de la BD (3 cases, bien que non-marquées, en une page), et je me suis dit que cet album pouvait être une première approche des jeunes lecteurs envers la bande dessinée… Bref, un bon album jeunesse, qui mêle dessins de qualité (avec une préférence tout de même pour les petits oiseaux disséminés dans les pages) et texte bien écrit. La fin est en plus très drôle ! A conseiller à tous !

A partir de 5 ans selon Ricochet.

On en parle (en positif ou pas, d’ailleurs) sur les blogs : Soupe de l’espace, La bibliothèque de Noukette, D’une berge à l’autre, Sans connivence, Les jardins d’Hélène

Albums jeunesse

Le crocolion

LE CROCOLION, par Antonin Louchard (Thierry Magnier, 2013)

Titi, un petit lapin, interroge son père sur l’Afrique : quel est le plus grand fleuve, la plus haute montagne, le plus grand pays… Comme son papa est le plus savant des papas, à chaque fois il a la bonne réponse. Mais quand Titi demande quel est l’animal le plus méchant d’Afrique, son papa ne sait pas. Il propose d’abord le lion, ensuite le crocodile, mais ce n’est pas la bonne réponse. Titi le sait : l’animal le plus méchant d’Afrique, c’est le crocolion ! Mais d’ailleurs, pourquoi est-il si méchant ??

Voici un album jeunesse dont j’avais entendu une chronique à la radio, et lorsque je l’ai trouvé à la bibliothèque, je n’ai pas hésité une seconde. La chronique radiophonique était tentante, alors je me suis dit que j’allais passer un petit moment sympa avec cette histoire. Pas manqué, l’histoire est agréablement drôle. Elle commence de façon documentaire, avec des informations (réelles) sur l’Afrique, pour dériver ensuite sur un animal fantastique, le crocolion. L’aspect documentaire est intéressant, c’est une première ouverture sur le monde pour les jeunes enfants. J’ai aimé aussi le dialogue entre le père et le fils, comme ça peut se passer dans la vie réelle. L’enfant croit que son père est le plus intelligent du monde, parce qu’il a toutes les réponses à ses questions. Mais là sur la fin, ça dévie complètement du sujet sérieux, et ça part dans le loufoque, j’ai beaucoup aimé ! De plus les dessins sont simples mais réalistes, les couleurs douces et la couverture est découpée sur les dents de l’animal, ce qui fait qu’on voit le lapin qui se trouve à l’intérieur de l’album. Bref, un joli objet doté d’une jolie histoire qui fera rire les petits avec sa chute déjantée !

A partir de 5 ans selon Ricochet.

On en parle sur les blogs : Sans connivence, Chez Clarabel, Les jardins d’Hélène, Livresse

Ecouter la chronique de France Culture, d’une durée de 2 minutes, sur cet album (cliquer sur le symbole « lecture » pour ouvrir le player).

Albums jeunesse

Un ours comme ci, un ours comme ça

UN OURS COMME CI, UN OURS COMME ÇA, par Agata Krolak (Rue du monde, 2012)

Un nouvel album cartonné sur un principe simple : les différences. J’aime bien ces petits livres cartonnés, assez petits pour être pris en main tout seul, et assez grands pour contenir des illustrations. Là le principe des différences est assez commun : petit/grand, jeune/vieux, bavard/timide, fort/faible… mais on va dire que cela change des couleurs et des formes…

Le dessin est franchement simple, presque naïf (quelques extraits sur le site de l’auteur). L’ours occupe entre la moitié et les trois quarts de la page, et du premier coup d’œil, il n’est pas forcément évident de voir la différence entre les deux ours sur la double page. Nous adultes, avons les adjectifs en haut de chaque page, mais pour les enfants, je ne sais pas s’ils arrivent à distinguer facilement les deux ours. Par contre, j’ai aimé l’alternance de couleur du fond, tour à tour beige ou noir, car cela donne une dynamique à l’histoire. Il y a peu de couleurs, parfois quelques points sur les décors noirs ou beiges. Il reste néanmoins que je ne reste pas fan du trait, car à moins que l’auteur polonaise ne soit une enfant, je ne trouve pas ça spécialement joli, pas très « évolué ».

Pour tout dire, je n’aurais pas choisi d’emprunter cet album en bibliothèque si ma fille ne l’avait pas pris toute seule dans le bac jeunesse…

A partir de 2 ans selon certains sites web, non mentionné sur Ricochet.

Le site d’Agata Krolak, en anglais.

Albums jeunesse

New-York en pyjamarama

NEW-YORK EN PYJAMARAMA, par Michaël Leblond et Frédérique Bertrand (Rouergue, 2011)

Un petit garçon s’endort et rêve qu’il est à New-York… Il va vivre une fabuleuse aventure dans la ville qui ne dort jamais : tout s’anime !

Dès que j’ai vu cet album en bibliothèque, j’ai sauté dessus ! Je l’avais repéré dans un salon de littérature jeunesse et j’avais trouvé le concept très original. Pourtant, d’extérieur, l’album n’a rien de particulier : la couverture est assez terne même, une couleur unique, sur du carton assez basique. Mais à l’intérieur quelle surprise ! Il faut faire bouger la feuille magique (un transparent rayé) pour voir le dessin bouger. C’est très bien fait et ça a un petit esprit désuet charmant. L’album utilise la technique de l’ombro-cinéma, selon laquelle il faut bouger la feuille transparente pour voir s’animer la page : ainsi les roues tournent, les voitures avancent sur les routes, les lumières s’animent, les feuilles des arbres des parcs bougent : bref tout New-York qui vit sous ses yeux. C’est impressionnant comme système, et ça permet vraiment de faire vivre l’histoire. Pour tester, voir la vidéo à la fin de cet article.

Le dessin autre que les éléments qui bougent est assez simple : les traits sont droits, assez secs. Le petit garçon en pyjama rayé fait presque découpé et rajouté certaines doubles pages, de même pour certains objets (les autos, les panneaux directionnels). Ce côté bricolé donne un charme certain à cet album de grand format. Autre originalité : l’album se lit dans un sens original : il faut tourner le livre à 90 °, pour avoir la page gauche en haut et la page droite en bas. Mais c’est facile à faire, car le texte est aussi écrit dans ce sens, donc il suffit de suivre le récit. A propos du récit justement, il est simple, car c’est le petit garçon en pyjama qui raconte, donc utilise un vocabulaire basique et descriptif.

Petit bémol, c’est tout de même un objet fragile, la couverture est très souple et il ne faut pas abîmer ou perdre la feuille sans laquelle la magie de l’histoire ne fonctionne plus. A ne pas mettre donc dans les mains des plus petits sans accompagnement…

A partir de 3 ans selon Ricochet.

On en parle sur le Net : La soupe de l’espace, Dada la revue d’art, la littérature jeunesse de Judith et Sophie, l’accoudoir

La page Facebook du monde en pyjamarama.

Albums jeunesse

Le puits

Le puits, par Nadine Robert, Brigitte Henry et Christopher Duquet (La pastèque, 2012, coll. Pamplemousse)

Un ours trouve un vieux puits sur un petit chemin dans un petit bois. Pour savoir ce qu’il y a dedans, il décide de mettre un caillou dans le seau du puits. Le lendemain, en remontant le seau, il trouve des pommes, avec lesquelles il va faire une tarte. Il retente sa chance le lendemain avec une branche, et récolte le lendemain des pivoines…. Le puits serait-il magique ? Que va-t-il trouver chaque matin dans le seau ?

Voici un album jeunesse cartonné que j’ai choisi pour son éditeur, La Pastèque, qui édite bon nombre de BD, dont les aventures du fameux Paul. Cet album québécois est original : tel un roman-photo (hormis les bulles, absentes), il est composé de photographies mettant en scène un ours en laine et divers objets qu’il récolte dans son seau. Les cadrages sont toujours différents : gros plan, plongée, contre-plongée… Les objets présentés font très réels (fleurs, plumes, œufs). J’ai beaucoup apprécié que ce soit des photos, pour montrer la réalité (et non pas comme certains albums ou imagiers pour les tout-petits qui ajoutent par exemple des yeux et un sourire aux objets). Le livre est d’un format assez grand, et est épais (40 pages) : difficile pour les petits de le tenir en main, mais facile de tourner les pages une fois assis ! Le texte est écrit assez gros, avec certains mots plus gros encore, peut-être pour que les parents accentuent ces mots-là lors de la lecture, je ne sais pas. En tout cas, le puits est une jolie histoire, un peu rétro, avec une jolie fin poétique mais quelque peu irréaliste pour nous les grands (!)

A partir de 2 ans selon Ricochet.

On en parle sur les blogs : Les petits bouquins, Librairie Tire-lire, La cause littéraire, Le blogre.

Consulter le site de l’éditeur.

Albums jeunesse

Zo et Lou et les contraires

ZO ET LOU ET LES CONTRAIRES, par Amélie Billon-Le Guennec (scénario) et Gabriel Alborozo (dessin) (Albin Michel jeunesse, 2013)

Zo et Lou sont deux amis, assez différents : Zo est un gros ours, Lou est une petite fille. A chaque double page, des contraires sont évoqués : les couleurs, chaud et froid, grand et petit, parler fort et doucement, devant et derrière…

Voici un album pour tout-petits, reçu dans le cadre de Masse critique, organisé par le site communautaire Babelio. C’est la première fois sur ce blog que je vais chroniquer un album jeunesse, je ne sais pas trop comment m’y prendre.

L’objet en lui-même est agréable, avec des coins arrondis, du carton solide, des pages glacées. Il est peut-être un peu grand (21 x 21 cm) pour être pris en main facilement par les tout-petits à partir de 2 ans. Ma fille est plus jeune encore, et il fallait lui poser le livre sur les genoux pour qu’elle puisse l’ouvrir et tourner les pages, comme elle aime le faire avec chaque livre qu’elle a dans les mains…

Les couleurs utilisées sont belles, le décor est en aquarelle. Les couleurs de l’ours sont chaleureuses et il y a assez peu de couleurs pour la petite fille (seulement les vêtements). Les traits de la petite fille m’ont fait un peu penser au Petit Nicolas, qui dans mes souvenirs ressemblait un peu, avec ses cheveux. Le scénario est simple mais efficace, et permet d’aborder la notion basique des contraires, ainsi que des situations de la vie quotidienne (s’habiller, se promener, jouer, découvrir…). La fin est pleine de bons sentiments, en montrant qu’ils s’aiment quand même malgré leurs différences. C’est un album plein de bonne humeur, de tendresse et de poésie, un joli objet avec une belle petite histoire. Nul doute que cela plaira aux petits et à leurs parents ! Et ça me donne envie de continuer à chroniquer des albums jeunesse sur ce blog…

Merci à  et à 

Cet album participe au challenge « à la découverte des prénoms », lancé par Capocapesdoc.

Albums jeunesse

Scandale au château suisse

SCANDALE AU CHÂTEAU SUISSE, par Benedetto Giacomo (B. Jacques books, 2004)

https://i1.wp.com/www.bedetheque.com/Couvertures/Couv_147257.jpgQuelque part en Suisse, dans un château, un prince et son valet se font face. Le prince ayant faim demande qu’on lui prépare un soufflé. Le laquais part alors au village, mais ne va pas trouver de soufflé… Il va tenter de proposer autre chose à son maître, mais cela va faire scandale…

J’ai continué ma lecture des albums de Benoït Jacques, conseillés par une de mes collègues. Et là, voici un album de Benedetto Giacomo, l’homonyme italien de Benoît Jacques ! Je n’avais pas fait le rapprochement tout de suite ! Scandale au château suisse est un album en petit format, de 60 pages, où comme pour les autres albums, le texte est à gauche et le dessin à droite, en crayonné. L’ingéniosité de l’album réside dans le fait que le texte comporte beaucoup de sons en « s », ce qui donne un texte bien difficile à lire à l’oral : « celui-ci si chic dans son costume en satin, qui suce sa chibouque assis sur son siège en lisant Voici, c’est le prince ». Mais bon, on est prévenu dès le début, sur le rabat de la 2ème de couverture, avec une phrase « à chuchoter six fois sans chuinter » : « si Charles prend la mouche, Serge se fait sonner les cloches »… Drôle dès le début.

Le texte contient de belles descriptions imagées : à un moment, le laquais croise « un civet vivant », « il sort une sorte de sabre traditionnel au manche rouge, acéré comme un rasoir, qu’il déplie »… Il y a même la censure d’une image violente, remplacée par une planche piochée au hasard dans Universalis (et bien sûr n’ayant aucun lien avec le thème : les machines de mise en sachet de soja chez les chinois manchots de Mandchourie !!) Vous l’aurez compris, cet album est déjanté, comme tous ceux de Benoît Jacques d’ailleurs. Ca part parfois dans tous les sens, surtout sur la fin, et c’est très drôle ! Il y a même une morale à la fin, et l’auteur s’adresse aux lecteurs (ou aux écoutants selon les cas). Ce n’est pas l’ouvrage de Benoît Jacques que je préfère, mais il est tout de même très bien fait !!

On en parle sur le web : Mediathèques de l’Ile Saint-Denis, Lu-Cie and co, et une rencontre avec l’auteur par la Joie par les livres.