Le dernier des Mohicans

LE DERNIER DES MOHICANS, par Cromwell (Soleil, 2010, coll. Noctambule), librement adapté du roman de James Fenimore Cooper.

dernier mohicansEn 1757, dans le Nouveau-Monde, la guerre est rude entre Français et Anglais qui se battent pour ce nouveau territoire, plein de promesses. Chacun s’attelle à nouer des alliances avec les populations locales, et la guerre n’en est que plus féroce. Du côté des Anglais, alors que quelques forts sont bien tenus, les deux filles du colonel Munro qui tient le fort William Henry, ont à cœur de rejoindre leur père, faisant fi des dangers qui les guettent.  Elles prennent donc la route, mais sont trahies par leur guide indien et frôlent la mort. C’est alors que Hawkeye et son fils acceptent de les escorter jusqu’à leur destination finale, mais le chemin s’avère là encore ponctué de dangers…

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L’été en pente douce

L’ETE EN PENTE DOUCE, par Pierre Pelot (scénario) et Jean-Christophe Chauzy (dessin) (Fluide Glacial, 2017)

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Quelque part dans une petite commune perdue dans la campagne, Fane hérite de façon inattendue de la maison familiale. Il n’avait pas gardé de lien avec sa mère, et a même appris ses obsèques par hasard dans le journal. Il se rend à la sépulture accompagné de sa nouvelle conquête, Lilas, jeune fille plantureuse et naïve, qu’il a sauvé des coups de son mac… Le voici donc dans la maison de son enfance, cohabitant avec son frère aîné Mo qui est devenu simplet suite à un accident de jeunesse. Les querelles avec les voisins ne cessent pas avec le changement d’habitants : le garage Voke à proximité, cherche toujours à racheter le terrain de Fane, qui refuse obstinément… Lire la suite

La loterie

LA LOTERIE, par Miles Hyman (Casterman, 2016), d’après Shirley Jackson.

loterieDans une petite ville de la Nouvelle-Angleterre, se déroule chaque année à la fin du mois de juin un événement spécial qui réunit tous les membres de la communauté en un même lieu : une loterie est organisée, de façon bien particulière, avec un tirage en deux fois… Mais ce qui est à gagner n’est pas ce que l’on croit… Il y a plus à perdre qu’à gagner avec cette loterie qui semble exister depuis longtemps et que certains habitants veulent remettre en question…

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Au revoir là-haut

AU REVOIR LÀ-HAUT, par Pierre Lemaître (scénario) et Christian de Metter (dessin) (Rue de Sèvres, 2015) d’après le roman de Pierre Lemaître (Prix Goncourt 2013).

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Albert et Edouard ont vécu la Grande Guerre, dans les tranchées. Rescapés, blessés physiquement ou psychologiquement, les deux hommes retournent à la vie civile, mais comprennent que la société ne veut pas entendre parler du conflit qui a duré quatre longues années. Les morts sont mis en avant à travers les nombreux monuments aux morts qui s’érigent, mais les survivants dont ils font partie sont oubliés, mis de côté, exclus. Edouard, issu d’une grande famille de banquiers connue du tout-Paris, préfère être annoncé mort plutôt que de rentrer dans sa famille en tant que gueule cassée. Sa sœur quant à elle se marie avec un lieutenant à l’ambition démesurée, qui monte peu de temps après la fin du conflit une affaire de cercueils pas chers, mais cela tourne au vinaigre… De leur côté, Albert, le survivant psychologiquement fragile et Edouard, le survivant défiguré devenu muer mais très intelligent et artiste, vont quant à eux monter une arnaque gigantesque en proposant aux communes de France des monuments aux morts qu’ils ne livreront jamais…

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La vie compliquée de Léa Olivier, tome 2 : rumeurs

LA VIE COMPLIQUÉE DE LÉA OLIVIER, tome 2 : RUMEURS, par Alcante (scénario) et Ludowick Borecki  (dessin) (Kennes éditions, 2015), d’après le roman de Catherine Girard-Audet.

Suite du tome 1. Léa vit toujours à Montréal, et se fait de nouveaux amis, parmi lesquels Eloi et Alex. Mais elle pense toujours à son ex petit-ami Thomas, resté dans son village à 400 kms de là. Même s’ils ont rompu, elle reste toujours attachée à lui, alors que sa meilleure amie Marilou, elle aussi à la campagne, lui conseille de ne plus parler avec Thomas, même virtuellement. Alors pour oublier Thomas, Léa sort avec Alex sans en être amoureuse, et par la même occasion, rend Eloi jaloux, alors que ce dernier est toujours là pour elle quand elle en a besoin. En parallèle, Marilou lui raconte les rumeurs sur les amours qui agitent les adolescents du village, et Léa lui raconte comment les filles de sa classe tentent de lui pourrir la vie, lors des cours d’anglais, mais aussi dans les couloirs…

J’ai emprunté cet album, car je gardais un bon souvenir du premier, avec son vocabulaire typiquement québécois, ses représentations de Montréal… Et bien là, ce n’est pas la même chose, l’album tourne autour des amours de Léa et Marilou. Parfois on se croit en plein épisode des Feux de l’amour ! C’est guimauve à souhait, l’héroïne et son amie ne savent pas trop où donner de la tête, entre tous les garçons disponibles (ou pas), les rumeurs sur les uns ou les autres, les couples qui se font et se défont autour d’elles. J’ai trouvé ça lourd au bout d’un certain temps, car la seule et unique préoccupation des deux filles est les garçons, et elles se posent toujours des questions futiles, qui m’ont énervée sur la fin de l’album. Le scénario est assez redondant, même si des événements viennent ponctuer la vie de deux jeunes (nouvel an, anniversaire…). Les conversations entre Léa et Marilou ont lieu par sms ou tchat (on a les bulles de couleurs différentes pour distinguer qui parle, et la mise en forme fait penser à un certain téléphone à la pomme), et on a droit à toutes leurs conversations, qui parfois sont vraiment « gnangnan » et d’un niveau intellectuel au ras des pâquerettes. Cela risque de bien parler aux ados à qui cet album est destiné, même si les phrases ne semblent pas avoir été prononcées par des ados. Moi je me suis sentie (vraiment) trop vieille, pour le coup…Le vocabulaire québécois utilisé (et traduit dans un lexique en fin d’album) est moins compréhensible que dans le premier, mais cela a beaucoup de charme dans un scénario qui l’est beaucoup moins. A part cela, le dessin est agréable, le trait clair et les couleurs réalistes. C’est typiquement du jeunesse, tout à fait lisible. Comme je l’ai dit plus haut, ici, peu de grandes cases avec des décors québécois, mais le dessinateur fait plus des portraits et des gros plans. Ses personnages sont facilement différentiables, même s’ils sont nombreux. Rien de plus à dire sur le trait, qui n’est pas exceptionnel, mais pas hideux non plus. J’ai bien aimé les petits clins d’œil que les auteurs font pour ancrer cette histoire dans le réel : l’affiche d’Obama sur les murs de la salle du journal de l’école, le concert de Justin Bieber, les paroles de musique actuelle (Adele par exemple)… Cela sonne très moderne et réaliste.

Globalement, j’ai un avis mitigé sur cet album, vraiment trop sentimental à mon goût, mais sachant que je ne fais pas partie du public cible, je pense que cela plaira plus aux jeunes lectrices…

Non mentionné sur l@BD, mais le tome 1 était à partir de 13 ans. Ricochet le conseille à partir de 10 ans.

On en parle sur les blogs : A touch of blue marine, Taste for troubles, Les books addict

Premières planches à voir sur Izneo.

Chicagoland

CHICAGOLAND, d’après le texte de R.J. Ellory, par Fabrice Colin (scénario) et Sacha Goerg (dessin) (Delcourt, 2015, coll. Mirages)

A la fin des années 1950, un homme est condamné à mort pour le meurtre de Carole, une jeune femme d’une vingtaine d’années. L’exécution a lieu en prison, sous les yeux de la sœur de la victime, qui souhaite voir disparaître celui qui a ôté la vie à sa sœur qu’elle considérait comme sa jumelle. Mais alors qu’il va être exécuté après s’être exprimé une dernière fois, le meurtrier a soudain un éclair, mais ne peut plus rien dire. On assiste alors à un retour en arrière avec trois témoignages, pour tenter de comprendre ce qui s’est passé : tout d’abord la sœur de la victime retrace la vie de la défunte, puis le policier qui a mené l’enquête raconte comment le meurtre a été résolu, et enfin le tueur lui-même explique sa version des faits…

Voici un album que j’ai emprunté pour son dessinateur, déjà lu dans La fille de l’eau et Le sourire de Rose, dont j’avais apprécié les traits élégants. Là, c’est toujours le cas, j’ai trouvé le dessin de Sacha Goerg encore une fois très agréable, surtout les portraits. Légèrement rétro, le trait est simple mais efficace et facilement lisible, magnifié par les couleurs claires. Cela fait une jolie ambiance vintage. L’album, scénarisé par l’auteur de romans adultes et jeunesse Fabrice Colin, est construit d’une façon qui n’est pas nouvelle : trois chapitres au total, avec un narrateur par chapitre, qui expose ce qu’il sait des faits ou des personnages. Cela commence par la sœur de la victime, qui raconte l’histoire de son point de vue, ses relations depuis son enfance avec Carole. On a ensuite le récit du point de vue de Robert, l’inspecteur en charge de l’enquête, qui va questionner l’entourage de la décédée, et qui se rend compte qu’il y a quelque chose qui cloche, que ce n’est pas la bonne personne qui a été accusée du meurtre. Enfin, le troisième narrateur, Lewis le condamné, apporte la résolution de l’énigme, en révélant le véritable meurtrier. On comprend bien au fur et à mesure qu’il n’a rien fait, et ce sont les explications déroulées par ce dernier qui vont permettre de comprendre cette erreur judiciaire. J’ai eu un peu de mal sur cette résolution du meurtre, que j’ai trouvée assez irréaliste, même si on s’en doute de plus en plus sur la fin. Cet album, au niveau du scénario, m’a surtout plu sur sa première partie, avec les deux premiers narrateurs, car j’ai trouvé la résolution du meurtre un peu tirée par les cheveux. Heureusement que le dessin et les couleurs sont agréables, car cela m’a permis d’aller jusqu’à la fin de cette lecture qui m’a laissé un goût d’inachevé difficile à expliquer. Il serait intéressant de voir si le roman de l’américain R.J Ellory dont est issu cet album est construit de la même façon…

Non mentionné sur l@BD, je dirais à partir de 15 ans.

On en parle sur les blogs : Le blog du carré jaune, ABC Polar, Mille et une frasquesLe triangle masqué, Les lectures de Marguerite, La bibliothèque du Dolmen, Chroniques de l’invisible

Premières planches à voir sur Izneo.

Cet album participe à , cette semaine chez Stéphie.

Le jardin de minuit

LE JARDIN DE MINUIT, librement adapté du roman de Philippa Pearce, par Edith (Soleil, 2015, coll. Noctambule)

Dans les années 1950, au début des grandes vacances, Tom est un petit garçon qui est envoyé chez sa tante Gwen et son oncle Allan pendant quelques temps, car son frère a la rougeole. Là-bas, il s’ennuie, étant mis en quarantaine. Il n’a que trois occupations : manger, s’ennuyer et dormir. Il passe alors ses journées à écrire à son petit frère Peter. Une chose l’intrigue dans la maison de son oncle : l’horloge qui se trouve sur le palier appartiendrait à une vieille dame qui habite l’appartement au-dessus. En pleine nuit, alors que son oncle lui a interdit de se lever, Tom l’entend sonner, et compte treize coups… Intrigué, il outrepasse les ordres et descend au rez-de-chaussée, ouvre la porte et atterrit dans un jardin alors qu’en plein jour, habituellement il n’y a rien d’autre là qu’une minuscule cour où sont entreposées les poubelles… Dans le jardin chatoyant, il croise trois garçons et une jeune fille, Hatty, qu’il observe patiemment pendant plusieurs nuits, avant de se lier d’amitié avec elle… Mais qui est-elle véritablement ? Un fantôme ? Tom va tenter de résoudre cette énigme avant de rentrer chez ses parents, mais ne manque pas d’informer son frère de ses découvertes…

Cet album est une adaptation d’un roman de 1958, vraisemblablement un classique en Grande-Bretagne. Je suis un peu déçue par cette lecture, car j’ai trouvé l’histoire particulièrement longue et bavarde, avec beaucoup de bulles dont on pourrait se passer, mais il faudrait voir s’il y a aussi beaucoup de dialogues dans le roman original. Les passages où le jeune garçon pose des questions à son oncle sont particulièrement lents, ce ne sont vraiment pas des passages qui m’ont plu. Le fil conducteur de l’histoire est assuré par les courriers que Tom envoie à Peter. La  relation au temps dans le jardin est très particulière dans cette histoire fantastique où le rêve se mêle à la réalité, au point que la lectrice que je suis a été perdue à certains moments. Quant au dessin, il  est agréable mais sans plus : les traits des personnages sont assez simples, enfantins, pas très détaillés, au moins les personnages sont-ils facilement distinguables. Les couleurs sont assez ternes, mais j’ai bien aimé les teintes de jaune. Le côté suranné est très présent dans le jardin, même si on ne sait pas bien à quelle époque se déroule le récit. Les hypothèses de Tom paraissent plausibles, mais on ne sait pas trop bien ce qu’il en est et on est un peu perdus. Les fils de l’histoire se démêlent sur la fin, mais je ne suis pas spécialement convaincue par le côté fantastique et surtout les explications, là encore trop bavardes à mon goût… Bref, je l’ai lu parce qu’il faisait partie d’un prix littéraire pour des lycéens, mais ce n’est surtout pas cet album-là que je mettrais vainqueur…

A partir de 10 ans selon l@BD.

On en parle (beaucoup) sur les blogs : Un amour de BD, La bibliothèque de Noukette, Petites madeleines, Littéraventures, Le bateau livre, Blog brother, Un petit bout de bib, Chroniques de l’invisible

Premières planches à voir sur Digibidi.