Le roy des ribauds, tome 1

LE ROY DES RIBAUDS, tome 1, par  Vincent Brugeas (scénario) et Ronan Toulhoat (dessin) (Akileos, 2015)

A la fin du XIIe siècle, sous le règne de Philippe-Auguste, un homme surnommé le Triste Sire est chargé de protéger le roi. Ce chef espion au service des rois de France est le premier du genre à exercer cette fonction, et il est plus qu’un simple garde du corps : à la tête d’un groupe d’hommes, il doit aussi éliminer la vermine parisienne. Dans le même temps, un complot contre le roi de France est monté par Aliénor d’Aquitaine et son fils le roi d’Angleterre, Richard Cœur de Lion. Le Triste Sire pense le déjouer en tuant un marchant aquitain qu’il croit être au service des Anglais, mais celui-ci se révèle être au final un espion au service du roi de France… Voilà le Triste Sire en bien mauvaise position, lorsque le roi lui demande de retrouver les assassins de son espion… Il doit également assurer la sécurité royale lors de la rencontre avec les ambassadeurs de l’empereur germanique, et éliminer tous ceux qui pourraient porter atteinte à ce rendez-vous.

Voici un album que j’ai emprunté au départ pour mon ami qui aime les récits historiques. Il a été servi, puisque cet album de 150 pages est bien dense et riche en informations. L’histoire est très noire, et donne une image très violente du Paris au milieu du Moyen-Âge. Le récit n’est pas digeste, les morts se succédant parfois à un rythme effréné. De plus, il y a pas mal de personnages, le récit est très complexe et il m’a été parfois difficile de suivre ce polar historique bien développé, où les personnages historiques célèbres (rois, reines, empereur germanique…) côtoient les personnages qui ont laissé moins de traces dans « la grande histoire ». En effet, les quelques pages explicatives en fin d’album nous racontent que le roi des ribauds a réellement existé, et le scénariste ajoute même qu’il s’est basé sur le premier homme à avoir exercé ce rôle pour bâtir le scénario de l’album, tout en reconnaissant avoir changé quelques éléments par rapport à la réalité (par exemple l’anachronisme sur la construction de la façade de Notre-Dame) pour que cela colle au mieux avec l’album. Ces quelques pages, quoique courtes, sont intéressantes et éclairent sur les choix scénaristiques et la construction de cet album. Le dessin est lui aussi très riche, fourmillant de détails. Les personnages sont bien loin d’avoir la peau lisse, et dans chaque case ou presque on a du sang, de la boue ou de la crasse. Certains personnages font vraiment peur avec leur gueule tordue. Ils sont bien repoussants, et ajoutent de l’épaisseur au récit. Enfin,le roi est toujours représenté avec l’un ou l’autre de ses attributs (souvent la fleur de lys), et on ne peut pas le rater. Le découpage de l’histoire est fait de façon à dynamiser le récit, et on imagine facilement les moments qui se passent entre les cases. Vous l’aurez compris, malgré sa complexité, je ne suis pas mécontente d’avoir découvert cet album, même si je crois que je n’ai pas tout compris, mais au vu de la fin du tome 1 où réapparaissent Aliénor et Richard, j’espère bien lire le tome 2 prochainement.

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Un amour de BD, Les lectures d’Efelle, Just a word, Le goûteur culturel

Premières planches à voir sur Izneo.

Cet album participe à , chez Noukette pour cette dernière de la saison.

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Papeete 1914, tome 1 : Rouge Tahiti

PAPEETE 1914, tome 1 : ROUGE TAHITI, par Didier Quella-Guyot (scénario) et Sébastien Morice (dessin) (Emmanuel Proust média, 2011)

En 1914, à Tahiti, loin de la métropole, on se soucie bien peu de la guerre qui menace en Europe. La vie suit son cours à Papeete, entre métropolitains et vahinés. Arrive par bateau Simon, un jeune homme venu de Paris pour des motifs qu’il ne dévoile pas au départ. Seul son carnet de notes est la preuve qu’il recherche quelqu’un. Simon découvre le mode de vie à la tahitienne, avec les vahinés qui jouent de leur corps pour séduire les hommes, des métropolitains qui tiennent les commerces, un peintre exilé pour les couleurs de la Polynésie (mais pas que…), un missionnaire très sévère sur les mœurs locales… C’est alors que la guerre bien lointaine se rapproche avec deux croiseurs allemands qui menacent l’île, et le gouverneur décide de réarmer l’île, mais cela prend du temps et les militaires sont peu nombreux… En parallèle, une première vahiné est découverte morte, tombée depuis un chemin qu’elle connaissait pourtant parfaitement… Ce décès sur l’île paradisiaque, en plus du siège et du bombardement par les navires allemands, va secouer l’île, surtout lorsqu’une seconde vahiné disparaît de la même manière…

Voici un album au sujet que j’ai trouvé très original, et dont je n’avais jamais entendu parler avant : la première guerre mondiale dans les îles polynésiennes. Ici, pas de tranchées, mais une attaque de la ville de Papeete par deux navires allemands. Il est important de préciser qu’il s’agit d’un fait historique réel, comme il est expliqué dans le dossier documentaire à la fin de ce premier volume. Car oui, il s’agit d’un diptyque, et je ne vois pas trop pourquoi l’histoire n’a pas été publiée en un seul et même volume, tellement la fin de ce tome est en plein milieu de l’action… Bref, mis à part ce point de détail frustrant, j’ai beaucoup aimé ce premier tome, grâce à l’aspect historique bien développé. On a plusieurs personnages importants, même si on suit principalement Simon le parisien qui a atterri sur l’île et n’a pas l’air très déterminé à résoudre l’énigme pour laquelle il est venu, plus préoccupé par sa relation amoureuse avec la belle Mareta. Dans cet album, l’événement historique côtoie l’histoire d’amour, et le tout se lit plutôt bien, avec un scénario assez dense et détaillé. Le dessin est agréable, très ligne claire, et servi par des couleurs paradisiaques qui donnent envie de se rendre sur place. Les décors sont magnifiques et les personnages sont bien représentés, avec nombre de détails. L’album est graphiquement très joli, on passe un agréable moment : déjà dès la couverture, on est séduit par l’aspect graphique. Par contre, dernière chose, j’ai eu des difficultés avec certaines typographies manuscrites : lorsque Simon écrit dans son journal, il a une écriture assez illisible, qui nécessite de se pencher véritablement sur les caractères. Cela a ralenti ma lecture, et ne l’a pas rendu toujours agréable… Mais il n’en reste pas moins que cet album mérite qu’on s’y attarde grandement…Alors bon voyage !

A partir de 13 ans selon l@BD.

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Premières planches à voir sur Digibidi.

Visiter le blog du scénariste (jusqu’en 2013), et celui du dessinateur, tous deux également auteurs de Facteur pour femmes (lu mais pas (encore ?) chroniqué sur ce blog)

Retour sur le bombardement de Papeete sur le site officiel de la ville tahitienne.

Cet album participe à , cette semaine chez Jacques (un amour de BD).

Chicagoland

CHICAGOLAND, d’après le texte de R.J. Ellory, par Fabrice Colin (scénario) et Sacha Goerg (dessin) (Delcourt, 2015, coll. Mirages)

A la fin des années 1950, un homme est condamné à mort pour le meurtre de Carole, une jeune femme d’une vingtaine d’années. L’exécution a lieu en prison, sous les yeux de la sœur de la victime, qui souhaite voir disparaître celui qui a ôté la vie à sa sœur qu’elle considérait comme sa jumelle. Mais alors qu’il va être exécuté après s’être exprimé une dernière fois, le meurtrier a soudain un éclair, mais ne peut plus rien dire. On assiste alors à un retour en arrière avec trois témoignages, pour tenter de comprendre ce qui s’est passé : tout d’abord la sœur de la victime retrace la vie de la défunte, puis le policier qui a mené l’enquête raconte comment le meurtre a été résolu, et enfin le tueur lui-même explique sa version des faits…

Voici un album que j’ai emprunté pour son dessinateur, déjà lu dans La fille de l’eau et Le sourire de Rose, dont j’avais apprécié les traits élégants. Là, c’est toujours le cas, j’ai trouvé le dessin de Sacha Goerg encore une fois très agréable, surtout les portraits. Légèrement rétro, le trait est simple mais efficace et facilement lisible, magnifié par les couleurs claires. Cela fait une jolie ambiance vintage. L’album, scénarisé par l’auteur de romans adultes et jeunesse Fabrice Colin, est construit d’une façon qui n’est pas nouvelle : trois chapitres au total, avec un narrateur par chapitre, qui expose ce qu’il sait des faits ou des personnages. Cela commence par la sœur de la victime, qui raconte l’histoire de son point de vue, ses relations depuis son enfance avec Carole. On a ensuite le récit du point de vue de Robert, l’inspecteur en charge de l’enquête, qui va questionner l’entourage de la décédée, et qui se rend compte qu’il y a quelque chose qui cloche, que ce n’est pas la bonne personne qui a été accusée du meurtre. Enfin, le troisième narrateur, Lewis le condamné, apporte la résolution de l’énigme, en révélant le véritable meurtrier. On comprend bien au fur et à mesure qu’il n’a rien fait, et ce sont les explications déroulées par ce dernier qui vont permettre de comprendre cette erreur judiciaire. J’ai eu un peu de mal sur cette résolution du meurtre, que j’ai trouvée assez irréaliste, même si on s’en doute de plus en plus sur la fin. Cet album, au niveau du scénario, m’a surtout plu sur sa première partie, avec les deux premiers narrateurs, car j’ai trouvé la résolution du meurtre un peu tirée par les cheveux. Heureusement que le dessin et les couleurs sont agréables, car cela m’a permis d’aller jusqu’à la fin de cette lecture qui m’a laissé un goût d’inachevé difficile à expliquer. Il serait intéressant de voir si le roman de l’américain R.J Ellory dont est issu cet album est construit de la même façon…

Non mentionné sur l@BD, je dirais à partir de 15 ans.

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Cet album participe à , cette semaine chez Stéphie.

Tyler Cross, tome 2 : Angola

TYLER CROSS, tome 2 : ANGOLA, par Fabien Nury (scénario) et Brüno (dessin) (Dargaud, 2015)

On retrouve le bandit Tyler Cross après un tome 1 déjà ultra violent. Cette fois, l’homme vit paisiblement avec sa compagne lorsqu’on lui propose de participer à un braquage arrangé, sorte d’arnaque à l’assurance, en lui promettant qu’il n’y a pas de risques. Mais cela ne va pas se passer comme prévu et tandis qu’une braqueuse parvient à échapper à la police et qu’un de ses camarades est tué, Tyler Cross est attrapé et condamné 20 ans de bagne, dans un endroit isolé de Louisiane nommé Angola, au milieu des marais et dirigé par un capitaine sans pitié. La violence y est omniprésente, tout comme la corruption. Le braqueur tente de survivre parmi ces fauves, en achetant une semaine de vie supplémentaire auprès d’un gardien, ou encore en faisant des alliances de circonstance. Il apprend qu’il est quasi-impossible de s’évader d’Angola, mais va tout de même tenter sa chance…

J’ai mis du temps à me décider à lire la suite des aventures de ce braqueur qui use de la violence comme il respire. L’ambiance est ultra-glauque, accentuée par les couleurs simples mais très judicieuses de Laurence Croix. Le scénario ne comporte pas de temps mort, et la violence est présente à chaque recoin de case ou presque, bref, c’est vraiment très noir. Les clins d’œil au cinéma américain sont nombreux, avec certains plans et certaines scènes. Celle où la braqueuse se retrouve au soleil au bord de la piscine de l’hôtel est particulièrement flagrante. Au niveau des personnages, ils sont tous pires les uns que les autres, et on n’est pas amené à ressentir de l’empathie pour l’un ou l’autre. Les portraits brossés ne donnent en effet pas envie de prendre en pitié de tels personnages, qu’ils soient principaux ou secondaires d’ailleurs. Cela démontre un scénario vraiment aux petits oignons, comme souvent chez Nury. Le dessin de Brüno est quant à lui reconnaissable entre mille, et même si au départ de ma découverte de cet auteur (Junk, Atar Gull), j’étais réticente, désormais je trouve que ce dessin aux traits simples est très approprié pour des histoires complexes. Les cadrages sont très variés, et même parfois inattendus, comme par exemple lorsqu’on a le canon d’une arme juste en face de soi. Cela met vraiment dans l’ambiance et contribue à maintenir une ambiance très particulière sur cet album. J’ai passé un bon moment de lecture, et ai aimé suivre ce héros calculateur et bien peu sympathique. Je ne sais pas si un tome 3 est prévu, mais toujours est-il que s’il sort un jour, je crois que je ferai partie de ses lectrices…

A partir de 15 ans selon l@BD.

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Premières planches à lire sur Izneo.

Aller voir le blog du dessinateur Brüno.

Cet album participe à , cette semaine chez Stephie.

Paci, tome 3 : Rwanda

PACI, tome 3 : RWANDA, par Vincent Perriot (texte et dessin) et Isabelle Merlet (couleurs) (Dargaud, 2015)

Suite et fin des aventures de Pacifique, l’homme qui tente de se ranger des trafics de drogue, sans pour autant complètement sortir du milieu. Ce 3ème et dernier épisode est plus axé sur sa relation avec sa petite amie, à laquelle il n’a jamais avoué ses activités illégales, mais qui se doute qu’il y a quelque chose de louche là-dessous. Leur relation n’est pas toujours au beau fixe, ils passent peu de temps ensemble… mais Paci, quelle que soit la situation, garde toujours son calme, alors qu’un jeune homme fougueux, Jérôme, entre en concurrence avec lui pour le transport de la fameuse marchandise… Paci décide alors de faire imploser le réseau du chef de gang.

Voici la fin d’un triptyque au thème intéressant, mais au dessin tremblant que j’ai trouvé toujours un peu étrange et perturbant, et ce tout au long de ma lecture. La relation au temps est représentée graphiquement (par exemple les feux des voitures étirés sur toute la case pour signifier la vitesse lors d’une course), et je crois que j’ai été perturbée par de tels éléments. C’est vraiment le dessin qui m’a le plus freinée dans cette lecture. Les couleurs quant à elles restent agréables, dans des tons bleus, marrons, orangé. Au niveau du scénario, il est bien construit, avec cette fin très violente et inattendue. Le sentiment de violence est parfois très développé, avec quelques scènes particulièrement frappantes, où tout le monde meurt ou presque, alors que le piège se referme sur cette lutte des clans. La fin est étrange, je crois que je n’ai pas tout compris, il faudrait que je relise les 3 épisodes à la suite. En effet, comme j’avais pu le regretter pour le tome 2, il n’y a toujours pas de rappel de l’histoire en début d’album et c’est bien dommage. Il n’en reste pas moins que Paci est un bon polar sur fond de guerre des gangs et de volonté de rédemption… Le personnage principal est attachant malgré un passé peu recommandable, et on croit jusqu’à la fin ou presque qu’il peut se sortir de cette situation bien mal partie… Un sujet intéressant à rapprocher de certains films américains sur le même sujet.

A partir de 15 ans selon l@BD.

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Cet album fait partie de la sélection officielle à Angoulême, 43ème édition.

Cet album participe à la-bd-de-la-semaine-150x150, cette semaine chez Noukette.

Un long destin de sang

UN LONG DESTIN DE SANG, intégrale, par Laurent-Frédéric Bollée (scénario) et Fabien Bedouel (dessin) (12bis, 2012)

Au coeur de la première guerre mondiale, en avril 1917, un soldat français revient dans sa tranchée et découvre ses compagnons d’armes morts, sans en comprendre la raison. C’est alors que les mortels gaz toxiques arrivent et tuent ce dernier survivant de ce régiment d’infanterie qui a juste le temps d’enfouir en terre son appareil photo, avant que les corps ne soient évacués par des inconnus portant des masques à gaz. Un an plus tard, en mars 1918, alors que Paris est bombardé par un canon allemand à longue portée, un scandale impliquant l’armée et son rôle dans la mystérieuse disparition du régiment est prêt d’éclater grâce à l’obstination d’un journaliste qui a analysé les photos retrouvées dans cette fameuse tranchée où a péri le régiment maudit. Mais ces révélations ne plaisent pas à tous, et les embûches vont être nombreuses avant de pouvoir rétablir la vérité sur ces soldats sacrifiés…

Cet album d’un peu plus de 100 pages regroupe les deux tomes parus initialement en 2010 et 2011. Je l’ai emprunté pour son scénariste, dont j’avais apprécié le travail dans Deadline. Et bien, cette fois non plus, je ne suis pas déçue : le scénario est très bien construit, à la façon d’un film. On saute d’un personnage à l’autre de façon très rapide, parfois trop, si bien qu’on ne sait plus trop où on se trouve. L’histoire commence en avril 1917, se poursuit en mars 1918, et revient ensuite à la veille. En bref, la révélation du scandale tient sur deux jours, ces deux jours de mars 1918. Les personnages sont nombreux, heureusement qu’ils sont présentés au début de l’album, à la manière d’une pièce de théâtre. Le récit est fort bien mené, servi par un dessin agréable, même si parfois je le trouve un peu trop brut et sec. Les couleurs sont assez ternes, mais cela ne contraste pas avec les propos : bien au contraire, elles parviennent à entretenir l’ambiance très noire de cette histoire. Les personnages se différencient bien les uns des autres, et on comprend facilement le rôle qu’ils jouent. Chaque caractère est suffisamment creusé pour que le lecteur se sente impliqué dans l’histoire. Au final, tous les personnages et toutes les situations présentées finissent par converger vers la résolution de l’énigme de la mort des soldats du régiment un an auparavant, et toutes les pièces du puzzle se replacent. Par son scénario sacrément efficace et son dessin réaliste et simple, j’ai passé un très agréable moment de lecture, même si certaines cases sont difficilement supportables au départ, ne dissimulant pas l’horreur de la guerre. Un long destin de sang est un album qui mérite véritablement le détour.

A partir de 15 ans selon l@BD.

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Premières planches du tome 1 et du tome 2 à lire sur Izneo.

Cet album participe à la-bd-de-la-semaine-150x150, cette semaine chez Noukette.

La chute d’un ange

LA CHUTE D’UN ANGE, par Didier Daeninckx (scénario) et Mako (dessin) (Casterman, 2014)

1948, en Seine-et-Oise, deux policiers sont appelés dans un orphelinat où un jeune garçon a été retrouvé gisant au fond d’un trou. Ferdinand, l’un des deux inspecteurs, remarque qu’il a été battu, mais son collègue Pasquet minimise ce fait. Peu de temps après, à Paris, un directeur de journal est assassiné chez lui. L’enquête sur ce meurtre sordide est menée, sans établir de lien entre ces deux affaires. Ferdinand, affecté par la mort de l’enfant, va tâcher de démêler les fils de ces histoires, alors que son collègue, le commandant Pasquet, va trouver un coupable idéal : Kozor, artiste de cirque d’origine hongroise, qui va être condamné à mort suite à un procès à fort retentissement médiatique.

J’ai un avis mitigé sur cet album, pour plusieurs raisons. Tout d’abord le scénario est étrangement bâti : l’histoire s’ouvre sur la mort du jeune garçon à l’orphelinat, puis on passe sans trop de transition à l’assassinat du directeur du journal et l’enquête qui s’en suivit, sans plus aucun lien avec la première affaire. Ce n’est qu’à la toute fin que cela se relie, et cela m’a donné la mauvaise impression que c’était rajouté au dernier moment, que cela avait presque été oublié. Les explications sont assez longues, j’ai trouvé cela lassant même si cela répondait à pas mal de questions sur la mort du directeur du journal. De plus, elles sont parfois assez survolées : je n’ai pas bien compris celles sur le passé trouble du directeur de journal, qui sont simplement évoquées mais sans plus. Il y a un côté injuste dans cet album : la vie de l’homme médiatique vaut bien plus cher que celle de l’enfant orphelin et cet esprit malsain m’a un peu dérangée… Celle du contorsionniste vaut également bien peu face aux enjeux de l’Etat, qui cherche à étouffer des actions bien peu avouables. C’est donc un esprit complètement polar que l’on a là, mais je n’ai pas été conquise, d’autant plus que le dessin ne m’a pas charmée plus que cela. Le trait est classique, sympa mais sans plus. Les décors sont parfois passés à la trappe, les personnages occupant pleinement les cases. Les couleurs ajoutent encore à l’ambiance polar. Tous ces ingrédients font de cet album une lecture agréable mais pas mémorable, à cause du suspense non maintenu pendant les 80 pages et quelques impasses sur le dénouement.

Âge non mentionné sur l@BD, je dirais à partir de 13 ans.

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Premières planches à voir sur Izneo.