Une vie chinoise, tome 2

UNE VIE CHINOISE, tome 2 : LE TEMPS DU PARTI, par Li Kunwu et Philippe Ôtié (Kana, coll. Made in, 2009)

https://i0.wp.com/media.leslibraires.fr/media/attachments/large/6/1/2/000629612.jpgSuite du tome 1. Mao vient de mourir en 1976, et le héros de l’histoire, Xiao Li, alors soldat, est complètement désemparé. Tout comme ses compatriotes, il ne pensait pas que le grand timonier pouvait les quitter. A la suite de la mort de Mao, s’engage alors une lutte pour le pouvoir. C’est la fin de la révolution culturelle et le père de Li est libéré, après 10 ans dans un camp de rééducation. Il reprend même sa place dans une grande firme d’Etat. La famille se reforme. En parallèle, Li s’engage pour devenir un soldat paysan, et va vivre parmi les animaux. Il espère entrer au Parti, mais ce parcours est long et difficile. Il dessine de plus en plus, et il est demandé pour faire des affiches et des caricatures, de plus en plus appréciées : elles sont même publiées dans des journaux de Pékin. Début des années 1980, la Chine s’ouvre sur l’extérieur, avec les premiers touristes, et l’incitation au développement des entreprises…

Suite du récit autobiographique d’un chinois dans la Chine communiste de la fin des années 1970. Le dessin est toujours aussi spécial, parfois assez déroutant, parfois agréable, ressemblant à de la calligraphie. Ce volume, plus court que le précédent, se lit rapidement, et il s’y passe plein de choses. On suit les changements suite au décès de Mao, et l’ouverture de la Chine sur le reste du monde. C’est très instructif, et cela rend bien compte des conditions de vie de l’époque, et des mentalités qui y règnaient. C’est un tome intéressant, qui mêle histoire politique et histoire familiale. La série se termine avec le tome 3 sorti en janvier dernier.

A partir de 13 ans selon l@BD (et 16 ans selon Manga-news)

On en parle sur le web : MoustiqueLamiriBlogjfv.

Ce manhua a été primé à plusieurs reprises : Prix Château de Cheverny de la bande dessinée historiquePrix Ouest-France quai des Bulles (festival de St Malo).

Une vie chinoise, tome 1

UNE VIE CHINOISE, tome 1 : LE TEMPS DU PÈRE, par Li Kunwu et Philippe Ôtié (Kana, coll. Made In, 2009)

https://i2.wp.com/media.leslibraires.fr/media/attachments/large/0/1/7/000628017.jpgRécit de la vie de Xiao Li, né en 1955. Son père est un membre du parti communiste, en mission dans la campagne du sud de la Chine. Il y a rencontré sa mère, jeune paysanne, lors d’une de ses tournées. Xiao Li est un témoin de l’histoire de la Chine de la seconde moitié du XXème siècle : le grand bond en avant des années 1950, et la cruelle famine qui s’en suivit dans les campagnes et les villes, la révolution culturelle à partir de 1966, les emprisonnements des opposants, l’apparition du petit livre rouge et les fameuses phrases de Mao… Son père, autrefois cadre pour le parti, est d’ailleurs fait prisonnier dans un camp de travail. Xiao Li entre alors en apprentissage chez un peintre du parti, puis devient soldat et participe à l’effort du pays, jusqu’à ce jour de septembre 1976 où il apprend le décès du Grand Timonier…

Voici le premier tome d’une série de trois albums autobiographiques. « Le temps du père » commence par une longue préface qui, en guise d’introduction, permet de replacer le récit dans le contexte de l’époque. Les dessins ne sont pas très expressifs, ressemblant parfois à de la calligraphie, et quelques angles de vue sont quelquefois un peu bizarres (des plongées ou contre-plongées inappropriées d’après moi), mais l’histoire est très intéressante. Elle montre l’absurdité de certains choix politiques du parti (lors du grand bond en avant des années 1950-60 par exemple), et l’ignorance et l’embrigadement de la population qui suit aveuglément la ligne du parti, plus encore avec le petit livre rouge.

On a devant nous tout un pan de l’histoire contemporaine, expliquée de l’intérieur, avec la dictature du régime, le contrôle des opinions, de la vie privée et publique des citoyens… Le tout donne un témoignage très intéressant, qui est parfois critique envers les actions menées (par exemple lorsque des objets anciens, transmis de générations en générations, ont été brûlés au nom du rejet des traditions)… Il y a aussi en plus des interludes en couleur, des morceaux d’époque avec des vieilles photos, et qui servent pour le chapitrage de l’album (avec en texte par exemple la chanson des élèves en primaire, à la gloire du parti et contre les américains et le capitalisme). Bref, à ne pas manquer pour qui veut en savoir plus sur l’histoire chinoise.

A partir de 13 ans selon l@BD, et 16 ans selon Manga-news.

On en parle sur les blogs : Les BoggansMon petit ailleurs chinois (par Faguoren), Vues de Chine et d’ailleurs (par Ye Lili).

Quelques pages de l’album à lire sur Manga-news.

Quelques sites sur l’histoire de la Chine à partir de 1949 : Université Laval (Québec)L’internaute.

Les vents de la colère, tome 1

LES VENTS DE LA COLÈRE, tome 1, par Tatsuhiko Yamagami (Delcourt, coll. Fumetsu, 2006)

https://i1.wp.com/www.decitre.fr/gi/72/9782756003672FS.gif1969, au Japon. Des manifestations étudiantes se concluent dans le sang, face à un pouvoir de plus en plus soumis aux Etats-Unis. La guerre du Vietnam est commencée, et il se passe de drôles de choses au Japon, on entend parler de rumeurs sur une attaque du Cambodge voisin. Gen est étudiant et est opposé à sa famille militariste. Il devient indépendant, trouve du travail chez un éditeur, et par la même occasion découvre un secret d’état : des habitants séquestrés depuis que leur village a été frappé par un virus militaire. Voulant révéler cela, un de ses enseignants et des élèves sont emprisonnés. Gen est aussi surveillé par les autorités, mais laissé en liberté. Pendant ce temps, le frère de Gen, militaire, est envoyé au Cambodge, dans le cadre de l’alliance entre le Japon et les USA… L’opposition entre les deux frères est totale.

Voici le premier tome d’un diptyque. A vrai dire, je n’ai pas accroché. 1, c’est très long (plus de 280 pages dans ce tome). 2, le contexte est compliqué et lointain pour les européens que nous sommes. Je n’ai pas assez de connaissances sur la situation du japon post-seconde guerre mondiale et sur la guerre au Vietnam pour pouvoir voir l’importance de ce manga réalisé dans les années 1970. Il est indiqué sur la 4ème de couverture qu’il s’agit d’une oeuvre emblématique des mouvements étudiants de contestation de la fin des années 1960. J’ai vraiment eu du mal avec les changements de situations. Pour moi, ça m’a paru trop peu clair, même si on distingue bien le côté contestation qui règne au Japon face à l’occupant américain, vainqueur de la guerre plus de 20 ans auparavant. Ce côté-là est intéressant, mais ensuite, ce qui touche à la guerre du Vietnam m’a assez peu intéressé, peut-être par manque d’informations à ce sujet. Le dessin n’est pas spécialement engageant non plus pour s’intéresser à la politique de l’époque. Il ressemble à du Tezuka, donc assez statique. Par contre le découpage, irrégulier, permet quand même de rendre le récit un peu vivant. Mon bilan est donc mitigé, car le récit est vraiment trop compliqué.

A partir de 13 ans selon l@BD, mais d’après moi, pas avant le lycée et pas pour tous les élèves…

On en parle sur le web : Japan-loversiddbd. Trouvé lors de la rédaction de l’article : quelques explications du contexte historique sur un site réalisé par un prof d’histoire en lycée.

L’orchestre des doigts, tome 2

L’ORCHESTRE DES DOIGTS, tome 2, par Osamu Yamamoto (Milan, coll. Kankô, 2007)

https://i2.wp.com/multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/2/6/8/9782745925862.jpg

Suite du tome 1. 1917, Takahashi s’habitue à travailler avec des sourds, à l’école d’Osaka. Mais il n’a pas oublié sa mission, qui est de transmettre la musique qu’il adore aux enfants qu’il a en charge. Alors il se perfectionne la langue des signes, et à force de persévérance, arrive à raconter une légende aux enfants, la légende de Zushio et Anju (qui est devenue un film dont la fiche est à consulter sur Cinémasie). Par ses mains, il arrive à faire passer la musique, et les enfants sont pris dans le tourbillon de cette histoire… Takahashi a réussi à s’intégrer… Quant à Issaku, le jeune garçon qui a appris la JSL (Langue des signes japonaise. Pour en savoir plus, allez voir de ce côté-là), il s’est fait des amis, et communique désormais avec sa mère. Avec ses amis, ils vont vivre la pénurie de riz de 1918, qui a engendré de nombreuses émeutes dans les villes du pays. L’école des sourds et aveugles est aussi touchée, et Chiyo, une jeune élève, doit partir travailler et quitter l’école. Une petite fille doit alors arriver, mais son père choisit de lui enseigner l’oralisation, méthode américaine qui semble fonctionner outre-Atlantique.

Plusieurs thématiques dans ce second tome, qui sont développées les unes après les autres. Elles ne se mélangent pas beaucoup, et il faut dire que cela aide à la compréhension. On en apprend toujours plus sur la communication des sourds avec la société, avec le passage où les parents viennent prendre des cours et se rendent compte de ce que leurs enfants voulaient leur dire mais qu’ils ne comprenaient pas… On aborde aussi l’oralisation, qui consiste à lire sur les lèvres et à s’exprimer avec sa voix. Bref, un tome encore riche d’infos et avec une pointe historique (la crise du riz, avec les riches négociants qui gardent la précieuse nourriture pour faire grimper les prix, et le gouvernement qui est obligé (après un certain temps de manifestations du peuple) d’en acheter au Vietnam)… La révolution russe est également sous-entendue dans ce tome… Bref, ça m’a plu, même si parfois cela traîne un peu en longueur, mais on reste tout de même emportés par cette histoire très touchante !

Non-répertorié sur la base BD du CNDP, à partir de 14 ans pour Manga-news. Voir l’avis de Yaneck sur ce tome et l’avis de Mr Zombi sur la série entière (4 tomes).

Gen d’Hiroshima, tome 1

GEN D’HIROSHIMA, tome 1, par Keiji Nakazawa (Vertige Graphic, 2003)

https://i0.wp.com/www.manga-news.com/public/images/series/gendhiroshima_vertige_01.jpgAvril 1945, Gen vit avec ses parents et ses frères et sœurs à Hiroshima, ville japonaise. La vie est dure, car le rationnement de nourriture est de plus en plus difficile à supporter. De plus, son père souhaite ouvertement la fin de la guerre, il est donc considéré par ses voisins comme un traître et un pacifiste, car il ne participe pas à l’effort de guerre de la nation japonaise contre les ennemis américains et britanniques. Son frère, pour que la famille soit fière de lui, s’engage dans la marine, et rencontre de futurs kamikazes. Pendant ce temps, Gen et son petit frère Shinji tentent d’aider la famille en mendiant, en aidant ceux qui en ont besoin…

Le dessin est assez daté, des années 1970, avec des personnages qui souvent dégoulinent de larmes, sont exagérément expressifs… Mais le sujet de l’histoire engendre aussi ce comportement, donc finalement le dessin n’est pas un obstacle à la compréhension, il est d’une bonne qualité.

J’ai choisi ce livre par son thème, historique, et aussi parce que je l’ai souvent vu sur des blogs et en librairie. Mon bilan est finalement grandement mitigé : 274 pages qui se lisent bien, mais qui contiennent vraiment trop de fautes d’orthographe (et des fautes basiques en plus) mais également des erreurs historiques (merci mes souvenirs de cours d’histoire au lycée et à la fac !), vraiment trop d’erreurs !! Une est d’ailleurs mentionné par l’éditeur français : Einstein n’a pas participé au projet américain « Manhattan » pour la mise en place de la bombe. Mais encore : page 207, la bombe au plutonium utilisée lors des essais de juillet 1945 se nomme « The gadget » et non pas « Dondon » (source) ; page 246, le nom de la bombe lâchée sur Hiroshima depuis l’avion Enola Gay n’est pas « grande perche », mais bien « Little boy » (source). Page 210, on fait référence à la déclaration de Potsdam, avec la participation des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et de la Chine, mais la Chine n’a pas participé à cette rencontre ! Il s’agit de l’URSS, avec Staline. Truman représentait les USA (Roosevelt étant décédé en avril), et Atlee était le nouveau premier ministre britannique (source 1 et source 2). Et encore, ce ne sont que les erreurs que j’ai repérées… L’auteur aurait peut-être dû se centrer sur la vie des japonais en 1945, sans placer de repères chronologiques, sans faire référence à l’histoire mondiale…

Pour ces différentes raisons, je ne pense pas que je mettrai ce manga en collège et en lycée… Vraiment dommage. Je suis déçue par ce manga, qui contient en plus un grand nombre d’insultes et de mots désagréables qui n’apportent pas grand-chose au récit, et qui auraient pu être remplacés par d’autres termes plus corrects… Est-ce dû à la traduction ??

A partir de 13 ans par le site BD du CNDP et à partir de 14 ans pour manga-news.

L’orchestre des doigts, tome 1

L’ORCHESTRE DES DOIGTS, tome 1, par Osamu Yamamoto (Milan, coll. Kankô, 2006)

https://i0.wp.com/www.manga-news.com/public/images/vols/Orchestredesdoigts_01.jpgEn 1914, Takahashi est un jeune professeur de musique, qui renonce à ses études en France. Il cherche un poste et se retrouve enseignant dans une école de sourds et d’aveugles, ces enfants étant totalement déconsidérés par la société en ce début de XXe siècle. Il a pour mission de leur faire entendre la musique, challenge d’autant plus difficile… Au départ perdu, il va finalement s’adapter à ce public, et apprendre la langue des signes pour communiquer avec eux. Il va également l’apprendre à Issaku, un jeune garçon violent car incompris de sa famille, pour qu’il puisse communiquer avec les autres. Un bon premier tome, qui montre les difficultés d’intégration des personnes sourdes et l’incompréhension des entendants. La langue des signes va permettre aux deux groupes de mieux se comprendre.

Une belle découverte grâce au top BD des blogueurs du blog de Yaneck, si je ne l’avais pas vu là, je n’aurais ouvert cette série, la couverture n’étant pas très attirante (oui, la couverture est un critère de choix, même si ce n’est pas le seul). Le titre n’est finalement pas très explicite sur le contenu au premier abord, et ce manga est une bonne façon d’aborder le sujet des personnes non-entendantes. D’ailleurs, en fin de ce premier tome, on trouve des explications sur l’abbé de l’Epée, un des précurseurs, au XVIIIe siècle, de l’enseignement spécialisé pour les sourds. Si vous voulez en savoir plus sur les sourds et la LSF (langue des signes française), visitez le portail d’information des sourds.

Les dessins de L’orchestre des doigts sont réalistes, parfois un peu trop larmoyants à mon goût. Mais globalement, ils permettent de bien entrer dans l’histoire, en attendant de lire la suite de cette série de 4 tomes.

Non-répertorié sur le site BD du CNDP, Manga-news le conseille à partir de 14 ans.

Le sommet des dieux, tome 2 : les grandes Jorasses

LE SOMMET DES DIEUX, tome 2 : les grandes Jorasses, par Jirô Taniguchi et Yumemakura Baku (oeuvre originale et scénario) (Dargaud, 2004, coll. Made In Japan)

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Suite du tome 1. Fukamachi cherche toujours à en savoir plus sur l’homme rencontré à Katmandou, qu’il croit être Habu, le grand alpiniste parfois contesté parmi ses pairs. Au Japon, il rencontre plusieurs personnes qui ont côtoyé par le passé l’homme, obstiné par l’escalade et la découverte en solitaire de faces encore inexplorées de la montagne. Habu a tenté les grandes Jorasses dans les Alpes, avant de s’attaquer aux sommets de plus de 8000 mètres dans l’Himalaya. C’est là qu’il aurait rencontré Hase, l’autre alpiniste réputé pour ses ascensions hivernales en solitaire. Fukamachi retrace donc, grâce aux rencontres effectuées, le passé de Habu et décide, aidé de problèmes personnels, de repartir au Népal pour essayer de retrouver Habu et dans le même l’appareil photo qui aurait appartenu à Mallory et Irvine en 1924…

Un tome toujours aussi épais, de 300 pages environ. L’histoire du tome 1 n’est pas rappelée en début de tome, ce qui aurait été bien pratique pour se remémorer les grands traits du premier volume. Sinon, le thème de l’histoire est toujours aussi intéressant : un fil rouge (les rencontres de Fukamachi avec des personnes qui ont côtoyé Habu), qui relie les épisodes de la vie de Habu, ses échecs, ses réussites, ses frustrations… Bon, il faut le dire quand même : ça n’avance pas spécialement, Fukamachi n’a toujours pas retrouvé Habu (on espère que ça va arriver dans le tome 3), et les histoires des ascensions d’Habu sont vraiment tellement détaillées que finalement les images se ressemblent parfois pas mal, mais bon, on s’y fait, et cela contribue au suspens de l’histoire… On comprend de plus en plus ce qui lie les deux grands alpinistes que sont Habu et Hase…

Une bonne lecture quand même, mais il faut être bien motivé pour avaler les 5 tomes, que certains dessinateurs auraient pu compacter en moins de pages que ne l’a fait Taniguchi en adaptant ce roman de Baku.

A partir de 13 ans pour le site L@BD.

Le sommet des dieux, tome 1

LE SOMMET DES DIEUX, tome 1, par Jirô Taniguchi et Yumemakura Baku (oeuvre originale et scénario) (Dargaud, 2004, coll. Made In Japan)

1924. Mallory et Irvine, deux alpinistes, tentent l’ascension de l’Everest, et disparaissent dans la montagne… 1993. Au Népal, Fukamachi, photographe de profession, déniche un vieil appareil photo qui aurait appartenu à Mallory. En remontant la piste de cet appareil disparu depuis 70 ans, il va rencontrer un alpiniste réputé japonais des années 1970, du nom d’Habu Jôji. De retour au Japon, il va enquêter sur cet homme parfois contesté dans son club d’alpinisme, connu pour avoir dit un jour qu’il pourrait couper la corde de son compagnon de cordée s’il le fallait… Habu a cependant gravi les plus célèbres et difficiles pics du Japon, avant de pouvoir enfin s’attaquer aux roches d’Europe…

Voici le premier tome d’un manga de 5 volumes, qui porte sur un sujet pas spécialement attirant au premier abord pour les non-spécialistes de l’escalade. Cependant, le dessin de Taniguchi, adaptant ce roman très célèbre au pays du soleil levant, nous entraîne dans l’histoire sans problème. Le trait est toujours le même, aussi clair et réaliste. 300 pages de belles images en noir et blanc, avec une histoire qui nous entraîne dans un sport parfois méconnu, dangereux et individuel, et qui dans le même temps nous fait découvrir la géographie japonaise. La psychologie des hommes est aussi largement détaillée par l’enquête du photographe auprès des personnes ayant côtoyé Habu l’alpiniste. Une bonne bouffée d’air frais !

A partir de 13 ans d’après le site l@BD du CNDP.

Sky hawk

SKY HAWK, par Jirô Taniguchi (Casterman, octobre 2009, coll. Sakka)

sky hawkDeux samouraïs exilés aux Etats-Unis après la révolution Meiji de 1868, vivent tant bien que mal de la chasse sur un territoire indien. Ils découvrent un jour une indienne qui vient d’accoucher derrière un fourré. Poursuivie par des chasseurs de prime, ils vont l’enlever de leurs griffes, aidés par Crazy Horse et sa tribu, les guerriers Oglagla. Hikosaburô et Manzô vont s’intégrer à la vie de ces indiens, leur apprendre des rudiments des traditions japonaises, comme le ju-jitsu et apprendre la vie de ces nomades chasseurs de bisons. L’amitié naît entre ces hommes et les indiens poursuivis par les hommes blancs (militaires et pionniers de la ruée vers l’ouest) qui veulent prendre leurs terres ancestrales et les Collines Noires qui sont sacrées. Les deux japonais deviennent alors Sky Hawk et Winds Wolf et vont participer aux violents combats entre les indiens Crow et les Tuniques Bleues…

Voilà d’un thème qui ne m’intéresse pas spécialement au premier abord, car je ne suis pas fan de western. Pourtant comme c’est du Taniguchi, je me suis laissée tenter. Et me voilà embarquée dans cette histoire au départ farfelue (que viennent faire des Japonais dans le far west américain du XIXème siècle ?), et finalement, je me suis totalement prise au jeu, dans cette histoire où se mêlent la ruée vers l’or, les traditions indiennes, les combats contre les tuniques bleues… Pourtant, et on l’apprend à la fin de l’ouvrage, une quarantaine de japonais sont bien venus aux Etats-Unis après la défaite de 1869. Taniguchi se base sur des faits réels pour construire ensuite son histoire qui mêle nos deux héros imaginaires avec des grands personnages de l’époque : Crazy Horse et Sitting Bull les deux chefs indiens, Custer et Grant les deux militaires américains. La tragédie de l’enfermement des indiens dans des réserves se fait pressentir tout au long de l’album, et on se met facilement du côté des indiens…

Le trait de Taniguchi est toujours aussi clair dans ce épais volume (285 pages) en noir et blanc. Les combats sont retranscrits dans toute leur violence. Les détails sont toujours présents, aidant à la compréhension de l’histoire. Un seul regret pourra être les quelques longueurs parfois dans l’histoire, mais bon, rien de grave non plus… Une bonne lecture, à prolonger par un film (pour peut-être considérer différemment les westerns ensuite ??)

Conseillé à partir de 13 ans par le site BD du CNDP.