Une histoire du sexe

UNE HISTOIRE DU SEXE, la première histoire de la sexualité en bande dessinée, par Philippe Brenot (scénario) et Laetitia Coryn (dessin) (Les Arènes BD, 2017)

coryn.jpgHistoire de la sexualité des hommes de la préhistoire à nos jours, avec un chapitrage par période, et une couleur assortie. On commence par les premiers hommes il y a 2 millions d’années, puis Babylone, les Egyptiens, les Grecs, les Romains, puis on passe directement au Moyen-Âge, en continuant par la Renaissance, les Lumières, puis on termine avec l’époque contemporaine (XIXe, XXe et XXIe siècles)… Tout y passe : les mœurs de chaque époque, les considérations envers les hommes et les femmes, les pratiques plus ou moins défendues par les contemporains, la place de la religion, l’amour, le désir, le plaisir, la passion… Un véritable panorama de la sexualité à travers les siècles…

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Le temps des loups [roman]

LE TEMPS DES LOUPS, par Claude Merle (Bulles de savon, 2015, coll. l’histoire c’est un roman)

temps des loupsAu début du XVIe siècle, Nicole vit dans l’Aubrac, région rurale montagnarde, avec ses frères, ses parents, son oncle, sa tante, sa cousine et son grand-père. Les légendes concernant les loups sont très vivaces et sont parfois bien réelles : ainsi un hiver, les loups attaquent la ferme familiale éloignée de tout village, pour dévorer les moutons de la famille…. Nicole est apeurée comme toute la famille, mais tous parviennent à repousser les ennemis. Mais la jeune fille a une sorte de don qu’elle ne soupçonne pas : quelques temps plus tard, elle découvre un louveteau, et contrairement à la règle qui veut que l’on supprime ces animaux néfastes, elle choisit de le soigner et de le nourrir en secret. Une amitié infaillible naît entre la fille et l’animal, qui va lui sauver la mise plusieurs fois, même si leur amitié interdite est découverte et que Nicole est accusée de sorcellerie…

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La vision de Bacchus

LA VISION DE BACCHUS, par Jean Dytar (Delcourt, 2014, coll. Mirages)

vision bacchus

En 1510, la peste est à Venise, les morts se comptent par dizaines. Parmi les malades, un peintre nommé Giorgione décide de jeter ses dernières forces dans son ultime oeuvre, à la recherche de l’émotion qui l’avait saisie lorsqu’il avait vu, chez son père, un tableau qui avait été à l’origine de sa vocation. D’ailleurs, ce tableau aurait été peint par Antonello de Messine… Retour en arrière, en 1475, toujours à Venise, Antonello arrive de sa Sicile natale, et devient le rival de Bellini, pour avoir les faveurs des riches mécènes vénitiens. Antonello met au point un procédé pour réussir rapidement des portraits, mais ses collègues jaloux de sa réussite cherchent à percer son secret. C’est alors qu’Antonello reçoit la commande d’un riche banquier, qui lui demande de figer sur le bois la jeunesse de sa femme…  Mais cette commande ne va pas être simple, car Antonello, à la recherche de la perfection picturale, va tomber sous le charme de la jeune femme…

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Un certain Cervantès

UN CERTAIN CERVANTÈS, par Christian Lax (Futuropolis, 2015)

2008. Mike Cervantès est un homme solitaire, qui fait le cow-boy dans un village pour touristes au fin fond des Etats-Unis. Arrêté par la police pour plantations de marijuana, il s’enrôle dans l’armée et se retrouve en Afghanistan, où avec son groupe il saute sur une mine. Il est le seul à en réchapper vivant, mais est capturé par les Talibans qui l’ampute d’un bras atteint de gangrène. Après plusieurs tentatives, il parvient à s’échapper et à rentrer aux Etats-Unis où l’armée, après quelques temps, lui fournit une prothèse adaptée à son handicap. Sortant un temps avec la prothésiste, Mike reste néanmoins un sanguin et pour aider un ami qui lui prête une voiture mais dont l’entreprise vient d’être saisie, il explose une agence bancaire et retourne alors en prison. Là, il se met à lire Don Quichotte de son presque homonyme Miguel de Cervantès. Se passionnant pour les nombreux parallèles entre la vie du Cervantès du 16e siècle et la sienne, il rencontre même l’auteur espagnol et les deux conversent souvent ensemble. Sorti de prison, décidé à vaincre les injustices, Cervantès va aider un migrant qui a traversé la frontière mexicaine, et surnomme l’homme Sancho. C’est le début d’un road movie pour les deux hommes. Cervantès voulant toujours défendre les causes qu’il estime justes, il est toujours recherché par la police, et la cavale va les mener de San Francisco à New-York

J’ai emprunté cet album sans trop savoir de quoi il retournait, il faisait juste partie des nouveautés à la bibliothèque. Je suis ravie de retrouver le dessin de Christian Lax, que je connaissais dans le domaine du cyclisme (Pain d’alouette première et deuxième époque, L’aigle sans orteils, L’écureuil du Vel d’Hiv’), dans cette très jolie histoire se déroulant sur 200 pages. En effet, le dessin est toujours au top, et les personnages croqués de manière toujours juste. Le héros Mike est sanguin, utilisant plus facilement les poings plutôt que sa tête pour combattre les injustices (les banques qui revendent les biens de leurs clients à la suite de la crise des subprimes, les bibliothèques qui censurent certains titres de manière qu’il juge arbitraire…) et fréquente à plusieurs reprises les prisons. Ce côté rebelle et voulant combattre toutes les injustices de l’Amérique des années 2000 rend le personnage attachant, et le côté fantastique avec les dialogues avec le Cervantès espagnol passe tout à fait, tellement les parallèles sont troublants. En effet, les combats contre l’injustice n’ont pas faibli, 5 siècles après… J’ai beaucoup aimé ce côté fantastique, où on pense être dans la tête de Mike qui aurait des hallucinations, revivant les aventures de Miguel au 21ème siècle, comme si cela écrivait sa destinée au présent… Cela apporte une touche très originale et qui, étrangement, ne cloche pas du tout avec l’histoire. Je n’ai pas lu le texte original du 16ème siècle, mais j’ai entendu parler de certains passages, et Christian Lax fournit de nombreuses informations sur Miguel de Cervantès, ce qui fait qu’il est relativement aisé de faire les parallèles entre les deux époques, entre le comportement de Mike et celui de Miguel. J’en ai certainement raté quelques uns, mais ceux que j’ai repérés m’ont fortement plu. Voici donc un album bien original, qui plaira certainement aux fans de Don Quichotte tout comme à ceux de Lax, que je découvre là sur un thème complètement différent. J’aime toujours autant, et vais aller continuer sans trop attendre ma découverte de cet auteur auprès de ma bibliothèque !

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle (beaucoup) sur les blogs : Chroniques de l’invisible, D’une berge à l’autre, Miss Alfie croqueuse de livres, Sin City, Biblio du dolmen, Un amour de BD

Premières planches à voir sur Izneo.

Cet album participe à , cette semaine chez Noukette.

Charly 9

CHARLY 9, par Richard Guérineau (Delcourt, 2013, coll. Mirages)

Récit romancé de la fin de vie du roi Charles IX, qui aurait ordonné le massacre de la saint Barthélémy en août 1572 à la demande de sa mère, alors qu’il n’avait rien à reprocher personnellement aux protestants. Dès lors, se rendant compte au fur et à mesure de l’étendue du massacre qui a eu lieu à Paris et dans la France entière, le jeune roi influençable sombre dans la folie. Sa mère prépare déjà sa succession avec son autre fils. Charles n’est pas spécialement attiré par la politique du royaume, il préfère la chasse et sa maîtresse protestante, épargnée du massacre à sa demande… Charles est un roi instable : par exemple, pour des convenances personnelles, il décide de changer le début du calendrier du 1er avril au 1er janvier. C’est un roi qui pour échapper à ses obligations, décide de s’enfuir en forêt. C’est donc un monarque loin d’être fiable, qui sombre dans la folie lentement et qui va être peu à peu abandonné de tous…

Voici un album adapté d’un roman de Jean Teulé. J’avais déjà lu Le magasin des suicides, mais là ce n’est pas le même genre, il y a une base historique réelle : les personnages principaux ont existé, le massacre de la Saint Barthélémy aussi. Après, pour le reste, je ne saurais dire précisément, mais je crois qu’il ne faut pas prendre pour argent comptant ce qui est raconté dans l’histoire. Une fois cela accepté, on peut lire ce récit comme une fiction et se mettre dans la peau du roi Charles IX, rebaptisé de façon anachronique Charly. On suit sa folie, que Richard Guérineau reproduit parfaitement avec les images de plus en plus rouge sang. J’ai particulièrement aimé les passages où on est dans la tête du jeune homme, avec l’épisode parodié de Johan et Pirlouit. J’ai trouvé ça très fort et complètement délirant. En feuilletant l’album en librairie, je trouvais ça bizarre, mais finalement quand on est dans l’histoire, cela passe presque pour être totalement normal, cela fait partie du délire du roi. La parodie de Lucky Luke est elle aussi bien trouvée, et prend toute sa place malgré l’anachronisme flagrant. L’histoire se lit d’une façon très fluide et sans difficultés. Au fur et à mesure que l’histoire avance, le rouge est de plus en plus présent avec le développement de la maladie du roi. L’album est constitué de plusieurs styles de dessin, qui ne dénotent pas du tout dans l’ensemble. J’ai beaucoup aimé les types de dessins, avec toujours de nouvelles choses, de nouveaux détails à observer. L’humour noir est aussi présent dans l’album, avec par exemple les répliques du roi qui se demande où se trouve certains membres de sa cour, alors que ceux-ci, protestants, ont été victimes du massacre. On se rend compte que le roi est complètement à côté de la plaque, et qu’il chasse même dans la cour du Louvre… Ce sont vraiment des passages drôles. Bref, le scénario est parfois complètement déjanté, et j’ai aimé cet aspect bien original. Avec un dessin très travaillé, cela nous donne un album incontournable parmi les sorties de 2013. C’est un album que j’ai emprunté en bibliothèque, mais je regretterais presque de ne pas l’avoir dans mes étagères…

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Chroniques de l’invisible, Sin City, Le grenier à livres, C’est l’heure du goûter, Miss Alfie croqueuse de livres

Réécouter l’émission de France Inter où est reçu Jean Teulé pour l’adaptation en BD.

Quelques planches à voir sur le site de l’éditeur.

Magellan : jusqu’au bout du monde

MAGELLAN, JUSQU’AU BOUT DU MONDE, par Christian Clot, Bastien Orenge, Thomas Verguet (Glénat, 2012, coll. Explora)

1522, retour d’un bateau au port de Séville. C’est le seul bateau rescapé de l’expédition dirigée par Magellan, partie trois ans plus tôt. Des plus de 200 hommes, seuls 18 reviennent au port ce jour-là, sans leur commandant. Un homme tenait un journal de bord de l’expédition, il se nomme Pigafetta, et va demander à rencontrer le roi d’Espagne Charles Quint, qui avait été convaincu par l’idée de l’explorateur portugais : la terre est ronde et on peut en faire le tour… Il va donc raconter comment l’expédition a pu être un tel échec, et ce qui s’est déroulé pendant les trois dernières années…

J’ai choisi cet album pour sa couverture que je trouvais attrayante, mais au bout du compte, je n’ai pas été très fan de cet album, qui contient beaucoup de texte, et fait assez didactique. Le dessin est pourtant loin d’être désagréable, avec de beau paysages sur des pleines planches. Mais on sent que le scénariste veut retracer le plus précisément possible le périple de Magellan et de ses bateaux, et je n’ai pas spécialement accroché, je ne me suis pas laissé emporter par cette expédition. En plus, les textes dans les bulles sont écrits assez petits, ce que m’a pas aidé à être à l’aise avec cet album, auquel j’ai dû m’accrocher un peu pour le terminer. Pourtant, ce livre sentirait presque la mer ! Dommage pour moi !

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Le jardin de Natiora, Le bibliophare, Delcyfaro.

Voir le blog du scénariste et explorateur Christian Clot, et celui de Bastien Orenge, un des dessinateurs.

Voir aussi la bande annonce de l’album : http://www.dailymotion.com/video/xp9k8k_magellan-bande-annonce_creation