BD fantastique, BD historique

Les sœurs Fox, tome 1

LES SOEURS FOX, tome 1 : ESPRITS, ÊTES-VOUS LÀ ?, par Philippe Charlot (scénario) et Grégory Charlet (dessin et couleurs) (Bamboo, 2017, coll. Grand angle)

soeurs fox

Au milieu du 19e siècle, en plein cœur des Etats-Unis, une famille s’installe tout juste dans une maison à la drôle de réputation. Les deux jeunes sœurs de la famille, les adolescentes Maggie et Kate, usent d’un petit stratagème pour faire croire que les esprits habitent la maison et sont capables de communiquer avec les vivants. Au départ prises au jeu, les deux sœurs sont intégrées à la petite communauté rurale de cette façon, en faisant des « consultations » lors desquelles les vivants rencontrent leurs morts. Cela aide bien leurs parents, qui accueillent les habitants en acceptant tous leurs présents, alimentaires ou liquides, profitant de la situation… Mais accusées de sorcellerie et ayant peur que leur supercherie soit découverte, les deux sœurs vont fuir leur village grâce à leur sœur aînée qui vit en ville… Lire la suite « Les sœurs Fox, tome 1 »

BD aventure, BD historique

Les trois grognards, tome 1

06LES TROIS GROGNARDS, tome 1 : L’ARMÉE DE LA LUNE, par Régis Hautière (scénario) et Frederik Salsedo (dessin) (Casterman, 2016)

trois grognardsEn 1805, Honoré, ancien lieutenant ayant combattu aux côtés de Toussaint Louverture à Saint Domingue, parvient à s’échapper du fort de Joux, réputé hyper sécurisé. Cependant, il est rattrapé près d’un port. Plutôt que de le renvoyer en prison, on lui propose une mission : accéder et transmettre les plans d’attaque de Napoléon contre l’Angleterre. Mais pour cela, il faut qu’il réintègre l’armée dont il a été déchu, mais en qualité de simple soldat. Là, il est victime de racisme de la part d’autres soldats, mais il rencontre aussi un jeune maladroit, Félicien, et une grosse brute, Kémeneur. Les voilà aux prises avec une affaire d’espionnage qui les dépasse ? Qui veut déjouer les plans de l’empereur ?  Lire la suite « Les trois grognards, tome 1 »

BD aventure

Musnet, tome 1

MUSNET, tome 1 : LA SOURIS DE MONET, par Kickliy (Dargaud, 2016)

musnetMus est une petite souris vagabonde qui erre, à la recherche de travail. Elle arrive par hasard dans une grande maison, et y rencontre une jeune souris prénommée Mya. C’est en fait le domaine de Giverny, dans lequel vit le peintre Monet. Mus devient l’apprenti et l’élève d’un écureuil râleur et peu sociable, Rémi. Ce dernier va lui apprendre son art, et Mus va découvrir par la même occasion le travail de Monet. Lire la suite « Musnet, tome 1 »

BD aventure

Undertaker, tome 2 : la danse des vautours

UNDERTAKER tome 2 : LA DANSE DES VAUTOURS, par Xavier Dorison (scénario) et Ralph Meyer (dessin) (Dargaud, 2015)

undertaker2Suite du tome 1. Jonas Crow, le croque-mort dont le seul ami est un vautour, accompagné d’une gouvernante anglaise et d’une domestique chinoise, doit conduire le corps du riche Cusco dans sa première mine, là où a commencé sa richesse. Mais les mineurs d’Anoki City n’ont pas tardé à comprendre le stratagème de leur ancien patron décédé et partent aux trousses de Crow pour récupérer leur dû… La course poursuite continue dans cet ouest américain infestés de personnages plus malfaisants les uns que les autres… Lire la suite « Undertaker, tome 2 : la danse des vautours »

BD polar

Sykes

SYKES, par Pierre Dubois et Armand (Le Lombard, 2015, coll. Signé)

sykes

Sykes, vengeur hors du commun poursuivant les pires criminels américains, est un héros vivant dans l’ouest américain. De retour sur sa terre natale, il est reconnu par un jeune garçon nommé Jim, qui l’adule. Mais pourtant, lorsqu’une bande de tueurs arrive dans la ferme de sa mère, Jim n’a pas l’aide de Sykes pour éviter le pire. Il fuit le plus loin possible de cette maison devenue lieu de l’horreur et ne cherche plus qu’à rejoindre Sykes  pour venger sa mère… Mais Jim va découvrir qu’être un cow-boy n’est pas si facile…

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BD polar

Stern tome 1 : le croque-mort, le clochard et l’assassin

STERN tome 1 : LE CROQUE-MORT, LE  CLOCHARD ET L’ASSASSIN, par Frédéric et Julien Maffre (Dargaud, 2015)

Kansas, 1863, une ville est ravagée par un groupe d’hommes armés, les femmes sont violées et tuées, les hommes tués par arme à feu, les enfants ne sont pas non plus épargnés. 19 ans après, toujours dans le Kansas, Stern, croque-mort de profession, est appelé pour chercher le corps de Charles Bening, un homme alcoolique mort dans la chambre d’un bordel. L’abus d’alcool est sans conteste la cause de la mort de l’homme, et la veuve, membre d’un mouvement anti-alcool, demande au croque-mort, malgré l’interdiction, de disséquer son mari pour en conserver les organes dans du formol et ainsi montrer les ravages de l’alcool sur l’organisme. Moyennant un gros billet, le croque-mort, discret et taiseux, s’exécute, et découvre des poumons montrant des signes d’asphyxie. Bening n’est pas mort suite à son ivresse, il aurait été tué… Stern, qui héberge provisoirement l’unique ami du défunt, va aider le shérif de la ville à retrouver l’auteur. C’est alors qu’arrive en ville le beau-frère du mort, qui est battu à mort le lendemain… Ces morts étranges cachent quelque chose, que Stern va chercher à découvrir. Lire la suite « Stern tome 1 : le croque-mort, le clochard et l’assassin »

BD aventure

Les chevaux du vent, seconde partie

LES CHEVAUX DU VENT, seconde partie, par Christian Lax (scénario) et Jean-Claude Fournier (dessin) (Dupuis, 2012, coll. Aire libre)

Suite et fin du tome 1. Cette fois, Resham le fils qui était parti s’engager dans l’armée des colonisateurs britanniques à Calcutta revient. Cela fait 5 années que Calay, son père, est parti pour rendre visite à son fils Kazi dans un monastère de l’autre côté de la montagne, mais depuis, il n’a plus donné de nouvelles à sa famille. Alors le fils décide de déserter pour retrouver son père et le ramener auprès de sa mère mourante. Il se rend donc au monastère, où il découvre les talents de son frère et l’histoire de son père : inculpé pour espionnage, celui-ci est emprisonné dans un village en altitude. Formé aux techniques de défense, il parvient à le libérer mais celui-ci est très affaibli. Avec l’aide d’un médecin bouddhiste et les prières des moines, le père se remet, et le fils se charge donc de le ramener auprès de son épouse. Mais en route, ils sont attaqués…

Dans ce second volume qui se déroule donc cinq ans après le premier, l’histoire est plus concentrée sur la famille : le personnage central de l’histoire n’est plus le père mais le fils qui s’est exilé volontairement. Le scénario est toutefois toujours aussi riche en informations sur les traditions au Népal  (mandalas, vie au monastère, processions), mais ce n’est plus un élément central de l’histoire. De plus, il n’y a plus l’aspect historique comme dans le premier volume, les colonisateurs britanniques ne sont plus présents dans les pages de ce second volume. Par contre, j’ai observé qu’il y a plus de scènes violentes. Les scènes de combat sont plus nombreuses, mais pas forcément toujours bien faites. Je m’explique là-dessus : j’ai eu du mal à me représenter les mouvements lors de ces scènes, même si celles-ci sont détaillées, elles font assez figées. Les couleurs sont cependant plus intéressantes que dans le tome 1, et il y a quelques grandes planches réellement magnifiques avec de jolis panoramas sur la montagne et le monastère de Kazi. La scène de la procession est aussi très jolie et colorée. Les thématiques des traditions et coutumes ainsi que de la quête du père sont intéressantes, même si je regrette que la relation entre le père et le fils soit assez peu creusée cependant. Enfin, j’ai aussi, comme pour le tome 1, eu du mal à me repérer dans la géographie des différentes régions citées. Bref, ce diptyque est une histoire originale et agréable, qui change des productions habituelles de Lax. Même si je ne suis pas totalement convaincue, elle a des points forts indéniables, le premier étant son dépaysement…

A partir de 10 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Le comptoir de la BD, Le grenier à livres, Le blog Bd de Manuel Picaud

Premières planches à voir sur Digibidi.

BD aventure

Les chevaux du vent, première partie

LES CHEVAUX DU VENT, première partie, par Christian Lax (scénario) et Jean-Claude Fournier (dessin) (Dupuis, 2008, coll. Aire libre)

1850, Kazi, un jeune enfant népalais sourd-muet, est envoyé dans un monastère bouddhiste loin de sa famille. La décision est lourde de conséquences pour la famille, qui ne va pas revoir l’enfant pendant de longues années. Ses deux autres fils grandissent, tout en restant rivaux pour le cœur de la belle Mina. Toujours pris de remords, le père ne se remet pas du départ de son petit dernier, et quinze ans après son départ, il décide d’aller le voir en entreprenant un long voyage à travers les montagnes. Mais la situation a changé, et la zone est interdite. Alors pour contourner l’interdit, le père décide de s’engager chez l’ennemi, le colon britannique, qui recrute des cartographes pour tracer les cartes des régions nouvellement conquises. Ayant réussi les tests, le père choisit de cartographier la zone où se trouve le monastère de son fils. Considéré comme un traître aux yeux de son ethnie, il se fait le plus discret possible et effectue le travail demandé par les britanniques, mais ne se rend pas compte qu’il est suivi…

Je continue ma découverte du travail de Christian Lax, qui est présent cette fois uniquement sur le scénario. J’ai beaucoup aimé ce voyage au Népal, vraiment dépaysant. J’ai aimé les références historiques, avec l’histoire coloniale britannique qui commence juste dans cette zone du monde. L’histoire familiale est aussi intéressante. Le personnage du père est touchant, alors que ceux des enfants sont plutôt égoïstes, se souciant peu de leur petit frère sourd-muet envoyé dans un monastère. La mère quant à elle n’a pas spécialement son mot à dire là-dedans, elle subit la situation de rivalité entre ses deux grands fils, et voit sa famille se déchirer sans pouvoir agir. Les personnages sont bien décrits, en tout cas suffisamment pour qu’on s’attache à eux. On en apprend aussi sur l’esprit très différent de la culture népalaise traditionnelle. L’histoire est donc très instructive sur ce pays d’Asie. Par contre, j’ai été globalement peu fan du trait, que je n’ai trouvé pas très moderne. Mais au fil des pages, j’ai pris l’habitude du dessin, et je me suis dit que cela était peut-être lié aux couleurs, qui paraissent assez granuleuses. J’ai eu cependant un peu de mal à me repérer au départ parmi les personnages, qui se ressemblaient un peu trop. Ce tome 1 des chevaux du vent constitue donc un bon album, à poursuivre rapidement par la lecture du second et dernier volume. En effet, ce premier volume se termine en plein milieu d’un rebondissement… C’est assez frustrant je trouve…

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Sin City, Le grenier à livres, Blog BD Sud-Ouest

Quelques planches à voir sur BDGest.

Aller voir le site du dessinateur.

BD aventure

Undertaker, tome 1 : le mangeur d’or

UNDERTAKER, tome 1 : LE MANGEUR D’OR, par Xavier Dorison (scénario) et Ralph Meyer (dessin), (Dargaud, 2015)

A Anoki City, cité minière du Far-West, Joe Cusco, ancien mineur devenu millionnaire et maître de la ville, sent la mort approcher dangereusement. Il demande alors les services de Jonas Crow, croque-mort atypique au compagnon de route original : il se promène avec un vautour. Ce dernier se rend dans la ville et découvre un homme qu’il va devoir convoyer, une fois mort, vers la première mine où il a commencé à faire fortune. Mais juste avant de décéder, le riche homme décide d’avaler tout son or, pour ne rien laisser après lui. Seule sa gouvernante anglaise était censée être au courant, mais le secret est éventé et les mineurs d’Anoki City se lancent alors à la poursuite du cercueil de leur défunt patron, pour récupérer leur dû… Crow fuit avec le corps de Cusco, sa gouvernante anglaise et sa cuisinière chinoise… C’est le début d’une folle épopée…

J’ai emprunté cet album un peu au hasard, en ne m’attendant pas à quelque chose de spécifique. Le scénario est bon et bien mené, même s’il n’a pas de grande originalité.  En effet, on se doute bien que Crow le croque-mort cache quelque chose, lorsqu’il doit recourir à la violence quand cela ne va pas dans son sens, et que cela ne semble pas lui poser de problème de conscience. On se doute bien alors qu’il a un passé criminel chargé. C’est un héros qui n’apparaît pas comme spécialement sympathique, mais plutôt comme un personnage malfaisant : pas seulement à cause de son métier de croque-mort, mais aussi et surtout parce qu’il se promène avec un vautour qu’il a épargné pour on ne sait quelle raison. Il paraît sûr de lui, et on croit au départ qu’il domine la situation, mais en fait il n’en est rien, car il se fait avoir par Cusco, riche propriétaire de mine d’or atteint d’une maladie incurable et qui se suicide après avoir mangé tout son or. L’épopée qui s’en suit est inattendue pour Crow, c’est là que la situation s’emballe. Le dessin de Ralph Meyer (que je ne crois pas avoir lu et chroniqué auparavant sur ce blog) est très agréable, j’aime bien ce trait. Les portraits sont très détaillés, et on prend plaisir à s’arrêter sur chaque case. Les couleurs assez sombres utilisées correspondent très bien à l’ambiance noire, violente et parfois cynique de l’histoire qui ne comporte pas de temps mort. La fin, qui n’en est pas une vraiment, engage à lire le tome 2. C’est ce que j’espère pouvoir faire bientôt, pour terminer ce diptyque qui contribue à me faire apprécier le western, moi qui ne croyais pas trop être cliente de ce genre-là…

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Un amour de BD, Des images et des bulles, Tamaculture, BricabookDiacritik

Premières planches à voir sur Izneo.

Cet album faisait partie de la sélection polar au dernier festival d’Angoulême.

BD aventure, BD fantastique

Le château des étoiles, tome 1 : 1869, la conquête de l’espace

LE CHÂTEAU DES ÉTOILES, tome 1 : 1869, LA CONQUÊTE DE L’ESPACE, par Alex Alice (Rue de Sèvres, 2014)

A la fin du XIXe siècle, la communauté scientifique croit que l’espace est fait d’éther, qui permettrait de se déplacer à haute vitesse entre deux points. Chez les Dulac, le père est ingénieur, la mère scientifique. Cette dernière lance une expérience avec un ballon, pour vérifier la présence du fameux gaz à 11 000 m d’altitude, mais cela se solde par un échec et elle disparaît dans le ciel, le ballon devenant incontrôlable et finissant par exploser. Le fils Séraphin a une petite dizaine d’années et reste persuadé de l’existence de l’éther, si bien qu’il l’inclut dans tous ses exposés qu’il présente à l’école. Un an plus tard, le père, Archibald, reçoit par un mystérieux courrier l’annonce que le carnet de sa femme a été retrouvé. Il se rend alors à l’adresse indiquée, mais cela ne se passe pas comme prévu : des Prussiens cherchent à l’envoyer à Berlin et non pas en Bavière, comme noté sur la missive. Le père et le fils se rendent en effet chez le roi Ludwig, qui finance en secret la construction d’un éthernef…

Voici un album dont j’avais entendu parler il y a quelques temps, alors qu’il était sorti sous forme de 3 journaux avant sa parution en album. Il s’agit là du premier album d’un diptyque, dont la couverture m’a fait grandement penser à du Jules Verne et à ses éditions du 19ème siècle (d’ailleurs l’auteur dans ses nombreux remerciements remercie Jules Verne et son éditeur Hetzel). Le côté scientifique de l’aventure ne m’a pas plus emballée que cela, car ce n’est pas un domaine qui m’attire personnellement, mais j’ai tout de même trouvé ça intéressant, quoique je ne crois pas avoir tout compris à ce sujet. Il n’empêche que l’enthousiasme du père et surtout du fils parviennent à accrocher le lecteur et à l’intéresser à cette idée un peu folle de voyager très rapidement, et à cette volonté de faire avancer la science. Les aspects négatifs des progrès scientifiques sont abordés sous l’angle des prussiens, qui utiliseraient les avancées pour faire la guerre d’une façon ‘efficace’ et ainsi soumettre plus facilement les autres pays à leur volonté. J’ai bien aimé cet aspect de l’histoire, où on montre comment des avancées technologiques peuvent être utilisées à des fins de paix ou de guerre, selon les volontés de ceux qui les découvrent, comme ce fut le cas au 20e siècle avec l’atome et la bombe atomique.

Les dessins d’Alex Alice, que je ne connaissais pas avant, sont agréables, même si quelquefois assez inégaux : certains arrières-plans sont assez légers, peu détaillés, donnant même parfois l’impression d’être simplement esquissés. Cela ne perturbe pas la lecture, mais j’ai trouvé cela dommage par moments. Par contre, les portraits sont quant à eux très jolis, très doux. Cela est certainement dû à la mise en couleurs particulière, très travaillée, tout en nuances : pas de couleurs criardes dans cet album, mais des choix très judicieux pour donner une ambiance agréable à cette histoire pleine de rebondissements. Le trait d’Alex Alice est tout de même très réaliste, et les différents angles choisis permettent de livrer une histoire dynamique, sans temps mort. Je prendrai la suite de l’histoire à la bibliothèque pour connaître la fin des aventures de Séraphin. Car oui, ce qui est bien frustrant dans cet album, c’est que la fin n’en est pas vraiment une, et qu’on n’a qu’une envie : lire la suite !

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle (beaucoup) sur les blogs : Lirado, Chroniques de l’invisible, Petites madeleines, Un amour de BD, Un ptit bout de bib

Visiter le site du dessinateur (en anglais). Voir aussi le site consacré à la série.

Premières planches à retrouver sur le site de l’éditeur.