Papeete 1914, tome 2 : Bleu horizon

PAPEETE 1914, tome 2 : BLEU HORIZON, par Didier Quella-Guyot (scénario) et Sébastien Morice (dessin) (Emmanuel Proust média, 2012)

Suite et fin du tome 1. L’enquête se poursuit sur l’île de Tahiti, où des morts suspectes surviennent en même temps que la guerre mondiale se rapproche avec le bombardement de Papeete par un navire allemand.  Simon Combaud fait face à une communauté polynésienne soudée, et va devoir mener l’enquête seul ou presque…

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Au revoir là-haut

AU REVOIR LÀ-HAUT, par Pierre Lemaître (scénario) et Christian de Metter (dessin) (Rue de Sèvres, 2015) d’après le roman de Pierre Lemaître (Prix Goncourt 2013).

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Albert et Edouard ont vécu la Grande Guerre, dans les tranchées. Rescapés, blessés physiquement ou psychologiquement, les deux hommes retournent à la vie civile, mais comprennent que la société ne veut pas entendre parler du conflit qui a duré quatre longues années. Les morts sont mis en avant à travers les nombreux monuments aux morts qui s’érigent, mais les survivants dont ils font partie sont oubliés, mis de côté, exclus. Edouard, issu d’une grande famille de banquiers connue du tout-Paris, préfère être annoncé mort plutôt que de rentrer dans sa famille en tant que gueule cassée. Sa sœur quant à elle se marie avec un lieutenant à l’ambition démesurée, qui monte peu de temps après la fin du conflit une affaire de cercueils pas chers, mais cela tourne au vinaigre… De leur côté, Albert, le survivant psychologiquement fragile et Edouard, le survivant défiguré devenu muer mais très intelligent et artiste, vont quant à eux monter une arnaque gigantesque en proposant aux communes de France des monuments aux morts qu’ils ne livreront jamais…

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La guerre des Lulus tome 4 : 1917, la déchirure

LA GUERRE DES LULUS, tome 4 : 1917, LA DECHIRURE, par Régis Hautière et Hardoc (Casterman, 2016)

Suite du tome 3. Quelques temps après les avoir laissés, on retrouve des Lulus qui ont bien grandi. La guerre dure depuis 3 ans et ils désespèrent de pouvoir un jour rentrer, le conflit s’enlise et on n’en voit pas le bout… Par un concours de circonstance, le groupe d’amis se retrouve en Belgique, le pays de Luce…  Ils vont aussi y rencontrer des « locaux »…

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Papeete 1914, tome 1 : Rouge Tahiti

PAPEETE 1914, tome 1 : ROUGE TAHITI, par Didier Quella-Guyot (scénario) et Sébastien Morice (dessin) (Emmanuel Proust média, 2011)

En 1914, à Tahiti, loin de la métropole, on se soucie bien peu de la guerre qui menace en Europe. La vie suit son cours à Papeete, entre métropolitains et vahinés. Arrive par bateau Simon, un jeune homme venu de Paris pour des motifs qu’il ne dévoile pas au départ. Seul son carnet de notes est la preuve qu’il recherche quelqu’un. Simon découvre le mode de vie à la tahitienne, avec les vahinés qui jouent de leur corps pour séduire les hommes, des métropolitains qui tiennent les commerces, un peintre exilé pour les couleurs de la Polynésie (mais pas que…), un missionnaire très sévère sur les mœurs locales… C’est alors que la guerre bien lointaine se rapproche avec deux croiseurs allemands qui menacent l’île, et le gouverneur décide de réarmer l’île, mais cela prend du temps et les militaires sont peu nombreux… En parallèle, une première vahiné est découverte morte, tombée depuis un chemin qu’elle connaissait pourtant parfaitement… Ce décès sur l’île paradisiaque, en plus du siège et du bombardement par les navires allemands, va secouer l’île, surtout lorsqu’une seconde vahiné disparaît de la même manière…

Voici un album au sujet que j’ai trouvé très original, et dont je n’avais jamais entendu parler avant : la première guerre mondiale dans les îles polynésiennes. Ici, pas de tranchées, mais une attaque de la ville de Papeete par deux navires allemands. Il est important de préciser qu’il s’agit d’un fait historique réel, comme il est expliqué dans le dossier documentaire à la fin de ce premier volume. Car oui, il s’agit d’un diptyque, et je ne vois pas trop pourquoi l’histoire n’a pas été publiée en un seul et même volume, tellement la fin de ce tome est en plein milieu de l’action… Bref, mis à part ce point de détail frustrant, j’ai beaucoup aimé ce premier tome, grâce à l’aspect historique bien développé. On a plusieurs personnages importants, même si on suit principalement Simon le parisien qui a atterri sur l’île et n’a pas l’air très déterminé à résoudre l’énigme pour laquelle il est venu, plus préoccupé par sa relation amoureuse avec la belle Mareta. Dans cet album, l’événement historique côtoie l’histoire d’amour, et le tout se lit plutôt bien, avec un scénario assez dense et détaillé. Le dessin est agréable, très ligne claire, et servi par des couleurs paradisiaques qui donnent envie de se rendre sur place. Les décors sont magnifiques et les personnages sont bien représentés, avec nombre de détails. L’album est graphiquement très joli, on passe un agréable moment : déjà dès la couverture, on est séduit par l’aspect graphique. Par contre, dernière chose, j’ai eu des difficultés avec certaines typographies manuscrites : lorsque Simon écrit dans son journal, il a une écriture assez illisible, qui nécessite de se pencher véritablement sur les caractères. Cela a ralenti ma lecture, et ne l’a pas rendu toujours agréable… Mais il n’en reste pas moins que cet album mérite qu’on s’y attarde grandement…Alors bon voyage !

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Chroniques de l’invisibleLes livres de CamilleBlog BD Sud-ouest, Le blog de Véronique D., Acoram

Premières planches à voir sur Digibidi.

Visiter le blog du scénariste (jusqu’en 2013), et celui du dessinateur, tous deux également auteurs de Facteur pour femmes (lu mais pas (encore ?) chroniqué sur ce blog)

Retour sur le bombardement de Papeete sur le site officiel de la ville tahitienne.

Cet album participe à , cette semaine chez Jacques (un amour de BD).

La guerre des Lulus, tome 3 : 1916, le tas de briques

LA GUERRE DES LULUS, tome 3 : 1916, LE TAS DE BRIQUES, par Régis Hautière et Hardoc (Casterman, 2015)

Suite du tome 2. Leur ami Hans étant mort, les jeunes Lulus tentent de survivre. Ils trouvent refuge en forêt auprès de Gaston, un vieux sabotier vivant reclus dans sa cabane. Ce dernier leur raconte comment c’était avant la guerre et ne pouvant nourrir autant de bouches, leur conseille de tenter leur chance à Guise, la ville la plus proche. Dans cette commune occupée par l’armée allemande, la jeune troupe trouve pendant un temps refuge dans le familistère, une structure très particulière où les employés . Mais malgré leur volonté d’être discrets, ils ne tardent pas à se faire remarquer et à mettre en danger les habitants de cette communauté…

J’ai mis un peu de temps avant de lire cette suite, et à la fin de la lecture, j’ai eu un sentiment mitigé, pas si enthousiaste que j’aurais aimé l’être. Pourtant, le dessin est toujours super, quoique assez sombre. Les couleurs sont toujours autant de qualité. L’histoire de ce tome est elle aussi plus sombre : les jeunes héros ont grandi, physiquement pour certains et mentalement, pour tous. La guerre qui dure depuis déjà deux ans leur a volé une part de leur enfance et de leur innocence, mais ils semblent toujours soudés, prêts à s’entraider et à se sortir de n’importe quel faux-pas. Le scénario s’attarde grandement dans la première partie du volume sur le familistère de Guise. Pour moi, ce lieu n’était pas une découverte, car j’ai lu il y a quelques temps déjà De briques et de sang, par le même scénariste (la référence est d’ailleurs mentionnée en bas d’une planche) et j’ai eu une impression de redondance. J’ai aussi trouvé cette partie très pédagogique, peut-être un peu trop parfois. L’originalité par rapport à l’album cité précédemment réside par contre dans les angles insolites sous lesquels est dépeint le familistère : escaliers, greniers… et au-delà de l’aspect explicatif (presque trop didactique quelquefois), cela donne envie de s’y rendre pour voir à quoi cela ressemble plus d’un siècle après sa construction. Sinon l’histoire reste tout de même bien intéressante, les héros évoluent et surtout la fin a été pour moi inattendue, elle ne peut qu’inciter à lire la suite. En tout cas, cette série de qualité mérite vraiment qu’on s’y attarde ! Vivement la suite !

A partir de 13 ans selon l@BD.

Premières planches à voir sur Izneo.

Un long destin de sang

UN LONG DESTIN DE SANG, intégrale, par Laurent-Frédéric Bollée (scénario) et Fabien Bedouel (dessin) (12bis, 2012)

Au coeur de la première guerre mondiale, en avril 1917, un soldat français revient dans sa tranchée et découvre ses compagnons d’armes morts, sans en comprendre la raison. C’est alors que les mortels gaz toxiques arrivent et tuent ce dernier survivant de ce régiment d’infanterie qui a juste le temps d’enfouir en terre son appareil photo, avant que les corps ne soient évacués par des inconnus portant des masques à gaz. Un an plus tard, en mars 1918, alors que Paris est bombardé par un canon allemand à longue portée, un scandale impliquant l’armée et son rôle dans la mystérieuse disparition du régiment est prêt d’éclater grâce à l’obstination d’un journaliste qui a analysé les photos retrouvées dans cette fameuse tranchée où a péri le régiment maudit. Mais ces révélations ne plaisent pas à tous, et les embûches vont être nombreuses avant de pouvoir rétablir la vérité sur ces soldats sacrifiés…

Cet album d’un peu plus de 100 pages regroupe les deux tomes parus initialement en 2010 et 2011. Je l’ai emprunté pour son scénariste, dont j’avais apprécié le travail dans Deadline. Et bien, cette fois non plus, je ne suis pas déçue : le scénario est très bien construit, à la façon d’un film. On saute d’un personnage à l’autre de façon très rapide, parfois trop, si bien qu’on ne sait plus trop où on se trouve. L’histoire commence en avril 1917, se poursuit en mars 1918, et revient ensuite à la veille. En bref, la révélation du scandale tient sur deux jours, ces deux jours de mars 1918. Les personnages sont nombreux, heureusement qu’ils sont présentés au début de l’album, à la manière d’une pièce de théâtre. Le récit est fort bien mené, servi par un dessin agréable, même si parfois je le trouve un peu trop brut et sec. Les couleurs sont assez ternes, mais cela ne contraste pas avec les propos : bien au contraire, elles parviennent à entretenir l’ambiance très noire de cette histoire. Les personnages se différencient bien les uns des autres, et on comprend facilement le rôle qu’ils jouent. Chaque caractère est suffisamment creusé pour que le lecteur se sente impliqué dans l’histoire. Au final, tous les personnages et toutes les situations présentées finissent par converger vers la résolution de l’énigme de la mort des soldats du régiment un an auparavant, et toutes les pièces du puzzle se replacent. Par son scénario sacrément efficace et son dessin réaliste et simple, j’ai passé un très agréable moment de lecture, même si certaines cases sont difficilement supportables au départ, ne dissimulant pas l’horreur de la guerre. Un long destin de sang est un album qui mérite véritablement le détour.

A partir de 15 ans selon l@BD.

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Premières planches du tome 1 et du tome 2 à lire sur Izneo.

Cet album participe à la-bd-de-la-semaine-150x150, cette semaine chez Noukette.

Les Godillots, tome 2 : L’oreille coupée

LES GODILLOTS, tome 2 : L’OREILLE COUPÉE, par Olier (scénario) et Marko (dessin) (Bamboo, 2013)

Suite du tome 1. 1917. La guerre dure depuis trois ans, et Palette, Le Bourhis et le jeune Bixente sont toujours soldats. Par hasard, ils découvrent une oreille d’un soldat allemand qui a été découpée par un soldat français. Le capitaine Mougin qui a le sens de l’honneur va sur les lignes allemandes pour s’excuser et nos trois héros le suivent, tandis qu’une inspection générale a lieu dans les rangs français pour savoir qui a fait cela. Mais parlementer avec l’ennemi, même pour reconnaître sa faute, n’est pas du tout bien vu par l’état-major français. Lorsqu’ils vont rentrer à leur base, les soldats français vont comprendre qu’il ne fait pas bon s’entendre avec un soldat ennemi, même si c’est un très bon cuisinier…

De retour avec la série jeunesse « Les Godillots », très bien écrite et dessinée. L’histoire avec les mêmes personnages est différente du premier tome, dans le sens où elle est plus sérieuse et réellement tragique. A noter d’ailleurs que le principal fait raconté a réellement existé. C’est un aspect rare et souvent caché qui est évoqué dans cet album : le crime de guerre. Le récit n’est donc pas spécialement drôle, et cela est renforcé par le personnage auteur de ce crime, qui paraît vraiment méchant, sans foi ni loi. Dans ce volume, les personnages principaux héros de la série sont installés, il n’y a donc plus besoin de les présenter, on se concentre plus sur les péripéties. Il y a toujours de l’humour dans les dialogues, ce qui permet de mieux faire passer ce scénario qui peut être complexe pour les plus jeunes. L’aspect évoqué dans l’album du crime de guerre n’est pas souvent évoqué dans les albums de bande dessinée, c’est donc là encore un angle original. On découvre aussi que dans l’armée allemande au front, il n’y avait pas que des allemands, mais aussi leurs alliés, dont des Hongrois. C’est intéressant de montrer qu’il n’y avait pas que des Français et des Allemands qui se battaient mais qu’il s’agissait de jeux d’alliances. J’adhère complètement à cette série qui parvient à mêler l’aspect historique avec l’humour, le devoir de mémoire avec l’anecdotique. Les Godillots sont donc une série jeunesse de qualité, à conseiller aux plus jeunes mais pas que…!

A partir de 13 ans selon l@BD.

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