#Famous [roman]

#FAMOUS, par Jilly Gagnon (Hugo Roman, 2017, coll. New Way)

Rachel est une adolescente américaine qui a peu d’amis. Fan de théâtre, elle n’a pas les mêmes centres d’intérêts que ses camarades. A sa meilleure amie Mo’, elle dit tout, même son béguin pour un garçon sportif qui est dans le même cours d’écriture qu’elle. Lui, c’est Kyle, à qui tout semble sourire : beau gosse, apprécié des autres lycéens, amoureux de sa chérie Emma, Kyle est à l’opposé de Rachel. Un jour, Rachel est servie au fast-food par Kyle qui y travaille en tant que boulot étudiant. La jeune fille le prend en photo discrètement et poste le cliché sur son compte Twitter, qui compte très peu d’abonnés. Mais très vite, la photo devient virale sur le réseau social. Kyle gagne un nombre impressionnant d’abonnés, tandis que Rachel va subir les foudres des twittos qui ne la connaissent même pas. Le harcèlement se poursuit, jusqu’à ce que Kyle soit invité à un talk-show, qui lui propose même de tourner plusieurs épisodes… Lire la suite

La différence invisible

LA DIFFÉRENCE INVISIBLE, par Julie Dauchez (scénario) et Mademoiselle Caroline (dessin) (Delcourt, 2016, coll. Mirages)

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Marguerite a la vingtaine, un petit ami, un emploi de bureau dans une entreprise. Sa petite vie est parfaitement réglée, il faut dire que Marguerite aime son train-train et déteste tout imprévu : son trajet est parfaitement réglé, tout comme son emploi du temps quasi-minuté. La jeune femme déjeune toujours seule et ne prend pas de pause avec ses collègues, elle ne saisit pas le second degré et passe pour être particulière, voire même bizarre aux yeux de ses collègues. Elle a aussi des difficultés avec la vie en société : elle déteste les week-end imprévus ou loin de chez elle, ainsi que les soirées avec les amis de son mec, amis qui ne lui adressent même plus la parole. En même temps, elle ne sait pas quoi leur dire… Un jour, à force de se demander pourquoi elle n’est pas comme les autres, elle tombe sur un article sur internet qui lui fait découvrir le syndrome d’Asperger, une forme d’autisme. C’est la révélation pour la jeune femme, qui va alors, à force de persuasion et de persévérance, passer des tests et être diagnostiquée Asperger, « aspie » pour les intimes….

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Love story à l’iranienne

LOVE STORY A L’IRANIENNE, par Jane Deuxard (scénario) et Deloupy (dessin) (Delcourt, 2016, coll. Mirages)

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Comment se passe la vie des jeunes gens en Iran, sous le régime des mollahs ? Comment faire pour se rencontrer, flirter, tomber amoureux… quand la société ne le permet pas ? Un couple de journalistes français, sous couvert de pseudonyme, s’est rendu de nombreuses fois sur place pour rencontrer des témoins, et nous apporter un éclairage étonnant sur la vie amoureuse des jeunes Iraniens au 21e siècle… Lire la suite

L’anniversaire de Kim Jong-Il

L’ANNIVERSAIRE DE KIM JONG-IL, par Aurélien Ducoudray (scénario) et Mélanie Allag (dessin) (Delcourt, 2016, coll. Mirages)

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Jun Sang a 8 ans et est très fier de son pays. Il vit en Corée du Nord, et participe avec les autres enfants de son âge à la propagande du pays le plus fermé du monde. Jun Sang est d’autant plus fier que le 8 février, jour de l’anniversaire du dirigeant, c’est aussi son anniversaire. Alors même si ce n’est pas lui qui n’est pas mis en avant, le jeune garçon est tout de même particulièrement fier d’être là parmi le peuple. Mais lorsque ses parents, supportant de moins en moins le régime, décide de fuir vers la Chine, il les suit avec sa soeur aînée, mais la famille est capturée et envoyée dans un camp de travail… Lire la suite

Merci

MERCI, par Zidrou (scénario) et Arno Monin (dessin et couleurs) (Bamboo, 2014, coll. Grand angle)

Merci est une adolescente un peu rebelle et au look gothique, élevée par une mère à la santé défaillante. Elle vit à Bredenne, petite commune au milieu de la campagne de la Marne. Avec deux de ses amies, une nuit, elle tague la façade de la maison de son prof de maths, suite à une de ses remarques qu’elle a mal prise. Un juge un peu particulier, critiqué pour ses prises de position parfois hors du commun, décide de lui faire passer 150 heures dans la mairie de sa commune, pour y développer des projets pour les adolescents de la ville. Il faut dire que la jeune fille ne manque pas d’idées, et va secouer les adultes…

Encore un Zidrou sur ce blog ! Pourtant, je ne les ai pas tous lus, il y en a tellement que c’est bien difficile à suivre… Celui-là, je l’ai réservé parmi les nouveautés de la bibliothèque, sans trop savoir le sujet, d’autant plus que le titre ne me paraissait pas avoir de lien avec l’illustration de la couverture. Et pourtant, une fois cet album ouvert, on comprend que ce drôle de prénom cache une héroïne pleine de caractère, déterminée à améliorer sa situation et celle des gens de son âge. Avec ses copines aux prénoms des chanteuses d’Abba, elle n’est pourtant pas un ange. Elle serait plutôt du genre rebelle, mais une rebelle un poil râleuse qui va tenter de changer les choses. Pour son caractère particulier, cette héroïne est vraiment attachante. Ses remarques sont très pertinentes, et répondent avec humour au discours des adultes. La scène chez le juge, dans son bureau au tribunal des enfants, est particulièrement savoureuse. Les scènes avec les employés municipaux sont elles aussi assez drôles, car la jeune fille parvient à remettre en cause, en douceur, certains immobilismes des adultes; elle a un regard neuf sur ce qui se passe dans la ville. Merci est un album qui fait du bien, l’héroïne parvient à se faire apprécier et à faire changer les choses, doucement mais sûrement. Les personnages secondaires sont bien exploités : ils sont parfois un peu fous (les parents de ses amies, fans de Abba au point de donner les prénoms suédois des chanteuses à leurs filles, ou encore le grand-père communiste), mais attachants eux aussi. Bref, le scénario, même s’il est parfois léger et pas inoubliable, est fluide et très agréable à suivre. Il n’y a pas d’étalage de bons sentiments, même si certaines situations sont assez manichéistes (le portrait du maire n’est pas à sa gloire, bien au contraire…). Le thème de la politique communale est assez rare dans une BD qui s’adresse aux ados, et rien que pour cela, cet album est vraiment à lire. Le dessin d’Arno Monin est quant à lui très joli, comme à son habitude (L’enfant maudit tome 1 et tome 2, L’envolée sauvage tome 1 et tome 2). Les couleurs, attrayantes et réalistes, mettent en valeur le scénario, et contribuent à le rendre très actuel. Merci est une bonne petite lecture, qui même si elle ne fera pas forcément date, permet de passer tout de même un agréable moment.

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle (beaucoup) sur les blogs : La bibliothèque de Noukette, Un amour de BD, Mille et une frasques, Livresse des mots, Chroniques de l’invisibleLes billets de Fanny, La bibliothèque du dolmen, Un petit bout de bib

Premières planches à voir sur Izneo.

Cet album participe à , cette semaine chez Stéphie.

Le sourire du clown – intégrale

LE SOURIRE DU CLOWN, le récit intégral, par Luc Brunschwig (scénario) et Laurent Hirn (dessin et couleurs) (Futuropolis, 2013)

En 1989, la roulotte de deux clowns âgés, Groko et Clock, s’installe pour l’été dans la cité des Hauts-Vents, un quartier de banlieue assez isolé de la ville par sa situation géographique, en haut d’une colline. L’un de deux clowns devient ami avec un jeune garçon blond habitant dans la cité, Djin, dont la mère, bonne du curé du quartier, est dépressive depuis que son mari a été expulsé de France. Dépressive, sur un coup de folie, elle tue Groko d’un coup de revolver, et est envoyée en prison pour 10 ans. Choqué par ce meurtre auquel il a assisté, Djin devient muet et est recueilli par son oncle et sa tante. Clock, le clown restant, est resté dans le quartier, et a monté une école de cirque pour les enfants et adolescents. Les années passent, et alors que la mère de Djin sort de prison mais n’ose revenir dans le quartier où tous la prennent pour folle, un soir d’hiver, un prêtre est envoyé dans le quartier, et reprend en main l’église abandonnée depuis le départ de son prédécesseur quelques années plus tôt… Ses méthodes sont pourtant loin d’être catholiques, et ses hommes de main ne sont pas des enfants de chœur non plus… Alors que Clock le clown est assassiné, un habitant du quartier, journaliste qui veut donner une meilleure image à la cité, enquête… Un jeune homme, Rachid, est accusé… Le nouveau curé aurait-il à voir avec ces récents événements ?

Cette intégrale du « sourire du clown » regroupe les 3 tomes d’une série parue initialement entre 2005 et 2009. L’album fait donc 200 pages, et permet de tout lire d’une traite, sans avoir les coupures des albums originaux. Le récit est dense et le scénario noir. Le peu d’humanité est souvent détruit par les habitants, jeunes ou moins jeunes, et certains non-dits ruinent tous les efforts de certains habitants à améliorer la situation dans ce quartier délabré. Les relations sont tendues entre les différents habitants de la cité des Hauts-Vents, endroit isolé de la ville, banlieue délaissée où la réputation de violence est tenace. Les personnages ne sont pas spécialement attachants, et les auteurs prennent largement le temps d’installer chacun d’entre eux. Les allers-retours dans le temps sont assez fréquents, et permettent au fil de la lecture de comprendre les raisons de la violence et des relations compliquées entre les gens. L’histoire est sacrément bien menée, et on se doute au fil des cases que le curé n’a pas spécialement de morale et qu’il utilise ses « ouailles » comme bon lui semble. Le dessin est particulier au niveau des portraits, chacun d’entre eux étant très travaillé, chaque gueule étant vraiment reconnaissable. Le trait est pourtant assez doux, et on entre vite dans l’histoire avec un tel trait agréable. Les couleurs sont un peu ternes, mais peut-être est-ce dû au type de papier mat utilisé pour cet album. Les couleurs contribuent à l’ambiance parfois malsaine de l’histoire et aux situations de violence. Le sourire du clown est un album ardu mais intéressant sur le malaise dans les cités de banlieue, et les situations qui peuvent dégénérer avec les comportements de certains mal-intentionnés. Une découverte intéressante, qui m’incite à aller voir d’autres productions de ces auteurs, en duo ou en solitaire…

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Chez Lorraine, A chacun sa lettre, Chroniques de l’invisible, Samba BD

Premières planches du tome 1, du tome 2 et du tome 3 à voir sur Izneo.

Visiter le site du dessinateur Laurent Hirn.

Un certain Cervantès

UN CERTAIN CERVANTÈS, par Christian Lax (Futuropolis, 2015)

2008. Mike Cervantès est un homme solitaire, qui fait le cow-boy dans un village pour touristes au fin fond des Etats-Unis. Arrêté par la police pour plantations de marijuana, il s’enrôle dans l’armée et se retrouve en Afghanistan, où avec son groupe il saute sur une mine. Il est le seul à en réchapper vivant, mais est capturé par les Talibans qui l’ampute d’un bras atteint de gangrène. Après plusieurs tentatives, il parvient à s’échapper et à rentrer aux Etats-Unis où l’armée, après quelques temps, lui fournit une prothèse adaptée à son handicap. Sortant un temps avec la prothésiste, Mike reste néanmoins un sanguin et pour aider un ami qui lui prête une voiture mais dont l’entreprise vient d’être saisie, il explose une agence bancaire et retourne alors en prison. Là, il se met à lire Don Quichotte de son presque homonyme Miguel de Cervantès. Se passionnant pour les nombreux parallèles entre la vie du Cervantès du 16e siècle et la sienne, il rencontre même l’auteur espagnol et les deux conversent souvent ensemble. Sorti de prison, décidé à vaincre les injustices, Cervantès va aider un migrant qui a traversé la frontière mexicaine, et surnomme l’homme Sancho. C’est le début d’un road movie pour les deux hommes. Cervantès voulant toujours défendre les causes qu’il estime justes, il est toujours recherché par la police, et la cavale va les mener de San Francisco à New-York

J’ai emprunté cet album sans trop savoir de quoi il retournait, il faisait juste partie des nouveautés à la bibliothèque. Je suis ravie de retrouver le dessin de Christian Lax, que je connaissais dans le domaine du cyclisme (Pain d’alouette première et deuxième époque, L’aigle sans orteils, L’écureuil du Vel d’Hiv’), dans cette très jolie histoire se déroulant sur 200 pages. En effet, le dessin est toujours au top, et les personnages croqués de manière toujours juste. Le héros Mike est sanguin, utilisant plus facilement les poings plutôt que sa tête pour combattre les injustices (les banques qui revendent les biens de leurs clients à la suite de la crise des subprimes, les bibliothèques qui censurent certains titres de manière qu’il juge arbitraire…) et fréquente à plusieurs reprises les prisons. Ce côté rebelle et voulant combattre toutes les injustices de l’Amérique des années 2000 rend le personnage attachant, et le côté fantastique avec les dialogues avec le Cervantès espagnol passe tout à fait, tellement les parallèles sont troublants. En effet, les combats contre l’injustice n’ont pas faibli, 5 siècles après… J’ai beaucoup aimé ce côté fantastique, où on pense être dans la tête de Mike qui aurait des hallucinations, revivant les aventures de Miguel au 21ème siècle, comme si cela écrivait sa destinée au présent… Cela apporte une touche très originale et qui, étrangement, ne cloche pas du tout avec l’histoire. Je n’ai pas lu le texte original du 16ème siècle, mais j’ai entendu parler de certains passages, et Christian Lax fournit de nombreuses informations sur Miguel de Cervantès, ce qui fait qu’il est relativement aisé de faire les parallèles entre les deux époques, entre le comportement de Mike et celui de Miguel. J’en ai certainement raté quelques uns, mais ceux que j’ai repérés m’ont fortement plu. Voici donc un album bien original, qui plaira certainement aux fans de Don Quichotte tout comme à ceux de Lax, que je découvre là sur un thème complètement différent. J’aime toujours autant, et vais aller continuer sans trop attendre ma découverte de cet auteur auprès de ma bibliothèque !

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle (beaucoup) sur les blogs : Chroniques de l’invisible, D’une berge à l’autre, Miss Alfie croqueuse de livres, Sin City, Biblio du dolmen, Un amour de BD

Premières planches à voir sur Izneo.

Cet album participe à , cette semaine chez Noukette.