Les deux vies de Baudouin

LES DEUX VIES DE BAUDOUIN, par Fabien Toulmé (Delcourt, 2017, coll. Mirages)

baudouin

Baudouin est juriste à la Défense. Son quotidien, c’est métro – boulot – dodo, enfin surtout beaucoup de boulot. Il n’a pas de vie à côté de son travail, pas d’amie, pas d’enfant, seulement Morrison, son chat qui l’attend patiemment dans son petit appartement. Fan de musique, guitariste dans sa jeunesse, Baudouin aurait aimé vivre de sa passion, mais la pression familiale a été trop forte et il s’est dirigé vers le droit, réduisant sa passion au nom de son chat et aux posters des groupes de rock des années 60 et 70 qui ornent sa chambre et son salon. Un jour son frère Luc, médecin en Afrique, l’appelle et lui propose de quitter son train-train quotidien. Baudouin ne l’a même pas envisagé, alors qu’il déteste sa vie et plus particulièrement son boss qui l’exploite jusqu’à la moelle… Mais la découverte d’une tumeur qui s’avère cancéreuse et lui laisse quelques mois de vie va changer son chemin de vie, et le trentenaire va tâcher de réaliser tout ce qu’il veut accomplir avant de mourir… Après avoir dit ses quatre vérités à son patron et lâché son appartement, le voilà donc en Afrique, où il va se lier avec d’autres humanitaires ainsi que certains locaux…

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Le garçon qui courait plus vite que ses rêves [roman]

LE GARÇON QUI COURAIT PLUS VITE QUE SES RÊVES, par Elizabeth Laird (Flammarion, 2016, coll. Tribal)

garçon courait

Solomon, onze ans, vit en Afrique de l’est, et a comme idoles les champions de course, dont certains ont remporté des épreuves aux Jeux Olympiques. Il vit dans son petit village, entouré de ses parents, sa petite soeur et de son grand-père, un taiseux dont il ne sait pas grand-chose. Alors quand ce dernier lui propose de l’accompagner à la capitale alors que les champions olympiques rentrent justement en vainqueurs, Solomon ne sait quoi penser, mais accepte sans hésitation. Quelle découverte pour lui qui ne s’était jamais rendu à la capitale. Solomon découvre son grand-père sous un autre jour. Arrivés sur place chez un neveu aux desseins peu louables, le vieil homme fait un malaise et Solomon doit alors courir au village prévenir sa famille… Lire la suite

Refuges [roman]

REFUGES, par Annelise Heurtier (Casterman, 2015)

En 2006, Mila, adolescente romaine, passe ses vacances d’été sur l’île familiale de Lampedusa, en Méditerranée. Le temps s’écoule lentement sous la chaleur estivale, et Mila ne veut pas spécialement passer du temps avec ses parents, particulièrement sa mère aux tendances dépressives depuis le décès de son petit frère lors d’un mois de juillet précédent. Elle craint plus que tout la date anniversaire d’ailleurs… alors quand Paola, la nièce de la gardienne de la maison et amie de la famille lui propose de passer du temps avec elle et ses amis, Mila accepte de suivre cette jeune fille qui a tout pour elle. Elle va passer de beaux moments sur cette île paradisiaque, pour tenter de surmonter sa situation… En parallèle de ce récit d’été, des Erythréens tentent de quitter leur pays qui vit sous la dictature pour rejoindre le nord de l’Afrique et ensuite la terre promise, l’Europe, en atteignant dans un fragile zodiac l’île de Lampedusa, aussi surnommée « l’île du Salut » par ses habitants… Mais leur parcours pour vivre en liberté s’avère semé d’embûches…  Lire la suite

Au bout du fleuve

AU BOUT DU FLEUVE, par Jean-Denis Pendanx (Futuropolis, 2017)

au bou du fleuve

Kemi est un jeune garçon qui vit au Bénin. Orphelin de mère depuis plusieurs années, il vivait avec son père et son frère jumeau Yao, mais son père est mort en transportant de l’essence frelatée. Son frère disparaît alors, et après avoir lui aussi tenté de transporter de l’essence illégale, Kemi va tout faire pour retrouver son frère, le seul membre de sa famille qui lui reste. D’autant plus que les croyances sont fortes et que  selon le rite vodun, perdre son jumeau, c’est perdre la moitié de son âme… Alors le voici qui quitte Cotonou pour le Nigéria voisin, et plus particulièrement le dangereux delta du fleuve Niger, occupé par de grandes entreprises pétrolières mais aussi par les trafics en tout genre… Lire la suite

Ma petite sœur d’occasion [roman]

MA PETITE SŒUR D’OCCASION, par Eric Sanvoisin (Nathan, 2016, coll. Nathanpoche)

soeur occasion

Hugo Blanc est fils unique. En dernière année à l’école primaire, il est bien content d’avoir ses parents pour lui tout seul. Alors quand un jour ces derniers lui annoncent qu’ils vont adopter en Ethiopie Fabyby, une petite fille, Hugo se fâche et refuse de les écouter. Et lorsqu’ils se rendent en Ethiopie pour la chercher, Hugo est obligé d’aller loger chez sa grand-mère pendant leur absence. Comment annoncer cela à sa bande de copains qui martyrisent les plus petits sur la cour de récré ? Comment vont-ils réagir s’il leur annonce qu’il va avoir une petite sœur noire ? Lire la suite

Africa dreams, tome 1 : L’ombre du roi

AFRICA DREAMS, tome 1 : L’OMBRE DU ROI, par Maryse Charles, Jean-François Charles (scénario) et Frédéric Bihel (dessin et couleurs) (Casterman, 2010)

1960, dans un musée colonial belge, un groupe d’enfants découvre l’histoire coloniale de leur pays. Un enfant tombe nez à nez avec une statue du roi Léopold II dit le roi bâtisseur. Retour en arrière : fin du XIXème siècle, ce même roi prend possession du Congo, un territoire 80 fois plus grand que le royaume qu’il dirige. Il rencontre Stanley, le célèbre explorateur, et détermine avec lui les frontières de ce pays qu’il veut civiliser, alors que d’autres pays européens s’intéressent eux aussi à ces terres inexplorées… Au Congo, un jeune séminariste, Paul Delisle, arrive sur place, à la recherche de son père, colon devenu prospère planteur, que sa famille a déclaré mort. Il y découvre aussi sa jeune femme et ses nombreux demi-frères et sœurs… Mais son père, farouche opposant à la religion, n’accueille pas si chaleureusement son fils venu d’Europe. Cependant, les deux vont s’apprivoiser, et Augustin va découvrir la réalité du Congo belge, loin de l’image idyllique qu’il en avait…

Encore un album pris un peu au hasard dans les rayons de la bibliothèque, cette fois grâce au nom des scénaristes (Red bridge tomes 1 et 2, Far away). Il s’agit là du début d’une série de 3 tomes, et donc ce volume pose les bases. L’histoire commence en 1960, alors que la décolonisation a largement commencé, mais ne revient jamais ensuite à cette époque-là. Les scénaristes posent les bases de l’histoire, et de nombreuses questions apparaissent, que ce soit sur la grande ou la petite histoire. La colonisation belge n’est pas un sujet qui me parle, je n’y connais pas grand-chose, et donc j’ai ouvert cet album de façon innocente. On sent bien que le roi Léopold n’a pas été très clair sur ses motivations à coloniser des terres d’Afrique, et que la recherche du profit l’a emporté sur les valeurs humanistes. On est bien loin de l’image naïve de Tintin au Congo… Ce premier tome est donc intéressant et bien mené, même si les auteurs utilisent des retours en arrière qui m’ont parfois un peu perturbée dans ma lecture. Par contre les dessins de Frédéric Bihel (déjà lu sur Tout sauf l’amour) sont magnifiques, avec des portraits très jolis (surtout ceux des femmes) et des couleurs tirant vers le pastel, mettant en valeur les personnages lorsqu’il le faut. Le trait n’est pas toujours le même, étant plus flouté à certains moments pour accentuer certains passages du scénario. On a donc là un premier tome globalement agréable qui incite à lire la suite… Cela sera pour bientôt je pense…

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Lecturissime, Le bibliophare, Samba BD, Blog Bd Sud-Ouest

Premières planches à lire sur Izneo.

Plus d’infos sur la colonisation belge par Léopold II sur le site de la LDH de Toulon, le site spécialisé CoBelCo, et l’encyclopédie Larousse.

Sang noir

SANG NOIR, par Frédéric Chabaud (scénario) et Julien Monier (dessin) (Physalis, 2013)

Août 1914, au Sénégal. Yacouba vit dans son village. Paysan (« badolo ») et orphelin depuis longtemps, il vit avec son oncle, sa tante et son cousin. Amoureux de la fille du chef de village, il sait que les convenances et son niveau social ne peuvent permette cette histoire d’amour. Lorsque des soldats français arrivent dans le village pour demander des hommes, Yacouba s’engage avec d’autres jeunes de son village. Ils prennent le bateau à Dakar, direction Marseille. C’est la première fois qu’il quitte son pays. En caserne, les sénégalais vont apprendre à manier les armes et découvrir le froid de l’hiver. Envoyés au front en septembre 1915, ils vont combattre les allemands et aussi découvrir le racisme ambiant, surtout de la part de certains officiers français. Malgré toutes ces déconvenues et la mort de nombre de ses camarades, Yacouba garde toujours espoir de revoir son pays et sa belle…

Voici de nouveau un album sur la première guerre mondiale, sujet de saison. Là encore, l’angle est original car on suit le parcours d’un tirailleur sénégalais, depuis son village africain jusqu’aux tranchées boueuses du nord-est de la France. L’histoire est très bien racontée, sans à tout prix vouloir être pédagogique. Le racisme ambiant contre les noirs d’Afrique et autres colonisés est bien montré, c’est juste impensable de voir le peu de considération que certains militaires français avaient pour les tirailleurs qui étaient envoyés au front comme de la chair à canon. Heureusement que tous n’étaient pas comme cela. La différence de religion est aussi montrée, et je trouve que c’est un aspect bien intéressant, souvent méconnu. Les références historiques et culturelles sont aussi présentes dans cet album, avec en préface une citation de Léopold Sedar Senghor, puis le début de la l’album qui expose les derniers moments de Jean Jaurès avant son assassinat. Enfin, dans l’album, Yacouba blessé rencontre l’écrivain Blaise Cendrars. Ces éléments raccrochent l’histoire fictive de Yacouba à l’histoire réelle, c’est une façon originale de traiter de la première guerre. J’ai donc beaucoup aimé le scénario, qui ajoute des éléments d’Afrique, avec une légende africaine ou encore des mots en wolof en guise de titres de chapitres. Le dessin n’est pas en reste dans cet album : même s’il n’est pas lumineux, il colle à l’ambiance. Le trait de Julien Monier est assez épais, mais toujours régulier. Intéressant, il est expressif juste comme il faut, et on ne peut pas confondre les personnages. A noter que les couleurs de la couverture sont en réalité plus claires qu’il n’y paraît. Les horreurs des tranchées sont bien représentées, sans cacher les scènes les plus dures. Le dessin restitue bien l’aspect émouvant de la vie de Yacouba, et on se sent proche de ce personnage. La fin, sans la dévoiler, n’est pas décevante mais au contraire ouverte, et j’ai trouvé cela astucieux pour clôturer les 94 pages. Cet album est vraiment bien fait sous tous les plans, imprimé en plus sur du papier de qualité, ce qui en fait un bel objet. A noter enfin qu’il comporte à la fin un dossier explicatif de 2 doubles pages, illustré de documents d’époque avec des informations complémentaires. Un album à essayer, vraiment.

A partir de 10 ans selon l@BD.

On n’en parle quasiment pas sur les blogs : je n’ai pas trouvé d’avis sur des blogs, seulement sur Babelio.

Aller voir le blog de Julien Monier.