Vies volées

VIES VOLÉES :  BUENOS AIRES, PLACE DE MAI, par Matz (scénario) et Mayalen Goust (dessin) (Rue de Sèvres, 2018)

vies volées.jpg1998, des grands-mères manifestent sur une place de Buenos Aires pour réclamer leurs petits-enfants, volés lors de la dictature militaire qui a écrasé l’Argentine entre 1976 et 1983 et qui a, entre autres, volé des enfants pour les confier à des familles partisanes du régime. Mario, le brun, et Santiago, le blond, sont deux amis d’une petite vingtaine d’années. Mario a des doutes quant à sa filiation, et ne comprend pas pourquoi ses parents n’ont pas de photo de sa mère enceinte, ni pourquoi ils ne veulent jamais répondre à ses questions sur ses origines. Mario profite donc d’une manifestation des grands-mères pour se renseigner, et va se rendre à l’hôpital avec son meilleur ami pour des tests ADN. C’est  là que Santiago a le coup de foudre pour la belle infirmière qui les accueille, Victoria, elle aussi volée à ses parents biologiques… Lire la suite

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L’adoption, tome 2 : La garùa

L’ADOPTION, tome 2 : LA GARÙA, par Zidrou (scénario) et Arno Monin (dessin et couleurs) (Bamboo, 2017, coll. Grand angle)

Suite et fin du tome 1. Un an et demi après que son fils et sa belle-fille aient été arrêtés par la police pour enlèvement d’enfant, Gabriel, le grand-père de Qinaya, se rend au Pérou pour retrouver sa petite fille de cœur retournée dans son pays natal après l’arrestation. Le vieil homme a engagé un détective privé qui a retrouvé sa trace, mais la rencontre avec la fillette ne se passe pas comme il l’espérait : elle a oublié la langue française et le reconnaît à peine. L’homme quelque peu désabusé tente de rentrer le plus rapidement possible en Belgique, auprès de son épouse qui a perdu la tête et de sa fille. Mais son retour est retardé, et il rencontre un autre belge, Marc, à la recherche de la dépouille de sa fille unique décédée lors du séisme 18 mois plus tôt… Les deux hommes vont partir à la découverte du pays…

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Au nom du fils

AU NOM DU FILS, par Serge Perrotin (scénario) et Clément Belin (dessin) (Futuropolis, 2016)

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Michel est ouvrier métallurgiste sur les chantiers de Saint Nazaire. Avec Marie son épouse, il a un fils unique, Etienne. A 23 ans, reçu à son diplôme d’ingénieur, ce dernier décide de partir passer une année sabbatique en Amérique du Sud. Lui qui n’avait jamais pris l’avion est fasciné par le voyage, depuis qu’enfant il lisait et relisait les aventures de Tintin, et tout particulièrement celui sur le temple du soleil. Ses parents, spécialement son père, ne sont pas très chauds à cette idée de voyage, alors que leur fils aurait un poste tout trouvé aux chantiers. Mais ils le laissent tout de même partir. Etienne se rend en Amérique du sud, voyage beaucoup et donne peu de nouvelles à ses parents restés en France. C’est alors qu’un jour aux informations, on apprend qu’un groupe d’étrangers a été enlevé en Colombie par un groupe encore indéterminé, Farc ou ELN. Etienne fait partie de ces otages, et le ministère des affaires étrangères appelle les parents du jeune homme. Sur un coup de tête, Michel, qui n’a jamais quitté la France, décide de se rendre sur place pour retrouver Etienne. Il découvre alors la vie colombienne, et de fil en aiguille trace le portrait d’un fils qu’il ne connaît pas, en rencontrant des jeunes gens, voyageurs-baroudeurs pour la plupart, qui ont côtoyé son fils. Il rencontre même la petite amie de son fils. Mais il va lui falloir patience, détermination, et chance, pour retrouver son Etienne, alors que tout le monde lui conseille de rentrer au pays et d’attendre… Lire la suite

Vertiges de Quito

VERTIGES DE QUITO : Les aventures extraordinaires de l’auteur, sa famille et son chat en Amérique du Sud, par Didier Tronchet (Futuropolis, 2014)

Didier Tronchet part avec sa femme et son fils en Equateur, pays d’Amérique du Sud. Au départ prévu pour durer un an, le périple durera finalement trois années, pendant lesquelles il va découvrir ce pays méconnu, avec un mode de vie et des traditions différentes de celles auxquelles il est habitué. Il nous raconte cela à travers différents chapitres thématiques, en sortant parfois de la vie dans la capitale en se rendant au bord de l’océan pacifique ou en faisant un détour par la Bolivie.

Voici un album lu au début de l’été, parce que le sujet du voyage me plaisait bien, que c’était une sorte de préambule aux vacances… Je n’ai pas été déçue par cette lecture, juste un peu désarçonnée au départ par le trait un peu particulier de Didier Tronchet que je ne connaissais pas. Les couleurs sont jolies, pas forcément toujours hyper-réalistes mais elles ne dérangent pas non plus la lecture. Les chapitres sont de longueur inégale, et organisés de façon thématique, parfois sans trop de lien mais cela ne ralentit pas la lecture. En tout cas, c’est très instructif sans être rébarbatif car on apprend plein de choses sur la géographie du pays, la religion telle qu’elle est pratiquée là-bas, ou encore la philosophie des habitants menacés par l’environnement à risque de la capitale à flanc de montagne. Ce n’est pas non plus une vision colonialiste ou pro-européenne, l’auteur décrivant simplement ce qu’il observe du pays et de ses habitants, sans se permettre de porter un jugement. Un bien joli récit dépaysant, qui donne envie de voyager en famille !

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Vu des yeux doliBD, Ligne claire, Mon biblioblog

Premières planches à voir sur Izneo.

C’est le retour de la bd de la semaine, cette semaine chez un amour de BD.

Le vent des cimes

LE VENT DES CIMES, par Christian Perrissin (scénario) et Eric Buche (dessin) (Glénat, 2013)

Dans les années 1930, Rachel et Jack vont bientôt se marier. Lui est pilote pour l’Aéropostale sur la ligne Santiago du Chili – Buenos Aires, elle est la reine du looping. Le mariage est prévu pour la mi-avril, et la veille du jour le plus important de leur vie, Jack effectue une traversée vers l’Argentine, mais se crashe dans les Andes, dans la neige. Loin de tout et porté par l’amour de sa femme, il va tenter de survivre dans ce milieu hostile. De son côté, persuadée que les rêves qu’elle fait avec Jack sont prémonitoires, Rachel va devoir faire preuve de courage et d’obstination pour que les recherches soient lancées et poursuivies pour retrouver l’amour de sa vie. Alors que tout le monde le croit perdu, Rachel va elle-même participer aux recherches dans les montagnes…

Cet album mêle aventure et histoire d’amour, je l’ai choisi après la lecture d’un avis enthousiaste sur un blog de lecteur. Pour autant, je suis moins enthousiaste, car j’ai trouvé l’histoire intéressante mais sans plus. J’ai beaucoup aimé les paysages de montagnes, mais j’ai trouvé l’histoire d’amour trop surjouée. Je m’y attendais trop. La seule fois où j’ai vraiment été surprise dans l’histoire d’amour entre les deux, c’est à la fin, où je ne présageais pas un tel dénouement. Comme vous l’avez compris, j’ai préféré le côté aventure, où on apprend quelques petites choses sur l’Aéropostale, sur le monde très particulier de ces aventuriers de l’extrême qui ont mis en place les premiers vols commerciaux. Je n’ai pas aimé non plus les cases où les personnages parlent tout seuls, comme par exemple lorsque le héros est pris dans une tempête, sur terre ou dans les airs. J’ai trouvé que ça sonnait bien faux, le fait de se parler à soi-même pour se motiver et se persuader de tenir malgré les conditions climatiques difficiles. Le dessin est quant à lui assez agréable : le trait est simple, léger, élégant et globalement réaliste, les points de vue changent pour donner du dynamisme à l’histoire et les couleurs utilisées permettent de repérer facilement les flash-back. Le dessinateur représente bien chaque personnage, on n’a pas de problème pour les différencier, et il aime aussi dessiner l’héroïne sous différents angles : on sent qu’il prend un plaisir certain à dessiner ses courbes généreuses dans certaines scènes. Bref, un album assez moyen pour moi qui n’ai pas été totalement conquise par cette histoire qui a tout de même quelques points intéressants, mais pas assez pour en faire un incontournable du genre.

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Des livres des livres, Les sentiers de l’imaginaire, Le meilleur de la BD, Livresse des mots

Premières planches à lire sur Digibidi.